Islas Aves de Barlovento et Sotavento
Un jardin de dauphins
Aux portes d'un asile de fous

Description du séjour
Carte d'identité des Aves
Description des mouillages

Notre séjour aux Aves

L'archipel des Aves est exclusivement réservé aux amoureux de la nature. Navigateurs férus d'économie de marché ou de civilisation, passez votre chemin, ici il n'y a rien à voir! Rien si ce n'est une colonie de fous à pattes rouges, de pélicans et une grande variété de passereaux ou d'échassiers. Est-il utile de vous donner les mille et une raisons qui nous ont fait rester plus de 40 jours au coeur des Aves?

C'est l'endroit le plus reposant que nous ayons vu depuis le début de notre tour du monde. Il n'y a aux Aves aucune autre présence humaine que les navigateurs de passage et les quelques pêcheurs qui viennent s'y reposer. On s'y sent en retrait du monde au coeur même d'une nature généreuse. Si généreuse qu'elle nous a permis de nous baigner avec les dauphins.

Jouer avec les dauphins mode d'emploi
Un matin, plein d'entrain mon capitaine décide de partir à la pêche. Il part certain de me rapporter très vite un gros poisson. Le Cap, vaillant, sort son fusil pour la première fois de sa vie. Pour assurer il prend aussi son crochet, on n'est jamais trop prudent ! On ne sait jamais que la bête qu'il trouve, soit une championne de marathon subaquatique... À peine parti, j'entends Dom vociférer tant qu'il peut ! Je dresse la tête hors du cockpit et je vois mon capitaine encerclé d' une troupe de dauphins. Avec l'annexe, il rabat la famille au complet vers le bateau. Je monte à bord de l'annexe et par réflexe j'embarque l'appareil photo. Et là, c'est la curée de clichés ! Les dauphins surfent devant l'annexe, comme pour faire la course. On entend battre leur nageoire sur le plancher de l'annexe. Les dauphins m'éclaboussent et l'appareil photo aussi... Il y a du clapot et pour ne pas perdre notre bel appareil qui n'a rien d'aquatique, nous rentrons au bateau pour l'y déposer. Nous pensons que le jeu avec les dauphins est fini et nous revenons chacun à nos occupations. Dom repart pêcher et je reste à observer l'horizon. Très rapidement, je revois une dizaine d'ailerons. Les dauphins sont là, pas loin. J'enfourche mon kayak et me voici au milieu d'eux. Ils sautent, font des cabrioles, j'en vois dessus, dessous, partout... Ils font des bulles et respirent tout à côté de moi.

J'ai la sensation qu'ils adaptent leur vitesse pour ne pas trop s'éloigner de moi. Je me doute qu'en un battement de nageoire, ils me sèmeraient s'ils le désiraient. Le jeu dure si longtemps que dom revient de la pêche. Sur le chemin du retour, il me récupère dans l'annexe. Mais il ne peut résister à l'appel des sirènes et il se jette à l'eau. Là, il est au milieu d'eux, il les entend et il me dit : "c'est génial, il faut que tu y ailles, toi aussi".

Je mets, mon masque, mon tuba et UNE palme. Hé oui, j'en ai perdu une aux Roques ! Je plonge. Et là... c'est le BONHEUR, tout en majusculise !

Ils sont quatre, un de taille moyenne et trois gros. Puis, trois autres dauphins viennent à moi. Ils tournent comme au manège. Ils ne sont pas très rapides, j'ai le temps de les détailler. Ce sont des dauphins communs (Delphinus Delphis). Je les entends clairement, c'est un bruit incessant, aigu. Ils sifflent et crient.

Pourquoi ai-je la sensation qu'un courant passe? Je croise leur regard. Je perçois leur sourire, un peu de malice dans l'oeil. Ils sont magnifiques ! Agiles, ils tournent sans cesse autour de moi. Ils restent dans un périmètre d'un mètre cinquante, pas plus. Ils nagent en surface entre deux eaux. Parfois, ils me lancent une oeillade et pointe le nez vers le bas. Je pense qu'ils aimeraient que je plonge aussi. Mais je descends mal, pauvre handicapée de la palme que je suis. Alors ils s'arrêtent à hauteur de ma palme et tournent là avant de remonter pour me rejoindre. Que d'oeillades, que d'invitations... Je n'ai pas assez d'yeux pour tout enregistrer. C'est exceptionnel, attendrissant, fort et troublant!

Ce spectacle grandeur nature a commencé à 9 H 30 au matin, et nous ne sommes rentrés au bateau qu'à 12 H 40. Pendant tout ce temps, baignade, kayak, course annexe en leur compagnie. Je ne sais pas si les dauphins se sont amusés, mais nous nous sommes régalés!!! Nous étions absolument seuls avec eux. Deux autres équipages ont vécu cette expérience : Albert, Martial et Rose étaient un mois plus tôt au même endroit et ils ont également nagé avec les dauphins. Merci à eux de nous avoir ouvert leur album photo sous-marin.

Après cette formidable matinée de "delphinades", nous passons les jours suivants à observer l'horizon. Les dauphins reviennent, une semaine plus tard, mais ce jour-là nous ne sommes plus le seul bateau au mouillage et ils nous indiquent clairement qu'ils ne sont plus disposés à jouer. Pour nous consoler, un pélican vient nous rendre visite sur la plage arrière du bateau. Ce jeune pélican s'incruste et reste toute l'après-midi avec nous. Il est sans doute intrigué par les activités de mon capitaine. Dom scultpe une planche en bois à l'effigie de notre Étoile car, il a entrepris de laisser la trace du passage de notre Étoile aux Aves. Il y a sur Isla Sur ce que nommons entre amis marins, le "monument des noms de bateaux". Une sorte d'édifice circulaire est façonné au gré de l'imagination et des escales des marins de passage. Chacun apporte sa pierre, son bout de bois ou son bambou gravés aux initiales de l'équipage et au nom du bateau. C'est un endroit très émouvant, où l'on retrouve la trace de bateaux amis : Mangaia, Pyrene, MayaV, Captaine Punch, Corto, Gunilla, Océanne... Lorsque, à notre tour, nous apportons notre contribution à l'édifice, nos amis des bateaux Takari et Maggaé sont avec nous. Nous décidons d'unir nos créations pour que face aux embruns de la Caraïbe, il reste un témoignage de nos moments d'amitié partagés dans les mers du Sud.

Le soir venu, une hirondelle s'installe dans notre cockpit. Idée lumineuse ! Elle se pose dans la descente vers le carré, encombrant de sa frêle silhouette le passage. Nous nous refusons à l'en chasser, elle paraît si exténuée. Pauvre petite ! Elle nous laisse passer et l'enjamber sans bouger, sans montrer la moindre peur à notre égard. Nous poursuivons donc notre soirée en compagnie de la chère petite hirondelle. À vrai dire, cette nuit-là, nous avons l'étrange sensation de ne pas habiter chez nous.

À présent que Monsieur pélican et mademoiselle l'hirondelle ont quitté l'arche de L'Étoile, nous dévions notre centre d'intérêt sur l'asile de fous d'à côté.

L'île au sud des Aves est tapissée d'une mangrove en arc de cercle. On y trouve des variétés intéressantes de palétuviers rouges, noirs et jaunes. Ces deux dernières espèces sont de grands arbres atteignant plus de 20 mètres de hauteur. Dans les branchages, répartis entre un mètre au-dessus du niveau de la mer et la cime des arbres plus d'un millier de fous à pattes rouges nichent. Au début de notre séjour, nous les voyons se lancer dans des gestuelles de parades amoureuses à n'en plus finir. Quelques jours plus tard, nous remarquons qu'ils ont conclu de belles unions et ils construisent activement leur nid. Très vite nous voyons les couples se relayer et couver un oeuf entre leurs pattes rouges. Nous restons pantois et dubitatifs quant à leur plumage. Qui est qui ? Telle est la question qui réveille notre perplexité. Nous tergiversons à l'envi sur l'apparence des fous selon leur sexe, selon leur âge... Qu'est-ce qui peut engendrer une telle variété de livrées ?

Chaque jour nous nous rendons dans la mangrove, en kayak ou en annexe. Ils sont tolérants et nous laissent les observer tranquillement. Nous découvrons que les bébés naissent gris terne et presque nus. Puis très vite ils deviennent blancs, leurs plumes duveteuses les font ressembler à une peluche adorable. Pendant leur adolescence et jusqu'à l'âge de trois ans, ils sont bruns au bec noir et leurs pattes sont couleur crème. Les adultes ont deux robes totalement différentes selon la phase de mue dans laquelle ils se trouvent. Les jeunes adultes ont le dos brun, le coup est couleur café au lait, le dessous de queue est blanc, le bec bleu avec des fossettes roses et les pieds rouges. Les adultes accomplis sont tout blanc, ils ont le bout des ailes noir, le bec et les pattes sont identiques aux jeunes adultes précités, le dessus de la tête a une teinte légèrement crème (ils ont des airs de ressemblance avec les fous du cap). Pour vous y retrouver, nous vous avons préparé un article complet sur les fous ainsi qu'un album photo.

Sur, l'île toute proche d'Isla Ouste, les pélicans, sans doute encouragés par la frénésie reproductive de leurs cousins fous se sont mis à nicher eux aussi. Leurs bébés naissent également tout blanc. Ces enfants là, n'ont rien de la peluche toute ronde et douillette des fous. Ils sont tout dégingandés, comme gênés de leur long bec qui dépasse du nid. Et puis, si les parents pélicans sont d'une grande discrétion et n'émettent jamais aucun son, c'est que dans leur prime jeunesse ils se sont exprimés pour tout le restant de leur vie! Bon Dieu que c'est bruyant que ces bébés-là ! Ils piaillent sans arrêt. Nuit et jour... Mais les parents, stoïques, veillent leur chère progéniture. Dès qu'elle s'envole du nid, elle redevient sage. Et là, ils nous donnent l'occasion d'assister à une leçon de pêche. Non loin de nous, à quelques mètres, ils sont trois, un jeune et deux adultes. Ils se lancent dans un ballet étrange et répétitif. Ils s'envolent ensemble et montent à 6 ou 10 mètres. Puis, ils s'abattent sur l'eau au même moment. Les deux adultes ceinturent le jeune. Ils décollent à nouveau et refondent sur l'eau...Ces figures de style maintes fois répétées assurent une synchronie parfaite. Un spectacle inouï sans entracte ! Papa et Maman Pélican apprennent à leur cher enfant à se débrouiller seul. Des parents extraordinaires ! Tout se fait par mimétisme ! Pas un bruit, pas un éclat de voix, un apprentissage en douceur, une leçon de la vie répétée chaque jour et jusqu'à ce que le juvénile se brouille seul.

Le temps passe vite, déjà 37 jours que nous passons nos journées en compagnie de la faune des Aves. Un soir, alors que l'ouest nous appelle, nous découvrons quatre traces de tortues venues pondre pendant la nuit. Je vous avoue que l'idée de voir naître les tortues nous a titillés. Mais, nous décidons de pousser plus à l'ouest, vers Sotavento. En fait, nous avons délibérément choisi de rester plus de temps à Barlovento, qu'à Sotavento, car la présence d'une guardia qui n'octroie que deux à sept jours sur Sotavento, nous a découragés. En outre, les mouillages de Barlovento sont mieux abrités de la houle que ceux de Sotavento.

Notre séjour à Sotavento débute sous le phare qui garde la partie nord de l'archipel. Comme tous les autres équipages de passage, nous avons rapidement droit à la visite de la Guardia costa. Contact chaleureux et cordial. Échange de bons procédés et de quelques services rendus à cette base si reculée qu'elle paraît oubliée par l'armée vénézuélienne elle-même. Au cours de la conversation, la sympathie gagne du terrain, et voici que nos gardes-côtes prennent à coeur qu'il ne nous arrive pas la mésaventure qui s'est produite lors du passage de Dean, la nuit du 17 au 18 août 2007.

La nuit où l'ouragan est passé au nord des Aves, un catamaran était ancré face à un îlot où un cocotier, une longue plage et une cabane de pêcheur agrémentent le paysage couleur lagon. Le catamaran avait sans doute mouillé un peu court et un peu trop près de la plage. Il est vrai que dans ces régions où le vent dominant est l'alizé d'Est, la plupart des équipages perdent leurs bonnes habitudes des pays où le vent est plus changeant. C'est ce qui arriva au capitaine de ce superbe catamaran. Lors de la bascule de vent quand Dean est passé, le bateau a fait volte-face se retrouvant l'étrave vers le sud-ouest, donc face au large. L'arrière du bateau s'est rapproché de la plage. Une houle de sud-ouest s'est levée. Les vagues grossisant et la direction du vent ont rapidement échoué le catamaran sur la plage. Les safrans et les self-drive ont tossé sur le sable. Rapidement, les structures arrière se sont enfoncées dans la coque, occasionnant des voies d'eau irrémédiables. Le capitaine n'a pu réagir, tout s'est passé trop vite. Les coups de boutoir de la mer ont endommagé toute la structure du catamaran. Il a fallu peu de temps pour que les occupants se rendent compte que le bateau était totalement irrécupérable.

Il y avait à bord, un couple et un enfant de dix ans. Les garde-côtes ont recueilli la famille, ils les ont rapatriés sur Puerto Cabellio, de là, ils sont allés sur Curaçao, d'où ils ont pris l'avion pour rentrer en France. Cette histoire fait froid dans le dos.

Les garde-côtes finissent leur rapport en nous disant que nous pouvons rester une petite semaine dans l'archipel, bien que pour le moment la règlementation n'autorise que 48 heures. Mais, ils nous mettent en garde: " si l'on vous voit autour de l'épave, vous ne serez plus les bienvenus ici."

Nous nous garderons bien d'aller sur l'épave, nous ne sommes pas des pilleurs et nous n'avons aucune envie d'être chassés d'ici! L'endroit s'est transformé en enfer pour cette famille et nous le regrettons pour eux. Cependant, par temps calme on a du mal à croire qu'une telle horreur puisse se passer, et seule l'épave nous rappelle que même au paradis, un marin doit rester vigilant.

Le temps se réduit comme peau de chagrin et il ne nous reste que quelques heures avant de laisser derrière nous les Aves. J'avoue que mon coeur se serre et que le retour à "la civilisation" se fait un peu à reculon. Depuis, notre départ en 2004, nous avons jeté l'ancre dans beaucoup d'endroits que l'on qualifie de paradisiaque. Je ne renie pas mon attachement à ces premières découvertes, ni aux îles des Antilles que j'aime profondément. Mais je dois avouer que depuis les Roques et surtout les Aves, nous avons découvert la tranquillité vraie, une vie simple, sans rien de plus que la nature et les éléments...

On ne peut rester toujours dans de tels endroits, nous avons déjà eu beaucoup de chance de pouvoir cumuler 90 jours entre Roques et Aves. Ainsi, le compte à rebours a enclenché son implacable comptage, et il va bientôt falloir partir. Pour profiter de ces derniers moments, où seul le bruissement de l'écume sur la plage d'à côté vient souligner la paix environnante, Dom part à la pêche, il me promet du poisson pour midi... Et... Il part sans fusil. Je reste au bateau, je me dis que c'est le moment idéal pour terminer l'article sur les Aves... Je me prépare à tapoter mon clavier quand j'entends une barque. Elle s'arrête tout à côté de l'étoile de lune. Nous sommes encore au Venezuela, et les anciens réflexes de sécurité me reviennent. Mais je vois simplement 5 grands gaillards un peu édentés qui me sourient. Ils font de grands signes. Et me lancent des "buenos dias amiga". Ca me rassure plutôt. Surtout que s'ils étaient mal intentionnés je ne vois pas vraiment ce que je ferais, vu que Dom a la tête sous l'eau à l'autre bout de l'île...

Ils me demandent en tenant deux cigales à la main, si j'ai des piles. Je me précipite dans le bateau pour trouver ce qu'ils demandent. J'essaye d'aller vite, on m'a raconté trop d'histoires où avec un tel scénario ça se passait mal... Mais la confiance prend le dessus, et en même temps je me souviens qu'un vieux pêcheur m'avait dit :"Nathalie, toi tu aimes la langouste, mais tu ne sais pas ce que c'est que la cigale... Tu verras, c'est le mets le plus fin que la mer puisse t'offrir. Mais hélas on n'en trouve plus..."

Je remonte sur le pont et me voici à échanger quatre grosses piles contre 2 cigales tant convoitées. En donnant les piles, les gars me demandent des cigarettes. Je m'exécute, pensant que 4 grosses piles contre 2 cigales, le marché n'était peut-être pas équitable. Mais en revenant, les pêcheurs remplissent mon seau d'une langouste supplémentaire. Ils ont un énorme sourire, et je pense que le mien l'est autant... Un échange simple et des rapports humains transparents, que demander de plus à la vie?

Je pense que les Aves ont trouvé là une bien jolie manière de dire '"au revoir" à L'Étoile de Lune. Je n'oublierai jamais cet échange. Je n'oublierai pas non plus les fous que nous avons vu couver puis la naissance des bébés telles des peluches blanches. Que dire de la baignade avec les dauphins? Des jours entiers de BONHEUR !!!

Après la carte d'identité des Aves, retrouvez les détails sur les mouillages des deux archipels.

Carte d'identité

  • Distance : 29 milles entre Cayo de Agua aux Roques et le phare de Barlovento, 33 milles d’Ave de Sotavento de Bonaire, 100 milles de Puerto Cabello, 15 milles entre Barlovento et Sotavento
  • Dépendance : du Venezuela
  • Superficie : Sotavento et Barlovento totalisent 100 km carrés d'eau encerclée de récifs et ponctuée de petits îlots coralliens couverts de mangrove pour certains et de sable avec quelques cocotiers pour d'autres.
  • Point culminant : la flore est composée de certaines espèces de palétuviers de grande taille. Une vingtaine de mètres pour certains
  • Faune : Principalement des oiseaux. Une colonie de plus d'un millier de fous, des hirondelles une famille de pélicans, ainsi qu'une panoplie presque illimitée d'échassiers de rivages de toutes tailles : hérons goliath, hérons verts et grands hérons ainsi que des bécasseaux dont les chevaliers gambettes, les chevaliers criards et autres pluviers...
  • Population :
    Barlovento : aucune présence humaine permanente. Des pêcheurs ont établi des campements sur un îlot de sable non loin du phare ainsi que sur isla oeste. Ils viennent régulièrement en lancha.
    Sotavento : présence d'un détachement de la guardia costa. Onze militaires se relayent tous les 50 à 70 jours.
  • Langues : Espagnol
  • Monnaie : Troc avec les pêcheurs, piles, cigarettes, bières, alcool... sont échangés contre langoustes, cigales et poissons frais
  • Approvisionnement : Totalement impossible. Il n'y a aucun commerce, pas le moindre témoignage de civilisation. Pêche possible au fusil harpon, à la ligne, à la palandrote ou à la traîne. Ramassage des coquillages permis. Cela dit, comme tout est permis, il reste peu ou pas de lambis, quasiment plus de langouste, quant-aux poissons ils sont encore là, mais il est de la responsabilité de chacun de veiller à la taille de ce que l'on pêche...
  • Formalités :
    Barlovento : aucune autorité ne vient jamais sur cet archipel. C'est peut-être l'endroit rêvé pour un exil volontaire?
    Sotavento : En 2007 la guardia costa ne permet pas de séjours plus longs que 48 heures pour tout navire ne présentant pas une autorisation délivrée par une des autorités portuaires du pays. Lorsque nous nous sommes présentés aux Aves, les formalités de douanes du Venezuela étaient dépassées et nos passeports non fermés. Cependant, expliquant les raisons pour lesquelles nous n'étions pas en règle, les gardes-côtes nous ont néanmoins octroyé 7 jours sur Sotavento avant de poursuivre notre route sur Bonnaire. Un seul conseil, lorsque vous accueillez les autorités à bord, adaptez-vous à l'humeur du moment avec sourire et bienveillance. Ils en feront autant à votre égard. Même si votre espagnol est aussi pauvre que le nôtre vous parviendrez toujours à vous faire comprendre.
  • Saison :
    L'hiver les alizés sont souvent costauds dans la région. Ceux-ci ne facilitent pas les navigations de retour vers l'Est pour ceux qui ne poursuivraient pas sur ABC.
    L'été, il faut garder un oeil sur les cartes météo. Les phénomènes cycloniques qui passent très au sud dans la mer des Caraïbes peuvent affecter le bien-être des navigateurs qui séjournent dans l'archipel. Le cas s'est présenté avec Charley et Earl en 2004, il s'est renouvelé en 2007 avec Félix. Des amis ont subi les affres de Felix dans le deuxième mouillage d’Isal Sur, ils n'ont pas eu à se plaindre du passage de l'ouragan au nord de leur position. Restez vigilants et si vous vous laissez prendre, assurez du mieux votre bateau en attendant que ça passe.
  • Particularité : Toutes les cartes papier ou électronique sont faussées. Prenez garde à ne naviguer que par temps clair.

Les mouillages des Aves

Mouillages des Aves de Barlovento

Navigation jusqu'au mouillage sous le phare :
Position GPS : 11°56.757 N 67°26.320W

Pour arriver sur Barlovento, mieux vaut choisir une journée sans grain et arriver aux heures où le soleil est au zénith. Ceux qui viennent des Roques, partent en général de Cayo de Agua. Il faut prendre garde a bien avoir repéré le tracé de sortie du mouillage de Cayo de Agua. Il est délicat. Prendre garde également à ne hisser les voiles qu'une fois sorti de la passe. Un ami s'est laissé piégé en hissant sa grand-voile au mouillage il a été très rapidement déporté sur le récif qui ceinture ce mouillage.

La navigation d'une trentaine de milles se fait rapidement, poussée par les vents et les courants. Bien souvent seul le génois ou le spi est nécessaire sur ce parcours.

A l'arrivée sur Barlovento, il faut prendre garde à bien arrondir la pointe du phare, celle-ci est débordée de hauts-fonds de sable. Pour les dériveurs intégraux il est possible de coupé au travers des hauts fonds qui parsèment le parcours entre la pointe et le mouillage. Nous préférons jouer la sécurité.

Lorsque la pointe du phare est débordée, nous visons l'ilot de sable qui est cerné de récifs. Il est remarquable par une cabane de pêcheurs abandonnée dans la partie Est de l'îlot. Nous cheminons dans les parties bleu sombre. Lorsque nous atteignons la hauteur de l'îlot en prenant garde de laisser les récifs à bâbord, nous piquons vers le sud, droit vers la mangrove.

Le mouillage disposé en arc de cercle s'appuie sur la mangrove. On peut mouiller l'ancre dans 3 à 4 mètres en approchant de la bande d'eau vert clair. Attention cependant, les fonds remontent rapidement afin d'éviter tout problème, il faut laisser une large bande d'eau entre la mangrove et le mouillage. On peut mouiller tout au long de l'arc de cercle. Le meilleur abri se trouve en face de la petite plage ceinturée d'arbres et sous le phare. Mouiller à bonne distance de la plage (pâtés de coraux visibles) dans 3 à 4 mètres d'eau sur fond de sable. À cet endroit-là, lorsque le vent souffle fort dehors vous serez bien abrité des rafales et de la houle. Par contre vous ne serez pas à l'abri de l'odeur forte de guano laissée par la colonie de fous.

Visite de la mangrove : Entrée par la passe est qui laisse assez de fond pour les dinghys. Nombreux méandres. Pour des informations précises sur la colonie de fous à pattes rouges référez-vous à l'article qui leur est consacré dans le site.

Balade possible : Dans la partie sud-ouest de la petite plage, un chemin traverse les arbres, il conduit à la rive au vent de Isla Sur. Possibilité de marcher sur tapis de pourpier maritime jusqu'au phare, puis jusqu'à la pointe ouest. Par temps calme, snorkeling sur la côte au vent.

Mouillage des monuments de bateaux
Position GPS approximative : 11° 56. N 67°25.6W

En venant du mouillage sous le phare, il faut se faufiler dans un couloir bordé de 2 récifs. À tribord vous aurez le récif qui fait la pointe de la mangrove du premier mouillage, à babord, le récif d'entrée du second mouillage. Vous logerez dans une vaste zone comprise entre des récifs à babord et de grands palétuviers sur tribord. Attention au centre du mouillage il y a une remontée de fond de sable. Par temps clair et aux bonnes heures, il est facile de s'y retrouver.

Il n'y a pas de plage où se balader. Par contre, à l'extrême Sud-Est du mouillage, lorsqu'on longe la mangrove en annexe, on découvre un minuscule tunnel sous les palétuviers. Vous le repèrerez au courant d'eau qui s'inverse à cet endroit là. Au fond du tunnel, une plage microscopique accueille votre annexe. En mettant pied à terre et en vous dirigeant plein Sud vous trouverez ce que nous appelons "le monument des noms de bateaux". Chaque équipage de passage dans les Aves peut laisser un bout de bois gravé, une pierre peinte... avec le nom de son bateau et les initiales de l'équipage. Libre cours à l'imagination de chacun, pour laisser une trace de son passage...

Mouillage Intermédiaire entre la barrière et le deuxième mouillage
Position GPS du mouillage : 11°56.80 N 67°25.40W

Pour pénétrer dans ce troisième mouillage, il vous faudra ressortir par où vous êtes entrés. Ou par une passe dans le Nord Est du mouillage. Le mieux est d'aller repérer en annexe avant.

Le plus simple est de passer au nord de l'ilot où se trouve la cabane de pêcheurs. Mis à part deux récifs à l'Est de la cabane, qu'il faut laisser sur tribord, la voie est libre. Se diriger dans l'Est-Sud-Est vers la barrière de corail. (cap 115 à 125). Le point d'entrée du couloir qui mène au troisième mouillage est au point GPS 11° 57 229 N 67°25.293W. A ce point, il faut quasiment virer à angle droit, et prendre un cap 240. Vous aurez à bâbord et à tribord du récif, il suffit de rester dans l'eau bleu sombre. A la sortie du chenal vous serez au point 11°56.989N 67°25.426W .

A partir de ce point vous pouvez vous diriger vers le Sud et trouver votre aire de mouillage face à la barrière de corail et le long de la mangrove. Ce mouillage est abrité de la houle, mais n'est pas à l'abri d'un fort clapot lorsque les alizés sont soutenus. Mouillage de bonne tenue.

Mouillage au bord de la barrière principale.
Position GPS du mouillage : 11°56.866N 67°25.039W

Pour accéder à ce mouillage où l'eau est couleur piscine et si difficile d'accès que vous vous y retrouverez seuls le plus souvent, il faut suivre les points GPS que je vous donne. Un tour de reconnaissance en annexe vous évitera de tomber dans l'écueil.

L'entrée du premier chenal est au 11°56.950N 67°25.394W. Le chenal n'est pas épais et on a la sensation d'être dans un labyrinthe, mais il y a assez d'eau ( de 4 à 5 mètres) à tous les points GPS que je vous communique.
Il suffit de les suivre en négociant un premier coude sur tribord, au point :
11° 56.975N 67°25.250W.
En piquant plein Sud vous vous trouverez un chenal d'une vingtaine de mètres dans lequel vous trouverez 5 mètres d'eau.
Au bout du chenal, au point GPS 11°56.923N 67°25.039W vous êtes arrivés dans la piscine, il ne vous reste plus qu'à choisir votre place... Mouillage de bonne tenue.
Autre mouillage au Nord de la barrière de corail
position gps : 11°57.019N 67°25.077W

Mouillages des Aves de Sotavento

Les mouillages de cet archipel sont plutôt rouleurs et ne présentent aucun abri contre le mauvais temps. Assurez votre ancrage en cas d'alizés soutenus ou de survenue d'orages.

Mouillage sous le phare au Nord de l'archipel
Position GPS : 12°03.573 N 67°41.288W

Les récifs qui bordent les deux îlots qui n'offrent qu'une protection précaire contre la houle par vent soutenu, empêchent de s'approcher de la plage. Il faut donc mouiller à bonne distance des îlots. Deux îlots de sable, belle plage en croissant de lune, monter au phare pour faire la photo de votre bateau sur tapis couleur lagon, pélicans, et cocotiers.

Mouillage sous Long Island
Position GPS : 12°02.538N 67°40.702W

Immense plage de sable fin, sous le seul cocotier de l'île un catamaran s'est échoué lors du passage de Dean plus au Nord. Cabanes de pêcheurs. Lorsqu'ils sont là, ils échangent le produit de leur pêche contre des produits de leur nécessité.

Mouillage Isla rond
Position GPS : 12°01.446N 67°40.765W

Mouillage entre un îlot à l'Est qui abrite une cabane de pêcheurs et des montagnes de coquilles de lambis et un îlot à l'ouest favec une touffe de cocotiers. S'avancer le plus possible dans l'enclave, mais prendre garde des récifs à bâbord et à tribord. Il est impossible de poursuivre la route entre les deux îlots, ils sont reliés par une barrière de corail.

Texte écrit par Nathalie Cathala et mis en page par Dominique Cathala en octobre 2007 - Tous droits réservés
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