Fiche Météo

Adresse de collecte des bulletins météo
Diversité climatique
Pourquoi passer par la côte?
Quand passer : novembre ou mai?
Une équation vent/mer pas facile à résoudre
Prévisions météo
Stratégie météo entre ABC et Carthagène
Conditions dans la partie Est du golfe Darien
Route vers Sapzurro
Remontée vers les San Blas


Adresse utile pour la collecte des bulletins météo

Pour vous faciliter la tâche dans la récolte de bulletins météo, nous avons créé sur notre site internet www.etoiledelune.net une page qui regroupe toutes les prévisions météorologiques pour l'Atlantique Nord. D'un seul clic vous disposerez de toutes les cartes de vents, de vagues à 24, 48 et 72 heures ainsi que les vues satellites de la zone Caraïbe et Atlantique. Vous consulterez aussi, les bulletins élaborés par winguru, la Noaa, Mété France, Ti bleu, SXM...

Pour un accès directe : http://perso.orange.fr/etoiledelune/divers/meteo_locale.htm

Diversité climatique à l'échelle de la Colombie

La Colombie est soumise à l'influence d'une multitude de microclimats. Bienque traversée par la ligne équatoriale, des climats froids ou tempérés sévissent à l'intérieur du pays. Trois grandes cordillères divisent sa topographie en grandes vallées fertiles. Sur les crêtes des chaînes de montagnes andines des villes comme Bogota ne voient jamais le thermomètre monter au-dessus de 25 degrés. Certaines montagnes sont couvertes de neiges éternelles. Les zones des llanos et de la forêt amazonienne connaissent quand à elles, des niveaux de pluviosité qui battent tous les records.

Qu'en est-il de la côte caribéenne de la Colombie ?

A noter que toute la côte colombienne est "hors zone cyclonique". Cependant, lors de cyclones qui sévissent plus au Nord dans la mer des Caraïbes, la houle se propage jusque sur ses côtes. Si de violents phénomènes estivaux ne sont pas à craindre, la Colombie est quand même traversée par des phénomènes d'ondes tropicales qui entre juin et novembre influencent les conditions climatiques. Entre décembre et avril, la côte colombienne est soumise à des régimes d'alizés forts.

La côte peut se diviser en trois grandes zones météorologiques. La première va de Cabo de Vela à Carthagène. La seconde part du Sud de l'archipel du Rosaire jusqu'à Sapzurro. Les îles de San Andres et de Providencia au large du Nicaragua sont, elles aussi, soumises à des conditions particulières.

Pourquoi passer par la côte ?

Jimmy Cornell pour des raisons de sécurité et de conditions de mer préconise un passage très au large de la Colombie. Depuis 2004, la route par la côte de Colombie s'ouvre peu à peu. La sécurité des marins est meilleure chaque année. (voir rubrique sécurité dans le dossier Colombie)

Passer par la côte permet de découvrir la Colombie sous son plus joli profil, cela vous fournira aussi des aires de repos, et souvent vous éviterez les conditions sportives du large. Cette dernière remarque ne se vérifie que dans certaines conditions météorologiques précises. Veillez donc à ce qu'elles soient réunies lors de votre passage. Nombre d'équipages sont là pour témoigner que les conditions météorologiques sont meilleures près de la côte qu'au large. Cela dit, ces équipages sont, en général, passés dans la bande des deux milles, notamment au niveau de l'embouchure de fleuve Magdalena. Nous sommes passés à 8 milles, nous étions déjà "trop au large". C'est dire si la bande de "beau temps" est mince ! Plus que mince, anorexique!

La région comprise entre Cabo de Vela et Carthagène est surnommée le "Cap Horn" des Caraïbes. Le Cabo de Vela peut être comparé sans complexe au cap Creuz qui traumatise les marins qui aiment à naviguer en Méditerranée. Le parcours entre Cabo de Vela et la pointe de Baranquilla peut sans conteste être craint comme l'est un passage dans le Gascogne. L'endroit est répertorié parmi les 10 passages les plus difficiles au monde pour un navire de plaisance. Vous serez prévenus !

Parmi tous les témoignages que nous avons reçus, voici celui de navigateurs avertis, qui comptabilisent plus de 15 000 milles par an. Ce sont des purs voileux, quand ils sont partis, ils nous ont dit l'air narcois : "tout le monde fait une montagne de cette nave... Ils sont tous encroûtés ou mal préparés!"
Voici leur témoignage envoyé après leur navigation au large de Baranquilla :
"Nous comprenons mieux pourquoi tout le monde craint cette navigation : il y a beaucoup de courants contraires et la mer semble démontée pour les 15-20 noeuds affichés, nous avons fait des surfs à 14-15 noeuds..."

Quand passer : novembre ou mai?

Pour éviter de tomber dans une mer abrupte et cassante, il faut, quel que soit votre plan de croisière (par le large ou par la côte), respecter les saisons et disposer d'une météo fiable. Cornell suggère un passage en novembre ou alors en mai.

Dans le sens est-ouest, le mois de mai, n'est peut-être pas très judicieux. En effet, les meilleurs moments pour passer Panama et aller aux Galapagos semblent être situés aux mois de mars et avril.
Pour ceux qui partent vers l'ouest, afin d'aller passer quelques mois dans les San Blas, là encore vous arriverez au mauvais moment dans la région du golfe Darien.

En effet, toute la zone du golfe Darien, où se situent les archipels colombiens (Rosario, San Bernardo, Fuerte) mais aussi les San Blas, est soumise aux orages pendant tout l'été, et ce jusqu'à fin novembre. Les orages sont gênants par le risque de foudre qu'ils représentent. Mais également par les vents de toutes directions qu'ils occasionnent et qui sont souvent forts (40 à 50 noeuds). Même si vous échappiez aux orages, il faut savoir que toute la côte panaméenne côté mer des Caraîbes est extrêmement pluvieuse. Panama côté mer des Caraïbes atteint des records mondiaux de pluviosité. Il y pleut de fin avril à décembre, les précipitations moyennes atteignent 2970 mm par an. Donc passer l'été aux San Blas, n'est peut-être pas le meilleur choix. La meilleure saison étant de janvier à fin avril.

Pour partir vers l'ouest, la meilleure période pour passer la côte nord de la Colombie est donc le mois de novembre. Surveillez la saison orageuse et partez des îles ABC à la fin de celle-ci. Le mois de novembre vous permettra de vous balader entre Cabo de Vela et Carthagène sans trop de problèmes. Vous arriverez tranquillement sur Carthagène, les fêtes de Noel y sont splendides. Attention toutefois car en décembre les alizés sont déjà bien réveillés. Il faut de toute manière surveiller les prévisions météo. (voir conseils plus loin)

Par contre, pour ceux qui désirent partir vers l'Est en provenance de Panama, vous trouverez à partir du mois de mai des fenêtres de plus en plus fréquentes qui vous permettront de remonter contre vents et courants dans l'Est.

Une équation vent/mer pas facile à résoudre

Le problème essentiel de cette région, réside dans le fait que la mer est très mauvaise. Pour vingt noeuds de vent, une mer équivalente à des conditions de 35 noeuds et plus se lèvera. Gardez cette proportion en tête. Cette région conjugue plusieurs facteurs responsables de ces mauvaises conditions:

-1- Un différentiel de niveau sous-marin. De Curaçao, en passant par la péninsule de Guajira, par Santa Marta, par Baranquilla et tout le long de la côte jusqu'à Carthagène, le problème est le même. En moins de 20 milles les fonds remontent de plus de 2000 mètres de profondeur à moins de 100 mètres. La mer bute sur cette marche et la rend cassante et abrupte. Les vagues se forment rapidement, leur fréquence est extrêmement courte (souvent 4 secondes pour 15 pieds de vagues et plus). Un exemple de la topographie sous-marine : au large de Baranquilla, dans une bande inférieure à 25 milles les fonds passent de 1106 mètres à dix mètres voire moins. Vérifiez les cartes.
-2- Le courant subtropical s'il est portant, accélère l'effet de mer. Il bute contre la côte et lève des crêtes de vagues.
-3- Les effets de caps et de péninsules, bien connus des marins, ne sont pas à négliger. Le premier est Cabo de Vela, mais peu de marins oublient la pointe de Baranquilla!
-4- Les effets de fond de golfe, également un classique météorologique en mer, sont à redouter. Plus vous avancez vers l'ouest, plus vous vous retrouvez dans le fond de la cuvette caribéenne. Rappelez-vous des Golfes de renom comme celui de Gascogne, du Lion... et partout dans le monde où les fonds de golfe lèvent une mer courte.
-6- Effet de fleuve. À Baranquilla, vous trouverez tous les effets précédents conjugués. S'y ajoutera en plus, l'effet de courant généré par le fleuve Magdaléna. Il déverse une eau opaque chargée, en saison des pluies, de déchets genre troncs d'arbre. Le courant généré par le fleuve se propage en entonnoir depuis la côte vers le large. Ce courant qui porte du sud vers le nord-ouest et le nord-est contrarie le courant subtropical dominant qui porte vers le sud-ouest. En cas de mer formée les effets de remontée de fonds et les effets de courant vous donneront une mer particulièrement désordonnée où les vagues montent comme des murs.
-7- Concernant le vent : celui-ci est caractériel à cause de la configuration des montagnes de la Sierra Nevada de Santa Marta. Les montagnes grimpent à pic à plus de 5000 mètres. Le plus haut pic de Colombie est quasiment au bord de la côte. Son altitude titre 5 778 mètres, c'est le Pico de Colon. Ainsi vous naviguez à l'endroit exact ou les conditions de mer tropicale se conjuguent à un climat montagnard sec et froid. La rencontre de ces chauds/froids n'est jamais bonne en météo, elle engendre des accélérations de flux d'air imprévisibles.

Vous l'avez compris, tout ici est réuni pour ne pas vous faciliter la vie. Mais, ne vous découragez pas, c'est faisable. Il suffit de passer au bon moment, ici, plus qu'ailleurs.

Prévisions météo

Sachez que dans la région, les prévisions météorologiques sont peu fiables. Quand les alizés sont établis, vous pouvez sans complexe ajouter 10 à 15 noeuds de vent aux prévisions. En saison d'orages, ceux-ci sont si soudains qu'on a bien du mal à prédire où ils tomberont avec précision.
Dans la période de transition entre les orages et les alizés, vous trouverez des conditions acceptables, voire conformes aux prévisions. Mais ajoutez toujours une dizaine de noeuds supplémentaires aux prévisions, et vous saurez exactement à quoi vous en tenir.

Stratégie météo entre ABC et Carthagène ( et chemin inverse)

Pour éviter tout problème et palier au mieux aux inconvénients topographiques de la région. La première règle est d'avoir du temps. Le temps d'attendre la bonne fenêtre. Lapalissade pour tout navigateur, mais souvent nous l'oublions et nous nous posons de contraintes qui nous font partir au mauvais moment.

Une bonne fenêtre pour la région est de partir avec maximum 10 noeuds de vent annoncé. Ciblez également les hauteurs de vagues. Si pendant 72 heures la mer est annoncée de 2 à 5 pieds maximum, c'est le meilleur plan stratégiquement parlant pour partir. Surveillez également la fréquence des vagues. Des indices compris ente 4 et 7 annoncent une mer courte, au-delà de 7 la houle sera plus longue. Exemple, une mer de 9 pieds d'une fréquence de 4 secondes est excessivement désagréable voire dangereuse dans les parages. Les fenêtres qui vous proposeront de 2à 5 pieds de vague et 10 à 15 neouds de vent existent, il suffit d'être très patient, de les attendre et d'être prêt dès qu'elles s'ouvrent.

REMARQUE : BARANQUILLA
En période de pluies, le fleuve Magdaléna qui se jette dans la mer des Caraïbes à l'Est de Baranquilla, charrie parfois de gros troncs. Il est important de passer l'embouchure du fleuve par temps clair et de jour. Attention, par mer forte, l'eau qui est brunâtre, les vagues qui déferlent vous empêcheront d'éviter ces objets flottants non identifiables.

Conditions dans la partie Est du golfe Darien

La météorologie de la région comprise entre San Bernardo et Fuerte ne réagit pas tout à fait comme le reste de la zone. En effet, nous sommes dans le fond du golfe Darien qui sépare la Colombie de Panama. Si au nord du golfe et jusqu’à l’archipel du Rosaire les alizés forts dominent pendant toute la saison entre décembre et avril, au sud du 10° Nord, vous trouverez fréquemment des vents plus variables. Ils s'orientent même parfois à l'ouest. Les vents dominants viennent globalement du Nord. Il arrive aussi qu'ils tournent au SW et ce en toute saison.

La belle période pour tout le golfe Darien s'étale de janvier à fin avril. Mais, même en cette période vous trouverez plus souvent un ciel laiteux qu'un grand beau ciel bleu.

Les vents sont souvent faibles à modérés en dessous du 9° 50 N et le long de la côte colombienne côté Est, c'est à dire dans une zone comprise entre le 75°30 et le 76°30. Là, vous trouverez les archipels de San Bernardo et de Fuerte. En navigation vous trouverez souvent une mer belle, toute cette zone étant protégée par la côte de Colombie. Seuls moments désagréables, lorsque les vents décident de souffler du SW, cela arrive en toute période avec des forces variables selon qu'ils soient engendrés par un orage ou de simples conditions thermiques, mais de toute manière vous serez rarement protégez au mouillage.

Au mouillage, lorsque les alizés ne prédominent pas, vous rencontrerez ces conditions thermiques. Le vent du sud « el viento » souffle pendant les heures chaudes de la journée, la légère brise du nord « la brisa » tamise les nuits.

Le mois de mai est considéré dans l'Est du golfe, comme une zone météorologique tampon, avec possibilité d'orages, des vents qui faiblissent, des pluies qui surgissent peu à peu. Le soleil est toujours caché derrière une épaisse couche de nuages laiteux. Dès le mois de mai, et jusqu'en novembre, il faut faire attention à ce que les Colombiens nomment des "culs de poulets". Ce sont des orages violents accompagnés de vents de 40 ou 50 noeuds venant du Sud-Ouest. Ils sont aussi imprévisibles que rapides. Ces rafales ne durent pas plus d'un quart d'heure, mais c'est un sale quart d'heure à passer!

Dès le mois de juin, il pleut tous les jours. Il pleut surtout la nuit et le matin tôt. Les journées restent plutôt sèches. Il fait très chaud en cette période où les vents n'exercent pas leur fonction de ventilateur naturel.

Route vers Sapzurro

Pour aller à Sapzurro, vous pouvez soit partir directement de San Bernardo, soit de Fuerte. Navigation de nuit pour 110 à 90 milles selon que vous partiez de l'un ou l'autre archipel. (voir les rubriques spécialement dédiées aux escales pour conditions de mouillages et point GPS des passes)

Sur ce parcours, vous pouvez selon les conditions rencontrées des vents de NW ou de NE, parfois également du SW. Le vent dominant étant plutôt de NNW. Sauf à croiser un orage violent sur cette route, vous aurez soit des vents faibles, soit des vents modérés. Ils dépasseront rarement 20 à 25 noeuds. Cette route se fait très facilement dans un sens et dans l'autre. Les cartes météo de la Noaa, ou les bouées météorologiques (système d'abonnement payant) sont fiables pour cette région.

Seul désagrément, les alizés qui soufflent fort au large de Carthagène propagent sur toute la moitié ouest du golfe Darien une houle erratique et disproportionnée par rapport aux vents dominants. Vous surveillerez donc les prévisions, lorsque vous repérez sur les cartes 3 à 5 pieds de vagues, c'est un bon moment pour partir.

A Sapzurro
Le mois de mai est craint. Il est le théâtre des plus violents orages que connaît cette paisible bourgade. En ce mois, les conditions sont également réunies pour engendrer des tornades. C'est le mois où il pleut le plus.

En période d'alizé, décembre à avril, une houle courte est présente en permanence et même les jours où le vent est calme.

Remontée vers les San Blas depuis Sapzurro

Vous trouverez des vents de NW pour remonter sur les San Blas. Il y a de longues périodes de parfois plus de 10 jours où le vent ne descend pas sous 20 à 25 noeuds. Ces conditions rendent la remontée vers les San Blas particulièrement difficiles. En effet, vous aurez non seulement le vent de face, où vous ne trouverez pas le moindre petit angle, mais en prime il vous faudra trouver votre route dans les passes bordées de récifs. La houle du large se brise sur les remontées de fond et même à 25 noeuds de vent vous aurez parfois l'impression qu'elle déferle. La plus grande prudence est recommandée sur ce parcours.

Sources et bibliographie : Cornell et surtout observations personnelles et relevés météorologiques lors de nos croisières dans le bassin Colombien.


Toutes les informations ont été mises à jour en Mars 2008
Texte : Nathalie Cathala - Photos : Dominique et Nathalie Cathala. Tous droits réservés.
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