A Guairaca le voyage prend une autre dimension

Arrivée

En quittant Cabo de Vela, nous effectuons une navigation de 120 milles vers l'ouest. Après une nuit paisible en mer, nous attendons le soleil. Son réveil semble plus pénible que les autres jours. Tapi derrière les polochons de nuages que retiennent les plus hautes montagnes de la mer des Caraïbes, le soleil engourdi ne nous envoie ce matin que de faibles nuances diaphanes. Puis, d'un bond, il sort de la montagne. Disque rouge, incandescent. Tel un mirage, il dessine sur l'horizon la silhouette vaporeuse des montagnes de la Sierra Nevada de Santa Marta. Nous découvrons un mur de plus de 5000 mètres d'altitude. La cime de certains monts disparaît dans les nuages. Les neiges timides mais perceptibles du mont Cristobal de Colon (5778m) percent dans la brume. Quel spectacle que la rencontre de ces mondes opposés ! Quel mariage étrange, presque surréaliste, de la très haute montagne et de la mer tropicale ! Nous disposons de peu de temps pour appréhender l'ampleur du paysage, très vite les brumes absorbent la montagne. Nous restons là, au ras de l'eau, l'âme rêveuse devant ce paysage majestueux.

Bahia Cinto

Nous approchons rapidement la première des cinq baies, nommée Bahia Cinto. Nous pénétrons dans un couloir serti de hautes falaises tapissées de végétation inextricable. Nous retenons notre souffle, comme si nous pénétrions dans l'une des plus belles cathédrales de cette planète. L'éblouissement est au rendez-vous. C'est tout bonnement grandiose. Nous nous dirigeons vers la partie sud-est de la baie, un recoin de falaise brise la houle venue du large. Tout à coup, le bateau cesse de danser, le plan d'eau limpide retrouve une stabilité raisonnable. Nous découvrons quelques superbes masures nichées dans la végétation. Bâties uniquement en matériaux naturels, elles sont faites de palmes, de bois et de bambous. Elles sont si belles que l'idée de s'arrêter ici pour toujours nous titille. Aucune route ne mène ici. La vie en pleine nature...

Mais le désir fugace de s'arrêter est rapidement brisé par l'approche des pêcheurs. Ils ne veulent pas que nous jetions l'ancre dans cette baie-paradis. Quelle déception !!! Nous leur demandons quelle en est la raison. Ils nous disent qu'ils vont poser un filet juste à l'endroit où nous sommes et ils nous désignent l'autre bout de la baie. Celui-ci n'est pas abrité, nous nous retrouverions à l'ancre dans des conditions de pleine mer. Dom me jette un regard vif, qui me dit : "n'insiste pas". J'obtempère. Nous ne sommes pas chez nous, et nous pensons qu'il ne faut jamais, et nulle part, se mettre la population à dos !

Plus tard nous connaîtrons les vraies raisons qui nous ont chassés. Bien que nous soyons dans un parc national, la place est privée. Une riche famille de Bogota a jeté son dévolu sur cette baie-paradis. Comment une enclave privée a pu être arrachée à une réserve nationale? Mieux vaut ne pas connaître tous les détails, nous comprenons cette famille, qui a vraiment bon goût !

Bahia Nenguange

Nous poursuivons notre route. La seconde baie, nommée Nenguange est impraticable par houle du nord. Nous nous y rendrons, plus tard, par des chemins de randonnée. Nous changerons alors de perspective, pour découvrir un paysage étourdissant de beauté. Sur les chemins escarpés de la Sierra Nevada, nous serons les témoins privilégiés de l'union entre une mer houleuse qui balaye des plages abandonnées et des flancs de montagne enfouis sous des guirlandes de fleurs. Les ipomées pourpres jonchent le sol, ils sont les initiateurs d'une procession polychrome : fleurs éparses de frangipaniers, rose discret de l'arbre à soie, collerettes rouges de lantanas, jaune des fleurs de galphimias, blanc fragile de gardénia du cap, fuchsia du timide médicinier, trompettes d’or des alamandas sauvages... Nous nous baladons dans un jardin au bord de l'eau. Les proportions n'ont plus aucun sens. Seule la très haute montagne de la Sierra Nevada freine l'exubérance de la végétation. Les gardiens de ce paradis gigantesque sont des balbuzards pêcheurs. Ces rapaces agiles planent, tout au long des 6 heures de marche, au-dessus de nous dans un ciel du plus pur azur.

Bahia Guairaca

Pour l'heure, nous cherchons un refuge pour notre Etoile. Seule la troisième baie nous accueille, pas de houle, nous n'en sommes pas chassés :voici des critères déterminants! Pour être franche, Bahia Guairaca, est moins jolie que la première. Pourtant, l'accueil des villageois, dont Reinaldo est le patriarche, est si chaleureux, que Guairaca, restera dans nos souvenirs pour longtemps!

Dès le premier jour, Reinaldo nous ouvre les portes de "su casa", une maison spartiate faite de planches ajourées. Le mobilier se résume à des tréteaux sur lesquels des valises sont entreposées. En fait, le plus grand trésor de Reinaldo se trouve dans une malle qui contient toute sa science. Reinaldo aime les livres. Il lit Platon, Marx, des encyclopédies sur l'Égypte, sur les oiseaux ou sur l'Histoire mondiale. L'un de ses plus grands "luxes" réside dans une batterie de voiture qui alimente sa télévision. Il la regarde une heure par jour et l'autonomie de la batterie est de 20 jours. Lorsqu'elle est déchargée, il descend vers l'une des stations-service de la ville de Santa Marta. Autre confort, il possède un "frigorífico" au fond de son jardin. Il est fait de plaques de polystyrène accolées. Une fois par semaine, un ami vient de Santa Marta avec des blocs de glace. Il recouvre le tout de papier journal et referme la boîte de polystyrène. Le tout est entreposé à l'ombre d'un arbre...

Un tel "frigo" est fiable, il ne tombe jamais en panne !

Reinaldo nous montre aussi sa collection de cartes de visite. Toute personne qui passe par le village lui en laisse. Il a amassé 20 ans de cartes. Parmi les dernières nous reconnaissons celles d'amis communs. Un lien se tisse entre nous.

Tout au long de notre séjour, Reinaldo nous emmène partout dans "su pueblo". Son chien, Rinvelino le suit fidèlement, le tour est vite fait, une dizaine de maisons en bordure de mer. Mais pour chacune d'elles Reinaldo a son petit commentaire.
Vingt personnes réparties en sept familles vivent dans cette baie. Ils sont reliés à la ville de Santa Marta par un chemin de terre qui serpente dans la montagne. Les distances ne sont pas longues, mais l'état de la route confère à Guairaca une impression de bout du monde. Il nous présente à tout le monde comme si nous étions déjà de vieux amis.

Reinaldo nous montre des barques taillées d'un seul tenant dans des troncs d'arbres récupérés dans la montagne. Il nous présente aux pêcheurs qui sont en train de réparer leur filet. Plus loin un homme seul, qui porte toujours le sourire aux lèvres est installé en tailleur. Il confectionne un filet de plus d'une centaine de mètres, il lui faudra 8 mois pour le terminer.

Le fils de Reinaldo est venu à Guairaca pour les vacances. Jonathan passe toutes ces journées à aider les pêcheurs. Affable, comme tous les gens du village il vient nous rejoindre. Celui-ci nous demande d'ailleurs d'emporter à bord de L'Etoile de Lune son téléphone cellulaire pour le recharger. Car la batterie unique de son père ne peut lui servir.

Les enfants partent à l'école le lundi et en reviennent le vendredi. Nous rencontrons Hélène et Camilla d'adorables jeunes filles de 9 ans. Maria, la maman d'Hélène nous offre le café colombien, cela devient une tradition. Très vite par les regards et les sourires, une vraie affection naît entre les petites filles et nous. Elles sont resplendissantes de gentillesse et de bonheur de vivre. Tout au long de notre séjour, elles sont ravies de faire les stars devant mon appareil photo et moi tout autant de prendre le rôle de photographe attitrée. Et, quelle moisson de sourires, je récolte lorsque je leur apporte les photos imprimées !

À vrai dire, ces gens sont inimitables. Ils n'ont pas grand-chose, mais tous ont le regard illuminé par une gentillesse et une humanité rare. Nous parlons mal espagnol, vous le savez. Pourtant chacun des villageois prend garde à parler lentement et à répéter si nécessaire. A leur contact notre espagnol anorexique se remplume. Nous nous sentons plus qu'accueillis, adoptés !

Un matin, nous avons rendez-vous au Pueblo avec le "beau Reinaldo". La veille, il nous avait expliqué qu'il était féru d'archéologie et qu'au fond de son jardin débutait une forêt qui abritait l'un des plus vastes sites précolombiens de la région. Bien que dubitatifs, nous nous laissons tenter par cette balade. Pour l'occasion, nous avons droit au grand jeu. Car, voici "notre" Reinaldo métamorphosé en Indiana Jones : jeans, tee-shirt, baluchon andin. Pour protéger sa machette, il arbore à la taille un ceinturon garni d'un étui de cuir coloré du plus bel effet !

Reinaldo nous entraîne au fond de son jardin comme promis. Un mur de végétation nous barre la route. Peu importe, à grands coups de machettes notre guide dessine une arcade dans laquelle nous nous faufilons. La pénombre de la forêt nous cerne. Nous croisons le vol de papillons grands comme des petits passereaux. Ils sont couleur bleue phosphorescente et tels des elfes ils tissent par leurs apparitions éphémères un fil d'Ariane dans le dédale de la végétation. Reinaldo nous explique les différences entre les nombreuses essences d'arbres. Ici, un arbre d'ébène, là un "arbre à singe", puis l'arbre à épines... Ailleurs, il nous explique l'utilité médicinale de l'écorce d'"almacigo". Il suffirait de découper un bout d'écorce, de le faire décanter dans l'eau avec du sucre et de boire la potion pour qu'un mal de dos tenace disparaisse en moins de 8 jours... J'oubliais les herbes ! Il rajoute des herbes... Lesquelles ? Je pense que tout le secret réside en ce point qui en Colombie pourrait devenir rapidement litigieux.

Puis, au coeur de la forêt, quelle n'est pas notre surprise de découvrir une poterie ! Puis, un fragment de céramique, plus loin un reste de pilon... D'urnes funéraires en restes d'ossements, de haches en onyx en vestiges de maisons, nous commençons à y croire. Nous sommes réellement au coeur d'un site précolombien ! Mille ans avant Jesus-Christ, les Taironas édifièrent des villes et des villages dans la Sierra Nevada. Aujourd'hui leur culture est engloutie sous des milliers d'hectares de végétation. Les Indiens Koguis, Arhuacos et Wiwuas descendants des Arawaks peuplent encore les hauteurs de la Sierra Nevada. Aujourd'hui la cité de leurs ancêtres est abandonnée aux "braconneurs d'archéologie précolombienne".

Au détour d'une excavation, Reinaldo nous explique les rites funéraires. Étrange... Les Indiens enterraient leurs morts, puis lorsqu'il ne restait plus que des ossements, la famille récupérait le squelette. Celui-ci était alors placé dans une jarre de céramique et de taille adaptée. Ces jarres contenaient également tout un trésor de parures en or qui accompagnait les âmes jusque dans la nuit des temps. Au beau milieu du chemin nous trouvons l'une d'entre elles. Elle est vidée de son contenu, mais par sa présence toute une atmosphère se dévoile à nous. Toute une civilisation renaît dans nos imaginations avides d'en savoir plus.

Les fouilles informelles ont commencé il y a plus de 50 ans. Le site attire les convoitises. Et, à la loterie du précolombien, certains ont gagné gros ! Un groupe de "chercheurs" a déniché par hasard douze corps, ils étaient ornés de plastrons en or massif. Vous imaginez le trésor ??? Le découvreur a empoché plus de 5 millions de pesos. Cela valait sans doute beaucoup plus, mais ce Colombien s'assurait ainsi une belle retraite!

Nous passons 4 heures dans la forêt avec Reinaldo. Pour toute rémunération de l'excursion, il ne veut rien d'autre que quelques conserves de viande et de légumes. Nous lui proposons de manger avec nous à la bonne table de Maria, il refuse. Il accepte timidement une bière. Il n'a pas grand-chose, et n'en veut pas plus. Jour après jour, un lien fort, se tisse entre la famille Garcia et nous. Reinaldo nous organise, entre autres, une visite à Santa Marta. Nous aurons droit à une journée entière de Bolivarades, car Santa Marta est la ville où el libertador est mort...

A notre retour vers Guairaca, Reinaldo qui me sait de nature à explorer les sujets jusqu'à leurs tréfonds m'offre un livre écrit par José Consuega Higgins, un professeur de l'université de Baranquilla : "Las ideas economicas de Simon Bolivar". Pour compléter ma collection et parfaire mon vocabulaire en espagnol Reinaldo m'offre du bond du coeur l'intégral des vingt-cinq dernières années de parution de "Semana", l'hebdomadaire politique et économique de la Colombie. Mon capitaine est ravi ! Ce genre de présent n'a que "légèrement" tendance à enfoncer notre ligne de flottaison ! A mon tour, je lui donne un très beau et très "lourd" livre documentaire sur le Venezuela. Reinaldo ouvre alors son trésor. Il sort d'une malle une boîte qui contient quelques cylindres de quartz, de grenat et de cornaline précolombiens et qu'il me tend. Cet échange marque la fin de notre séjour à Guairaca. Notre départ me plonge dans une profonde tristesse. Un sentiment lancinant de frustration. L'impression que nous aurions pu rester, plus longtemps là, au coeur d'une amitié naissante.

Mais en bateau, on peut toujours décider de revenir sur ses pas...

Bahia Concha

En période d'alizé fort, le passage de Guairaca à Concha est musclé. La mer est drue, le vent portant atteint 35 noeuds et plus. Dans les parages tout est régenté par les hautes montagnes de la Siera Nevada. Les vents agissent comme s'ils s'appuyaient sur les façades qui grimpent à plus de 5000 mètres, air comprimé qui sortirait d'un coup sec au ras de l'eau pour lever une mer irascible.

La baie de Concha est magnifique. Immense, elle garde de belles proportions. Un vrai beau paysage ! Pourtant, nous n'y sommes pas heureux. L'aire de mouillage, dans l'extrême sud-est de la baie, est splendide, mais il faut jeter l'ancre dans plus de quinze mètres d'eau, la moyenne s'établit à 20 mètres de profondeur. L'atmosphère générale est rendue désagréable à cause de rafales de 25 à 30 noeuds qui dévalent la montagne toutes les deux minutes. Ces claques durent 20 à 40 secondes. Mais leur impétuosité et leur chronicité sont assommantes. Ce qui est le plus gênant c'est que directement après la rafale le vent retombe à zéro. Nous préférons un vent constant de 25 noeuds à des oscillations permanentes entre 0 et 30! Stress permanent pour les équipages qui fuient l'endroit.

Pour tout dire, en plus de ces conditions, l'accueil à terre n'est pas des plus cordial. La plage est envahie de petites tentes de la taille de niches à chiens, sous lesquelles les Colombiens en vacances se reposent. Un campement rassemble des pêcheurs qui relèvent régulièrement leurs filets. Nous redécouvrons les techniques de pêche à la senne. Mais certains regards des pêcheurs en disent long sur ce qu'ils ressentent comme une intrusion. Pas la peine d'insister, dans cette ambiance peu plaisante, nous levons l'ancre rapidement et poursuivons notre route vers Carthagène...

En pratique

Navigation depuis Cabo de Vela

Point d'approche : 11°23N 74°03W

A la sortie de Cabo de Vela visez directement le point GPS ci-dessus

Navigation sans difficulté à condition de bien surveiller la météo. Elle nous annonçait 15 noeuds, nous avons eu un vent soutenu autour de 20 noeuds, des pointes fréquentes à 25 noeuds. La mer comme partout sur la côte nord de Colombie est plus drue qu'ailleurs à vent équivalent. Ces effets de mer sont dus au remontées brusques des fonds entre le large et cette route. Le vent sera toujours aussi plus fort qu'annoncé en raison des effets de montagne.

Si vous désirez une navigation tranquille partez avec une moyenne de vent de 10 noeuds. Surveillez également l'état de la mer annoncé, ne partez pas avec plus de 8 pieds annoncés. Levez l'ancre de Cabo de Vela entre 11 heures et midi, vous arriverez dans la matinée qui suit, aux Cinq baies.

Partez avec un temps dégagé, cela vous permettra de voir les neiges éternelles du mont Cristobal au petit matin (5770 mètres ou du mont Simon Bolivar avec 5775 m.). Evitez de faire le trajet lorsque les orages menacent.

Mouillage de Guairaca

Position GPS : 11°19.23N - 074°03.0 W

Conditions de mouillage
Fonds de bonne tenue. Lorsqu'il y a de grosses tempêtes au nord, la houle entre dans la baie, le confort n'est pas remis en cause, mais cela peut devenir gênant. Logez dans la partie sud-est de la baie, vous serez plus abrité de la houle. Faites attention aux hauts-fonds dans l'est. Logez dans 8 mètres d'eau.

Autres mouillages

Position GPS de Cinto : 11°20.0N - 74°03.0 W

A condition que les pêcheurs vous laissent y ancrer, certains y sont parvenus. La baie est privée. Attention aux récifs qui bordent toute la plage. Mouillez dans 6 mètres d'eau, les fonds descendent vite
Position GPS de Concha : 11°18.07N 74°08.57 W
Attention aux rafales! Mouillage profond, vous trouverez au mieux 15 mètres, la moyenne se situe plutôt à 20 mètres.

Conditions climatiques

Pour le mois de décembre. Régime de rafales. Elles sont subites et viennent aussi bien du large que de la montagne. Le bateau tourne en tout sens. Nos prédécesseurs parlaient de rafales de 40 à 50 noeuds de vent. Nous y sommes restés assez longtemps et pendant notre séjour si les rafales étaient régulières (surtout au plus chaud de la journée) elles ne dépassaient pas 25 noeuds.

Nous avons trouvé ce régime supportable, surtout qu'à terre nous avons trouvé de sublimes compensations !

D'après Reinaldo
Les mois les plus venteux, sont janvier, février, mars. A ces périodes, les rafales deviennent plus violentes. La mer est rarement calme, mieux vaut éviter de naviguer dans les parages à cette période.

En été, surtout du mois de juillet à fin octobre, c'est au tour de la saison des orages. Ils sont eux aussi violents, et se produisent sans prévision possible.

Il reste donc pour naviguer tranquille, le mois de novembre et le mois de mai et juin. Ces deux périodes présentent la particularité d'être coincés entre la saison des alizés et la saison des orages. Surveillez les ondes tropicales qui peuvent occasionner plus d'orages sur le continent.

Sécurité

Certains bateaux font la route seul. Nous ferons cette route trois fois, deux fois dans le sens Est-Ouest accompagnés de bateaux amis. Nous la ferons également seuls dans le sens Ouest-Est.

Au mouillage de Guairaca, il n'y a pas de problème recensé. Le mouillage est paisible, les pêcheurs ne sont pas portés de mauvaises intentions et les villageois sont adorables.

En navigation, je ne vois pas vraiment ce qui pourrait arriver à deux bateaux naviguant ensemble entre Cabo de Vela et Guairaca. Reinaldo insistait pourtant pour que les bateaux ne naviguent pas seuls. Il parlait surtout de larcins dans la région de Santa Marta. Par contre, il ne connaissait pas de cas d'agression sur équipage et il est là depuis 20 ans.

D'après Reinaldo, des problèmes éventuels pourraient arriver sur Bahia Concha, en raison d'une plus grande fréquentation touristique (???) Certains bateaux ont logé à Bahia Nenguange, seuls sans aucun problème. Il n'y a personne qui y vive, seules les lanchas viennent y amener des touristes. En provenance de Taganga, ils les déposent sur la plage pour la journée et ils les récupèrent le soir.

Que trouver à terre ?

Au village, mis à part les villageois qui sont gentils, il n'y a pas grand-chose ! Maria ouvre ses portes et fait office de restaurant. Sa cuisine, si elle est rustique, est bonne et permet de passer un séjour agréable. (20 000 pesos, le plat : 10 dollars)

En une heure de taxi vous pouvez vous rendre à Santa Marta. Reinaldo appellera un de ses amis taxis. A Santa Marta vous trouverez de tout : supermarchés, gaz, essence, artisanat, visite de la ville... Attention, comme vous êtes dans le parc de Tairona et que vous n'avez pas fait votre entrée, une taxe vous sera réclamée lorsque vous reviendrez de Santa Marta. Elle s'élève à 23 000 pesos par personne. Le taxi qui vous accompagnera toute la journée vous coûtera 90 000 pesos pour quatre.

Change
Reinaldo pourra vous dépanner et vous changera un peu de dollars contre des pesos. Vous pourrez également retirer des pesos à l'aide de votre carte bleue dans les distributeurs de Santa Marta. Vous pourrez aussi vous rendre à la banque centrale de Santa Marta, patienter dans une longue file d'attente pour changer dollars contre pesos à un change moins intéressant qu'avec la carte bleue.

Faune

Nous avons croisé des petits serpents aux couleurs suspectes. Pour ceux qui partent à l'aventure dans la Sierra Nevada, qu'ils se méfient des scorpions. Il en existe deux sortes, les petits verts dont la piqûre occasionne une paralysie du membre piqué pendant 36 heures et tachycardie. Et les autres, plus dangereux...

Les iguanes paraissent sur tout le territoire. Nombreux et magnifiques papillons, dont une espèce bleue fluorescente de grande taille. Dans le ciel, nombreux rapaces maritimes ou "terriens" : urubus, buses, condors. Une infinie variété de passereaux et de perroquets, toucans. Côté mammifères qui s'ébattent dans le parc, on trouvera des sangliers, des cerfs, des loups, des écureuils, singes et plus haut dans la montagne sévit le jaguar.

Flore

Variété impressionnante qui va du cocotier des plages, en passant par la mangrove jusqu'aux neiges éternelles du mont Simon Bolivar. Entre ces deux extrêmes, une forêt humide abrite toutes les espèces tropicales, nombreux arbres à fleurs.

Respect de l'environnement

Le parc du Tayrona est un espace entièrement dédié à la nature, les Colombiens soucieux de préserver leur environnement enjoignent chaque visiteur à ne laisser aucun déchet non biodégradable dans la région. Lors de vos randonnées, vous trouverez partout des panneaux vous rappelant les règles simples de conduites respectueuses de l'écosystème.

Petite anecdote, sur une des plages de Nenguange, un vendeur de glaces a attendu que nous finissions celle que nous venions de lui acheter pour prendre le papier. Je lui disais pourtant que nous étions respectueux et que nous allions le mettre dans notre sac pour l'emmener et ne pas le laisser derrière nous. Rien n'y a fait!

Sources et bibliographie : aucune il n'existe pas de guide concernant la région. Nous remercions Reinaldo qui a patiemment répondu à toutes nos questions.


Toutes les informations ont été mises à jour en Mars 2008
Texte : Nathalie Cathala - Photos : Dominique et Nathalie Cathala. Tous droits réservés.
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