rapa nui






















tampon etoiledelune

Message 94– écrit en juin 2011
Nombres de milles parcourus : 18260 milles
Nombre de personnes inscrites à la lettre : 999
Position de L'Etoile de Lune : Raiatea

Tahiti, la survivance d'un mythe.


« Le paradis n'est pas sur la terre, mais il y en a des morceaux. » Jules Renard


Programme à venir : Découverte des îles sous le vent de l'archipel de la Société.

Les nouveautés sur notre site internet : etoiledelune.net
Je ne peux vous raconter toutes nos balades et randonnées sur Tahiti dans cette lettre, j'en ferais un livre! Vous trouverez dans ce courrier, l'essentiel, mais pour les plus curieux, poussez la porte du lien suivant, vous vous baladerez à Tahiti comme si vous y étiez :
http://s121758490.onlinehome.fr/edl/polynesie/carte_tahiti.html

Mariage traditionnel polynésien : http://s121758490.onlinehome.fr/edl/photos_mariage_polynesien/index.html

RAPA NUI

Juin 2011 - Double anniversaire pour l'équipage.

Sur le Blog : www.etoiledelune.fr/blog
Un partage quotidien de photos et d'impressions de voyage.

En fin de message
ANNIVERSAIRE de voyage et de mariage : 7 ans de vie sur l'eau et 20 ans d'union de l'équipage, rétrospective des meilleurs moments. A cette occasion chacun de nous a sélectionné les 7 escales qui nous ont le plus marqué.

Photo du mois: Nous sommes témoins d'une rencontre de 2 générations de navigateurs (Laura Dekker jeune navigatrice hollandaise partie à 14 ans pour un tour du monde en solitaire et Laurent Bourgnon qui effectue un voyage en famille sur un confortable catamaran à moteur)


RAPA NUI

Les sommets de Tahiti au petit matin

Résumé
Les affinités ne se commandent pas! Lorsque nos collègues marins nous décrivaient Tahiti, c'était une île à ne fréquenter qu'à « dose homéopathique ». Nous y restons plus de quatre mois. Nous y forgeons des amitiés et surtout, l'île, par tous ses charmes, nous retient plus de temps que n'importe qu'elle autre. Comment exprimer notre « complicité » avec Tahiti et ses habitants? Plus qu'un morceau de terre perdu dans l'immense Pacifique, elle restera à nos yeux, l'île de la douceur de vivre et de la bonne humeur permanente. Nous y avons passé la saison cyclonique dans une quiétude rarement ressentie à pareille période météorologique, dans d'autres régions de notre belle planète.


Bonjour,

Si je ne vous ai pas encore parlé de Tahiti alors que nous l'avons quitté fin mars après y avoir passé quatre mois, c'est que j'ai cherché pendant tout ce temps, les mots qui décriraient le mieux notre escale. Comment dépeindre le bonheur lorsqu'il est si grand que le coeur ne suffit pas à l'accueillir? C'est tellement énorme qu'il m'a semblé, qu'il manquait des mots à notre langue pourtant si riche!

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Le pacifique océan, sous petit grain

Tout a concordé pour nous offrir parmi les plus beaux moments de notre voyage. D'abord, le Pacifique, lui qui s'est montré si dur avec nous, se fait aussi tendre qu'un agneau qui vient de naître. Notre traversée entre Tuamotu et Tahiti est magique.

Nous laissons les journées s'étirer sur le long tapis bleu de l'océan. Le temps n'a plus aucune signification. Au soir, un grain passe. Quelques gouttes nous offrent un double arc-en-ciel, un rideau de pluie tel un voile de mariée tombe du ciel. Il frôle notre Etoile et s'échappe vers le soleil couchant. La nuit est envahie d'étoiles, je m'installe sur le rouf, les yeux rivés dans les étoiles. Depuis, le début de notre voyage, la nuit, j'envoie une requête au firmament : "Envoie-moi des étoiles filantes."

Dom me relaye pour son quart de veille et lorsque je reviens dans le cockpit, l'étoile du point du jour, placée sous le croissant de lune jette son éclat froid sur le pont. Toutes deux, résistent face l'assaut fauve du lever du soleil. Tapi dans une forêt de nuages mauves, l'astre du jour lézarde sous l'horizon. Jour et nuit se bataillent le ciel jusqu'à ce que la lune et son étoile abdiquent. Tahiti est là, plantée sur l'océan. Il est 8 heures du matin, il fait 38° dans le cockpit et pour rien au monde je ne cèderais ma place, contre un palais climatisé! Quelle chance que d'arriver par si beau temps! Les sommets se dévoilent sans pudeur.

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Tahiti
Mont Orohena (altitude 2241 m).

Quelles lignes!

Au risque de céder au plus ancien mythe de notre planète, je succombe, après tant d'autres, aux charmes de ce que Bougainville nomma dans un lyrisme exacerbé : "la nouvelle Cythère". En 1768 il écrit ceci : « Je me croyais transporté au jardin d'Eden. Partout, nous voyions régner l'hospitalité, le repos, une joie douce, et toutes les apparences de bonheur. » N'oublions pas que Tahiti fut l'inspiratrice d'une des plus célèbres mutineries de l'histoire navale. L'équipage de la Bounty se serait-il révolté après n'importe qu'elle autre escale? Je ne le crois pas...

Tahiti est la plus grande et la plus haute des îles de Polynésie, elle culmine avec le mont Orohena à 2241m. Elle fut découverte par les populations maohies 300 ans av. J.-C.. Pendant près de 2000 ans, ce peuple venu d'Insulinde en pirogues archaïques vécut à son rythme : celui de l'âge de pierre. Inutile d'inventer d'autres industries, les îles étaient si généreuses qu'un rien suffisait à produire l'essentiel sans superflu. Au dix-huitième siècle, une première vague de navigateurs européens vint chambouler le quotidien des Maohis.

Ils le firent de manière bien inconsciente. Car tous, de Wallis, en passant par Bougainville, Cook et même l'intraitable Bligh, tous tombèrent sous le charme de ces paradis disséminés au coeur du plus grand océan du monde. Parmi ces navigateurs, James Cook obtient la palme de l'idéal tahitien. Il aimait tant ce coin de Pacifique qu'il y revint trois fois aux frais de Sa Majesté. Il entretint des amitiés légendaires avec les chefs maohis, pourtant, ses voyages n'inspirèrent pas suffisamment la couronne britannique pour s'établir à jamais dans l'archipel, laissant la part belle à la France.

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Pointe Venus - Vallée profonde

Nous sommes au large de la pointe Venus. Le 3 juin 1769, Cook et Charles Green y observaient le passage de la planète du même nom à l'aplomb de ce cap, ce qui inspira son nouveau patronyme. Sur les cartes géographiques, noms maohis, ancestraux se chevauchent avec ceux inventés par les Européens. Pourquoi les navigateurs avaient-ils tous cette manie de baptiser les lieux qu'ils découvraient méprisant les noms, autrement plus pittoresques des autochtones?

Entre Cook et nous, deux cent quarante et une années se sont écoulées. Les gorges profondes, les pics acérés, le manteau végétal généreux, tout y est, comme à l'époque. En deux siècles et demi, un cordon de maisons en béton a poussé en lieu et place des huttes de pandanus. Mais ce chapelet de modernité qui égrène les versants littoraux de la pointe Vénus à Papeete ne me choque pas. C'est l'évolution normale des temps. La marque que l'humain laisse derrière lui, avec plus ou moins de bonheur.

Nous pénétrons dans le lagon par la passe Nord. Mes yeux ne me suffisent pas : l'océan est resté hors de la barrière de corail. Le plan d'eau aux couleurs inimitable s'offre sous notre étrave. A Punaauia, nous trouvons la bouée que nous prêtent nos amis, du bateau Captain Punch, parti vers les Australes. Nous atterrissons au coeur de la civilisation. Depuis le départ de Panama City en février, c'est la première fois, en ce premier décembre 2010, que notre étrave retrouve une grande ville.

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Port de Papeete - Vu depuis les hauteurs de Tahiti

Tahiti est une île dynamique, il s'y passe toujours quelque chose et c'est l'occasion de nombreuses fêtes en musique. Nous y vivons nos anniversaires, Noël, Nouvel An, le Nouvel An chinois, la Saint Valentin, la première nuit du nautisme, l'arrivée du bateau solaire (le Tureanor), le départ des pirogues ancestrales vers Hawaii pour la fête mondiale de l'océan et les immuables concours de danse qui ont ambiancé nos plus belles soirées! Que dire des dimanches matins aux alentours de l'Église protestante? Les vahinés bien mises rivalisent d'imagination pour confectionner leurs coiffes. Un réel renouvellement hebdomadaire! Et puis, aux contours de l'île, à Teahupoo, les surfeurs et autres paddle trouvent à certaines époques de l'année, LES vagues les plus prisées de ce sport...

Mais n'allons pas trop vite. Profitons de chaque instant de cette escale!

Dès notre installation, grâce à notre amie Valérie du bateau Tam-Tam, nous prenons nos marques dans ce nouvel environnement. Notre première journée est pure folie. Valérie conduit son 4*4 avec énergie au coeur de Papeete. Elle repère les grandes artères (Prince Hinoi, et Charles de Gaulle) par rapport auxquelles nous devrons systématiquement nous référencer pour nous aiguiller dans le dédale de ruelles qui en émanent. Dans les jours qui suivent et pendant tout notre séjour, nous y retournons facilement grâce au cordon de bus publics. Nous y devenons tellement accroc que nous nous faisons amis avec les chauffeurs qui nous suggèrent de magnifiques balades.

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Le diadème de Tahiti

La ville de Papeete, d'un point de vue strictement architectural n'est pas belle. Les rues flanquées de maisons basses aux façades souvent défraîchies ont des allures « tristounette ». Mais il faut sortir de la fumée dégorgée par les bouchons pour bader du côté du jardin de Paofaie! A quelques pas du quai qui accueillit le Joshua de Moitessier, au coeur de la ville, nous nous trouvons dans une aire dédiée à la « zen attitude ». Au bord du lagon, des va'a (pirogues) attendent leur propriétaire. Pendant l'heure du midi ou après les heures de travail, ils viennent se dégourdir les muscles sur le lagon. Il faut les voir déjauger grâce à la simple propulsion humaine!

Dans le parc, les aires de repos sont de réelles odes au bon goût polynésien. Parterre de fleurs et d'arbustes rivalisent d'éclat et de teintes chatoyantes avec celles du lagon. Des plans d'eau où s'ébattent des nénuphars sous des petits ponts de bambou font la joie des enfants. Plus loin, au coeur de la ville, la mairie de Papeete et son architecture coloniale sont du plus bel effet dans un jardin où musarde l'esprit des tikis.

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Papeete et ses jardins

D'un quartier à l'autre, d'une rue à l'autre, partout sur les visages nous lisons des sourires bon-enfant. Même aux heures de pointe les citadins prennent le temps de saluer l'étranger dans la rue. Il règne une joyeuse insouciance.

Immuablement, nos pas nous ramènent vers le marché municipal. Là, au centre de la cité, les marchands reconstituent chaque jour leurs échoppes. Eternel recommencement, et pourtant, le chaland ne ressent pas de lassitude.

Ici, chaque matin est le premier matin du monde.

Pénétrer dans le marché de Papeete c'est d'abord traverser un jardin tropical. Les Polynésiens ont l'art du beau dans la peau. Avec deux feuilles, trois fleurs et une lanière de pandanus, leurs créations sont de réels chefs-d'oeuvre. Les femmes portent, tel l'emblème du mythe que nous vivons chaque jour, des couronnes de fleurs. Leur faire la bise c'est immanquablement se pâmer sous l'assaut des fragrances puissantes du tiare, de l'ylang-ylang et tant d'autres plantes et fleurs qui les ornent.

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Papeete, et son marché

Elles vendent des fruits, des légumes, des poissons, des fleurs, des tissus, des chapeaux de pandanus, de la nacre, et toute la production artisanale des îles. Quelques hommes s'immiscent dans ce cortège de sourires. Les vahinés s'interpellent, les tanés (hommes) se moquent gentiment des touristes. La bonne franquette est de mise (tout le monde se tutoie) sans le moindre chichi, dans une affabilité naturelle soulignée par les chants accompagnés de ukulele et de toere (instrument à percussion). Chaque jour, les orchestres se forment à l'intérieur et à l'extérieur du marché semant dans les têtes un joyeux brouhaha.

Lorsqu'on a mis le pied dans le marché de Papeete, on y revient, c'est certain!
Il suffirait de s'y balader chaque matin, pour ne jamais avoir recours aux antidépresseurs!

A la sortie de la ville, le temple Kanti est un lieu vers lequel nous revenons souvent. Il est l'occasion de rencontrer la population chinoise, et de vivre avec elle de grands moments.

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Papeete - Importante communauté chinoise

Le peuple tahitien du vingt et unième siècle est cosmopolite. Outre les Polynésiens de souche qui sont les descendants des Maohis, plusieurs communautés vivent sur le Territoire, il en est ainsi des Popa'a (peaux pâles) : « farani » (Français), piritane (Anglais), marite (Américains), mais aussi des sikis (peaux noires), et des tinito (Chinois).

La communauté chinoise de Polynésie française représente environ 5% de la population insulaire, soit 13 000 personnes. Presque tous ont acquis la citoyenneté française, ils bénéficient donc des mêmes droits que les Polynésiens, ils se nomment désormais des « Chinois polynésiens ». Cette ouverture favorise leur fibre commerciale, et aujourd'hui, la majorité du négoce est détenu par des familles d'origine chinoise. Elles ne se cantonnent pas au commerce, on les trouve aussi dans toutes les professions libérales, dans le secteur tertiaire et (!) religieux (catholique ou protestant). Ce dernier secteur prouve à quel point leur intégration socio-culturelle et professionnelle est profonde. Aujourd'hui, l'impact politico-financier des Chinois pèse sur la vie polynésienne, et le centre névralgique de Papeete est propriété foncière des grandes familles très attachées aux cultures ancestrales. Cet attachement a tendance à compartimenter la société polynésienne.

Mais, les jeunes générations de Tahiti vivent l'ère de la mondialisation. Polynésiens, Chinois, Popa'a, Sikis vont dans les mêmes écoles, c'est l'occasion d'un brassage de moeurs, de points de vues... Un mélange des aspirations qui se retrouve dans une même musique, un même goût pour "les choses de leur âge".  Dans ce contexte, les communautés de chaque bord (polynésiennes et chinoises) ont bien du mal à recruter de nouveaux aspirants pour reprendre le flambeau cultuel.

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Danses traditionnelles, spectacles de rue

Cependant, à l'occasion des grandes fêtes de chaque communauté, jeunes et anciens se retrouvent autour des grands pôles de défense de leurs moeurs ancestrales respectifs. Il en est ainsi pour les Chinois lors de leur Nouvel An. Mais également pour les Polynésiens lors de leurs fêtes annuelles de l'Heiva.

Ce qui me touche le plus, dans toutes ces manifestations c'est de voir les Polynésiens, les Chinois, les sikis et Popa'a se retrouver dans une ambiance chaleureuse.

Les fêtes de l'Heiva sont incontournables en Polynésie. Avant l'arrivée des Européens, l'Heiva était l'occasion de grandes réjouissances intertribales. Danses, musiques, épreuves sportives ralliaient les peuples polynésiens dans une même liesse. Dès 1819, sous l'impulsion des missionnaires qui trouvaient ces activités indécentes et licencieuses, les fêtes païennes furent interdites, privant les insulaires de ce qui leur procurait la plus grande joie. En 1885, sous le protectorat français, quelques danses font leur réapparition à l'occasion des fêtes du 14 juillet. Mais il faut attendre 1954 pour qu'une Polynésienne du nom de Madeleine Moua crée un groupe de danse nommé Heiva. Elle fera des émules. Les écoles toujours plus nombreuses s'ouvrent dans chaque district.

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Papeete - Joueurs de ukulélé

Finalement, en 1984 lorsque l'archipel acquiert son autonomie le Heiva retrouve sa vigueur d'antan. Autour du 29 juin, sous son nouveau drapeau, la Polynésie fête une certaine liberté retrouvée. Chaque année, les fêtes de l'Heiva sont plus longues. En 2011, elles débutent le 5 juin pour se finir dans la deuxième quinzaine de juillet. Ainsi, elles couvrent à la fois la commémoration de l'autonomie et les fêtes « de la Bastille ».

Partout, les pahu résonnent. Sur un rythme sourd de percussions accompagnées de ukulele, les vahinés se déhanchent et les tanés leur emboîtent le pas. Les écoles de danse présentent leurs meilleurs spectacles aux concours quotidiens qui se déroulent place Toata, au jardin de Paofai. Sur les lagons, des joutes de va'a, où voient les rameurs sous un soleil de plomb donner le meilleur d'eux-mêmes. Tout comme autrefois, les meilleurs lanceurs de javelot s'affrontent aux portes des Marae (temple maohi). Les porteurs de pierres et de fruits parcourent des distances encensées, les épaules fourbues de charges inimaginables... Toute la ville s'anime pendant près de deux mois, et vit au rythme de l'Heiva.

Je me rends compte à ce stade du récit que je ne vous ai parlé que de Papeete. Et pourtant, Tahiti ne se résume pas à sa capitale! Tahiti est un caléidoscope de traditions, de populations, d'activités, mais aussi de paysages! Sortir de la ville c'est pénétrer dans un monde naturel hallucinant.

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Papeete, adossée à la montagne

Si Tahiti est la plus peuplée des îles de l'archipel polynésien, pourtant, seul le rivage est habité. Quelques collines regardant l'océan sont bâties de résidences aux maisons somptueuses. Dès que nous sortons du pourtour de l'île, aucune route carrossable ne mène à l'intérieur. Il existe dans la vallée de Papenoo un chemin traversier. Un seul chemin (!) que des propriétaires terriens disputent aux touristes désireux de découvrir Tahiti inviolée. Une route de 114 kilomètres fait le tour complet de Tahiti Nui, mais sa petite soeur, Tahiti Iti, rattachée à la première par l'isthme de Taravao ne dispose pas même d'une route en faisant le tour. La partie sud ouest reste encore aujourd'hui, l'une des terres les plus dangereuses pour ceux qui s'y aventurent sans guide.

Ainsi, Tahiti garde en son coeur des vallées et des montagnes vierges. Quelques chemins de randonnée mènent à des cascades vertigineuses. Quelques sentiers boueux permettent l'ascension des hautes montagnes, mais ces exercices sont réservés aux plus courageux. Pour récompense de leurs efforts, s'ils ont la chance d'arriver au sommet lorsqu'il est dégagé de tout nuage, ils contemplent le panorama le plus imprenable qui soit sur le plus grand océan du monde.

Sans gravir les sommets les plus hauts de Tahiti, nous avons atteint, l'attitude de 1400 mètres sur le sommet du mont Marau. Cette randonnée a égrené dans mon « esprit-machine à écrire » tous les superlatifs du dictionnaire!

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Tahiti - Randonnée vertigineuse

Quelle que soit la randonnée à Tahiti, elle se passe toujours en forêt. Elle revêt ici, une couleur parfaite. Non pas ce vert prison des forêts infernales, mais celui libérateur, épanoui, luisant d'une forêt bien dans sa peau, bien à sa place, illuminée de millions de brasiers que sont les tulipiers du Gabon en fleur. Cet arbre rivalise de beauté avec le flamboyant. Avec ces dizaines de cloches tournées vers le ciel, il se pare de teintes ardentes et généreuses d'un rouge orangé. L'espace est entièrement dédié au végétal, ici, la faune se fait discrète et docile. Quelques buses, quelques perruches et passereaux, aucun animal venimeux ou dangereux n'est à craindre. 

Animés d'un courage qui nous avait quittés dans les chaleurs accablantes du rivage, nous passons d'un versant à l'autre de la montagne. A chaque palier, des panoramas toujours plus somptueux se dévoilent.

Les pins ouvrent, tour à tour, des brèches généreuses sur Papeete et son port actif, sur la pointe Vénus sillonnée de voiles de kites, sur le mouillage de Punaauia, sur le chenal d'accès dans le récif. Au premier plan, les vallées déchiquetées courent vers la mer, elles mêlent leurs teintes profondes et intenses à celles du lagon, plus légères, étincelantes d'émeraude et de turquoise. Puis, le regard traverse la frange d'écume qui se brise sur la barrière de corail. Là, l'océan parsemé de vagues blanches nous révèle un alizé soutenu. Au-delà de l'outremer sombre, Moorea, flanquée de ses pics fantasmagoriques, sertie de son lagon émeraude se pose telle une fée de l'ombre sur l'océan. La palette du peintre est à son apogée. Là sont réunies toutes les nuances du monde. Toutes celles qui font de notre planète, une merveille inimitable.

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Lagon de Tahiti, vue sur Moorea

Nous grimpons vers les crêtes du Massif du Pic Vert jusqu'au sommet du mont Marau. Soudain, au détour d'un virage, nous changeons de monde. L'océan s'efface et laisse la vedette à la Montagne. Pas une maison, pas une marque d'humanité, la Nature est souveraine. Entre ombre et lumière, une rivière creuse le fond de la vallée. Chaque pli de la montagne dessine des arabesques, des courbes qui dévoilent une silhouette enivrante. 

Ici, les mots somptueux et majestueux trouvent leurs titres de noblesse!

Un chemin vertigineux nous mène sur les crêtes du mont Marau à 1441 mètres d'altitude. Nous découvrons l'une des plus belles curiosités géologiques de l'île. Sur un décor de points culminants, soit les 2066 mètres de l'Aorai et les 2241 mètres du mont Orohena, les à-pics dévalent vers le Mont Te Tara O Maiao. Ce dernier s'érige à 1321 mètres en crêtes affutées, rassemblées de telles sortes qu'elles figurent une couronne, son nom : le diadème!

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Tahiti - Nature généreuse et colorée

A l'aplomb de notre promontoire, voici que nos regards plongent vers un mur de végétation impensable. Des cataractes de forêt s'élancent vers la vallée. En nous penchant, nous découvrons une chute d'eau. Une première pour moi : voir une cascade en contrebas. D'habitude nous nous trouvons toujours à leurs pieds, ne trouvant jamais l'angle satisfaisant pour capturer leurs proportions. Aujourd'hui, je peux la contempler dans sa totalité, la voir se jeter sans retenue dans son bassin avant de s'éparpiller en multiples rivières, celles qui drainent la vie dans ces vallées.

Pour tout vous dire, ce décor extraordinaire a le pouvoir souverain de nous rendre infiniment heureux. Amoureux fous des insondables beautés de notre Planète, nous nous sentons l'âme d'oiseaux libres.

Merci Tahiti! Que de bonheurs tu nous offres!

Amitié marine
Nat et Dom de L'Etoile de Lune

Rétrospective de 7 années de voyage.

Pour cet anniversaire exceptionnel qui nous voit fêter le 22 juin, 20 ans de mariage et le 23 juin 7 années sur l'eau, nous ne vous ferons pas un bilan exhaustif des escales ou de nos impressions de voyage. Mais plus simplement, nous partageons avec vous nos 7 escales préférées. (7 escales pour Dom, 7 escales pour Nat) Si certaines sont communes, d'autres divergent.

Cependant, s'il est difficile de classer les escales par préférences, il en est une qui sera « hors concours ». Non parce que nous n'y sommes pas allés en bateau, mais parce qu'elle est si chère à notre coeur en raison des amitiés que nous cultivons là-bas. C'est bien évidemment le Québec.

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Quebec

Québec
Commençons donc par cette escale hors norme. Souvenez-vous que nous en avions partagé chaque instant! Ils ont imprimé une marque indélébile dans nos coeurs! De Montréal aux îles de la Madeleine, en passant par Tadoussac et la Gaspésie. Nous laissant bercés par le fleuve, nous trouvons ses rives majestueuses à Québec, puis nous pénétrons au coeur des montagnes des Laurentides. Cinq semaines, trop courtes à renouveler, dès que la vie nous en rapprochera!

Pour revivre les plus grands moments de ce séjour, retrouvez nos vidéos, nos photos et commentaires sur : http://s121758490.onlinehome.fr/edl/quebec/tout/index.html

Les 7 escales préférées de Nat (sans classement possible de préférence, le choix a été tellement difficile, je tricherais bien en disant d'emblée que je n'ai pas oublié la Corse, Marie Galante, le Massif de Marseilleveyre, ou Petite Terre en Guadeloupe... que dire de Saint-Pierre en Martinique, et de Culébra (Porto Rico)? Mais il faut trancher!)

Voici à gauche le choix exhaustif! (cliquez sur chaque escale pour retrouver les pages correspondantes)

A droite les 7 escales de Dom (lui aussi a bien du mal à se cantonner dans 7 choix)

Mais avec un bonus, pour Antigua et les Saintes

Photo du mois

Au mouillage de Moorea, le catamaran à moteur de Laurent Bourgnon, et le ketch de la jeune navigatrice hollandaise Laura Dekker

Texte écrit par Nathalie Cathala et mis en page par Dominique Cathala en juin 2011 - Tous droits réservés
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