Sommaire Introduction Reportage Excursions

FICHE PRATIQUE

(toutes les informations ont été recueillies en avril 2010)

TRAVERSEE PANAMA-GALAPAGOS

Ce passage est réputé se faire au moteur, en raison de la présence du pot au noir, de ses calmes et de ses orages subits. Le grand ténor de la météo ne sera pas cette fois le vent, mais les courants! Les veines de courants sont connues et répertoriées. Ce sont de réelles rivières dont le flux peut vous être favorable ou défavorable. Dans le premier cas, la traversée n'en sera que meilleure. Pour ceux qui s'engluent dans les contre-courants, rien ne sera facile...

A savoir : les fronts froids qui sévissent dans le golf du Mexique, lorsqu'ils sont forts peuvent influencer la zone et envoyer des vents de Nord assez loin sur la route. Il est recommandé de partir avec un front qui si vous avez de la chance vous poussera jusqu'au moment où vous trouverez les alizés de Sud-Est

A cause des deux facteurs précités (ZIC et courants) il est recommandé de ne pas planifier une route directe. Le mieux est de piquer plein sud. Selon le moment de l'année les courants favorables passeront soit à l'est, soit à l'ouest de Malpelo. On trouvera les alizés du sud-est en se rapprochant de l'équateur, autour du 2°Nord.

Nous sommes partis à 9 heures, le 16 mars 2010 de Isla Del Rey aux Perlas et sommes arrivés le 23 mars 2010 à 15 heures. Nous avons effectué 993 milles nautiques en 176 heures dont 137 heures à la voile et 39 heures de moteur. Moyenne 5,6 noeuds avec seulement 20% de moteur.

Nous avons particulièrement soigné la météo. Pas seulement sur le plan des vents, mais aussi en matière de courants et de positionnement de la ZIC. Actuellement, des sites Internet tels que www.buyoweather.com donnent toutes les informations concernant les courants. Les photos satellites, à condition de les consulter régulièrement avant le départ, donneront une idée de sa structure et de sa fluctuation.

Pour les radio-amateurs, les contacts avec le Réseau du Capitaine sont des plus utiles. Pour nous, ils se sont avérés déterminants. Grâce à leur suivi quotidien nous avons évité les contre-courants et sommes passés au travers de la Zic sans subir le moindre orage.

www.lereseauducapitaine.qc.ca

A titre indicatif, voici le schéma de la route suivie.

 


APPROCHE DU MOUILLAGE PUERTO VILLAMIL

MOUILLAGE

Le mouillage de Puerto Vilamil est relativement bien protégé par les îles Tintoreras. Néanmoins par brise établie et houle venant des tempêtes sévissant loin dans l'hémisphère sud, la houle entre et rend le mouvement du bateau erratique.

Attention, le mouillage réellement abrité est très limité en taille. Les bateaux doivent faire attention aux nombreux récifs qui jalonnent l'entrée et soigner leur approche. A l'intérieur du mouillage, ils seront tentés de s'enfoncer vers l'est pour se mettre à l'abri de la houle. Ils oublient souvent le phénomène de marée et doivent en catastrophe plier en retraite à marée basse (marnage de 2 mètres à 3 mètres). Tout le fond de la baie à l'est est tapissé de rochers émergeant à marée basse. La moitié nord de la baie est inutilisable en raison de rochers affleurant à marée basse. En tout, une petite dizaine de bateaux peuvent trouver abri, au-delà de ce chiffre, les bateaux devront se résigner à loger dans la houle.

Point GPS d'une place abritée : 0°57.93S 90°57.77W

Approche par le Nord Est, tracez une ligne entre les différents deux points suivants.

Point au sud de Santa Cruz : 0°46.6 S - 90°12.6 W et 1°S - 90°50 W

Vous passez sous l'île de la Tortuga (demi cratère ouvert vers l'est)

Relier le point 1°S - 90°50 W aux deux points suivants : 0°57.9 S - 90°58.2 W et 1° S - 90°58.6 W

Naviguer à vue, et par bonne visibilité.

En 2010 deux bouées (rouges et vertes) fonctionnent de nuit et marquent l'entrée des gros cargos. Nos points passent à l'extérieur de la bouée rouge où il y a suffisamment de fond. Attention, on sait à quel point dans ces pays le balisage peut disparaître du jour au lendemain!

ATTENTION :
- Laissez une vaste zone autour de la bouée d'amarrage à l'entrée du mouillage. Les cargos d'approvisionnement y amarrent l'arrière pour rester face à la houle.
- Baignade dangereuse dans le mouillage. Avant de rejoindre les otaries joueuses, observez le trafic des barques rapides. Lors des livraisons, il n'est pas recommandé de se baigner. Le matin tôt, les navettes inter-îles passent à toute vitesse.


DES FORMALITES PLUS QUE PITTORESQUES!

Informations détaillées pour l'archipel des Galapagos

J'étais surprise de ne pas trouver,avant de m'y rendre, d'informations claires sur les formalités aux Galapagos. En pratiquant le culte des formalités sur place, j'ai compris toute la problématique.

En résumé, sachez que les Galapagos sont une escale de luxe, la plus chère que nous ayons connue en six ans de voyage, mais cela vaut le coup.

LA REGLEMENTATION ECRITE

Des règles existent, elles sont clairement exprimées et se trouvent facilement sur Internet.
http://galapagosonline.com/yacht.htm

Pour toute question ou actualisation contacter : naugala@hotmail.com (anglais ou espagnol)

UNE REGLE SIMPLE

Cinq ports d'entrée aux Galapagos :
- Baltra, Puerto Ayora sur Santa Cruz
- Puerto Baquerizo Moreno sur San Cristobal,
- Puerto Villamil sur Isabela,
- Puerto Valesco Ibarra sur Floreana.

Tout bateau privé entrant dans les eaux territoriales des Galapagos a droit a 20 jours dans le port d'entrée qu'il aura choisi. Il ne pourra sortir de ce mouillage. Pour moins de 10 personnes aucun permis spécial ou autografo n'est nécessaire à tout bateau qui reste dans le port d'entrée de son choix. Si les occupants d'un bateau privé sont plus de 10 personnes, il faut alors demander un permis spécial avant d'entrer dans les eaux territoriales.

contact : info@galapagosonline.com

APPLICATION DE LA LOI ET SES INTERPRETATIONS

Tout serait donc simple dans le meilleur des mondes, si le facteur individuel ne prenait le dessus. Sur tous les bateaux interrogés, aucun n'a eu la même expérience en matière de formalité. Et l'ensemble des données ne m'ont pas permise d'éditer une règle de calcul simple et claire pour déterminer le prix moyen de la clearence.

Chaque cas devient particulier. Le parcours et l'addition pour obtenir l'autorisation de séjour dépendent des capitaines de port (ils changent tous les deux ans), mais aussi des agents, dont le rôle d'intermédiaire est obligatoire. La capacité à négocier de l'équipage de passage, sera lui aussi un élément, important qui influencera le montant de l'addition finale.

Ce que l'on nomme "port d'entrée" est une zone plus ou moins vaste de mouillage. A savoir que les mouillages prévus pour les bateaux de passage sont très aléatoirement protégés de la houle. Tous les mouillages se font sur ancre.

Seulement deux ports d'entrée sont véritablement actifs. Puerto Ayora sur Santa Cruz et Puerto Baquerizo Moreno sur San Cristobal. Après une petite enquête auprès des marins c'est à San Cristobal, qui est le centre administratif des Galapagos, que les formalités sont les plus simples.

OVER-TIME

N'oubliez pas la pratique généralisée de "l'over-time". Se présenter un samedi, dimanche ou jour férié incrémentera une surtaxe au coût déjà "salé" des formalités.

TARIF DE L'AGENT

Un équipage en transit ne peut, en général, pas prendre contact directement avec les autorités. Un intermédiaire agréé est requis. Les agents ne sont présents que sur les îles de San Cristobal et de Santa Cruz. Leur tarif est négociable. La plupart des agents demandent 150 dollars quelle que soit la prestation. Certains équipages (rares) sont parvenus à faire descendre la commission jusqu'à 60 dollars. La moyenne se situe autour de 100 dollars.

DROIT D'ENTREE BATEAU ET EQUIPAGE

Le droit d'entrée aux Galapagos se paye en fonction du tonnage. Malheureusement, je ne peux vous donner de règle de calcul. Deux bateaux équivalents de notre connaissance n'ayant pas subi le même ratio, alors qu'ils effectuaient leur entrée la même semaine. Nous-mêmes, nous n'avons jamais reçu une facture détaillée, nous permettant de comprendre le fonctionnement. En gros, la facture globale comprend un droit payé en fonction du poids et de multiples charges pour l'utilisation des infrastructures de l'archipel (poubelles, balisages, bouées (tout le monde est à l'ancre)...)

Les droits d'immigration coûtent, en moyenne, 15 dollars par personne.

Voici quelques exemples de "cuentas" pour des séjours aux Galapagos :

Un bateau de 30 tonneaux avec 2 adultes et 2 enfants à bord a payé pour son séjour 1000 dollars. Cela comprenait les entrées de parc, l'autografo, un permis de séjour pour les personnes de 3 mois et un permis de croisière de 45 jours.

Un bateau de 15 tonneaux a payé pour deux adultes avec entrées de parc, autografo et permis de croisière d'un mois 830 dollars.

Un bateau de 12 tonneaux a payé pour deux adultes avec entrées de parc, autografo et permis de croisière d'un mois 620 dollars.

Un bateau de 9 tonneaux, avec deux adultes à bord, sans demande d'autografo, sans entrée de parc a payé pour 20 jours à San Cristobal, 207 dollars.

Détail de la facture : 85 dollars pour le bateau, 15x2 dollars d'immigration, 12 dollars (inexpliqués), 80 dollars pour l'agent.

Un bateau de 11 tonneaux, avec deux adultes à bord, avec entrée de parc, sans autografo a payé pour un séjour de 22 jours : 35 dollars pour le bateau, 25 dollars d'usage de bouées et balises, 15 x 2 d'immigration, 110 dollars d'agent, 100 dollar par personne de parc soit en tout, 400 dollars.

Addition pour l'Etoile de Lune à Isabela (2 personnes)

Formalités : 260 dollars parc compris.

Excursions pour deux : 100 dollars (Tunnels), 70 dollars (volcans), 20 dollars (Tintoreras)

Gasoil : 60 dollars (40 gallons)

Coût pour 22 jours (hors frais quotidiens, nourriture...) : 510 dollars.

(rappel : année de référence 2010)

AUTOGRAFO

Pour obtenir le droit de changer de mouillage, il est impératif d'obtenir un autografo. Celui-ci s'obtient, soit avant votre arrivée aux Galapagos (Depuis Salinas ou depuis Panama), soit en arrivant à San Cristobal. L'obtention de ce permis est plus ou moins long selon les circonstances en cours lors de votre demande.

Le coût moyen d'un autografo est de 300 dollars (100 dol pour l'agent, 200 dol pour l'autorisation)

L'autografo donne droit à un bateau privé de mouiller dans trois ports :
- Puerto Ayora sur Santa Cruz
- Puerto Baquerizo Moreno sur San Cristobal,
- Puerto Villamil sur Isabela

Rappel : sans autografo, le bateau en transit devra rester tout au long de son séjour avec un maximum de 20 jours dans le port où il est arrivé. A savoir que certains agents, selon leur "humeur", vous certifieront que vous n'avez pas droit à l'autografo.

En cas d'obtention d'un autografo, un plan de croisière vous sera demandé. Inutile qu'il soit d'une précision à toute épreuve avant d'arriver. Un courriel envoyé à votre agent, un ou deux jours avant de naviguer dans les eaux des Galapagos, suffira.

Malgré que vous soyez munis d'un autografo (payé en bon et due forme), vous devrez vous signaler aux capitaineries des divers ports que vous fréquenterez. En général, il vous sera demandé de repayer une entrée à chaque île visitée. Dans ce cas, les données les plus fantaisistes me sont parvenues. Le tarif d'entrée (inter-île) se référant parfois au poids, au tonnage ou à la longueur, voire au nombre de passagers (???). Ainsi un bateau se présentant sur Isabela, s'est vu infliger, en plus de l'addition déjà bien dodue de son entrée générale dans l'archipel, une taxe d'entrée de 140 dollars. Après un appel téléphonique à son agent, la taxe est passée miraculeusement à 13 dollars (re- ???)

FUMIGATION

A Panama, le bruit court entre bateaux, qu'il faut effectuer une fumigation avant d'arriver aux Galapagos. Le bruit, dit aussi qu'il vaut mieux le faire à Panama et que cela coûte moins cher qu'aux Galapagos. L'angoisse monte!

Cette fumigation est une belle "fumisterie". Contre un papier sans contrôle, sans acte particulier, vous vous délesterez de 25 ou 50 dollars à Panama.

En fin de compte, aux Galapagos, les autorités du parc se présentent au bateau et nous demandent la permission de monter à bord. Avec de grands sourires, nous le mettons à l'aise en le complimentant de :

"Bienvenudo..;" et de "Con mucho gusto... yo soy Natalia, el capitan es Domingo..."

L'employé du parc, cordial et un peu coincé, dépose un bel imprimé sur notre table de cockpit et nous pose des questions sur ce que nous avons à bord en denrées, d'où nous venons, où nous allons? Et, vient la question fatidique :

"Quand avez-vous effectué votre dernière fumigation."

Je descends, je m'empare d'un gros agenda (où je colle tout un tas de photos ramassées dans les centres touristiques) Je regarde sérieusement le planning de l'année et sans sourciller je lui réponds :

"Nous l'avons fait le 24 février à Panama City."

Pas la peine de s'angoisser pour ça! Rien de compliqué! Tout se passe dans la bonne humeur...

Il suffit de rentrer dans le jeu. Ils font leur boulot, ils appliquent des règlements qu'ils comprennent à peine et dans tout cela, il faut se faufiler, un peu à la manière d'une otarie : en souplesse!

PRIX D'ACCES AU PARC

Quatre vingt dix sept pour cent du territoire des Galapagos fait partie du Parc national, l'accès au parc est payant.

Certains sont tentés d'esquiver cette taxe, qu'ils sachent que les autorités du parc sont partout présentes et susceptibles à n'importe quel moment de vous demander votre preuve de paiement (nous avons eu droit à plusieurs contrôles durant le séjour). De plus, les professionnels du tourisme s'adonnent facilement à la dénonciation lorsqu'ils repèrent un contrevenant. A la clé, de grosses amendes.

A Isabela, il est impossible d'échapper aux frais du parc. Le capitaine du port vous y en enjoint fortement. Sans paiement du parc, le rayon d'action est limité au village.

Par contre, sur San Cristobal, les aires en accès libre paraissent plus nombreuses, et des visites sont possibles en dehors du parc. Sur Santa Cruz, il en est de même. Renseignez-vous sur place.

Prix par personne d'accès au Parc : 100 dollars.

REGLEMENTATION DE MOUILLAGES AUX GALAPAGOS

Au risque de me répéter, il existe, en tout et pour tout, trois possibilités de mouillages pour les bateaux privés. Ils se situent sur San Cristobal, Santa Cruz et Isabela-Puerto Villamil. Les bateaux de passage peuvent accéder aux autres mouillages. Dans ce cas, les droits d'accès sont extrêmement chers (je n'ai pas pris la peine de prendre les ratios, il y avait trop de zéros pour moi!). En plus de ce permis de croisière spécial, l'équipage devra embarquer un guide payé 100 dollars par jour et se plier aux règles édictées par le Parc National.

Certains bateaux ont tendance à aborder cette règlementation avec désinvolture, tentant d'y échapper et de mouiller où bon leur semble. Ceux-ci prennent le risque de se heurter à deux lois. Celle de la protection de l'environnement et celle du protectionnisme des activités touristiques locales.

Les charters de tourisme sont les seuls à pouvoir accéder aux autres mouillages.

Ils s'engagent, tout au long de l'année, à embarquer des guides assermentés qui ont pour rôle de veiller à ce que l'activité du bateau ne dégrade pas l'écosystème. Ils payent également de lourdes taxes pour exercer leur activité. Ils n'aiment pas voir des bateaux étrangers enfreindre les règles. Lorsque les capitaines de bateaux charters surprennent un bateau privé en dehors des zones autorisées, ils sont plus que mauvais. Ils viennent d'abord vérifier s'il dispose d'une autorisation d'être là. Dans la négative, ils lui envoie sur le champs les autorités.

RAPPORT AVEC LES AUTORITES et LES AGENTS

En général tout se passe dans une cordialité diplomatique. En réalité, le rapport de force se situe dans l'art de négocier avec fermeté, mais sans aucune hostilité. Les locaux (y compris les officiels) tentent leur chance de gagner des dollars. Vous jouez votre budget. Il faut trouver un terrain d'entente. Le cocktail des humeurs réunira sourire, souplesse, diplomatie et parfois acceptation d'une corruption sous-jacente.

Sur les îles de Santa Cruz et de San Cristobal, la procédure des formalités est grandement facilitée par la présence d'agent. Par contre, le tarif est alourdi de leur commission. Vous n'êtes pas obligé de subir la loi du plus cher. Le choix des agents est large. Si certains tarifs ne vous conviennent pas, ne vous précipitez pas entre les dents des requins cupides, passez au suivant et faites marcher la concurrence.

Pour toute affaire négociée, demandez une facture. Les écrits restent et sont en général détaillés. Que vous fassiez les formalités, achetiez de l'eau ou du gasoil... demandez le détail écrit. Cela refroidira les esprits et vous aurez une base de discussion.

Sur Isabela, il n'y a pas d'agent. Vous êtes en rapport direct avec les autorités. Nous reviendront sur ce sujet dans la prochaine rubrique.

Remarque:
Si les relations avec les agents et les autorités sont cordiales, il n'en est pas toujours ainsi avec les employés de charters. Ils nous considèrent comme une concurrence et nous le font sentir. Vous n'avez pas le choix, vous êtes chez eux. S'ils remarquent que vous n'abusez pas, que vous vous pliez aux règles et n'essayer pas de resquiller à tout bout de champ, les relations se détendent rapidement.

AUTRES SOLUTIONS MOINS ONEREUSES

Certains bateaux seront tentés de venir aux Galapagos espérant ne rien y payer. Cette pratique n'est pas impossible, mais elle est soumise à de forts aléas.

Deux cas concrets et vécus de visu:

Dans la baie où nous étions, un bateau a pu rester quelques jours sans se manifester aux autorités, jouant la carte de "pas vu, pas pris". Les autorités sont passées dans le mouillage relevant son nom, mais il n'a pas été inquiété.

La semaine suivante, deux voiliers avec enfants ont tenté la même expérience. Lors d'un débarquement à terre, un officier les a abordés. Ils ont dû remettre les papiers du bateau à l'officier qui leur a demandé de repasser le lendemain au bureau de douanes. Ils ont reçu le droit règlementaire qui autorise 72 heures sous pavillon Q. Dans ce cas-ci les autorités ne se sont pas montrées agréables et ont bien fait sentir aux équipages qu'ils auraient pu être beaucoup plus méchants.

Sachez que, si votre choix se porte sur cette solution de séjour, vous pourrez effectivement rester à l'ancre, regarder depuis votre bateau le paysage, mais que toute excursion dans le parc national vous sera interdite. Après avoir entendu le témoignage de plusieurs bateaux qui ont choisi ce type de séjour, tous étaient déçus des Galapagos... Mais ils n'en ont presque rien vu!

CAS SPECIFIQUE D'ISABELA

Droit de séjour et comportement vis à vis des autorités

A l'approche il convient d'appeler les autorités sur le canal 16. Une surveillance du mouillage est opérée. Une lancha passe régulièrement, le militaire à bord prend note des noms de bateaux. Lorsque vous vous présentez à la capitainerie, il pourrait vous être reproché de ne pas vous être signalé sur le 16.

Au vue des textes édictés sur la règlementation des Galapagos, un bateau ne passant pas, par San Cristobal pour sa demande d'autografo, pourrait, en théorie, directement arriver sur Isabela et y effectuer son entrée.

Dans la réalité, les autorités locales n'aiment pas voir arriver des bateaux non munis d'autografo.

Les raisons sont multiples :
- La capitainerie ne dispose pas d'un matériel performant pour enregistrer les bateaux. Néanmoins, ils effectuent le comptage des bateaux de passage et à leur contrôle.
- Le contrôle de l'immigration n'étant pas représenté sur l'île, les équipages doivent être munis d'un visa préalablement établi par les autorités équatoriennes.
- Il n'y a pas d'agent sur Isabela. Or, la règlementation équatorienne exige que les équipages de bateaux privés passent par un agent. Les autorités locales ne pouvant être en relation directe avec les étrangers.

Certains bateaux parviennent à faire leur entrée directement à Isabela, d'autres sont rejetés. Cette procédure est soumise à tant d'aléas qu'il ne faut s'y risquer qu'avec une patience d'ange, une détermination sans faille, un sourire à toute épreuve et un plan "B" en cas de refus.

ATTENTION :

Ne jamais se présenter à Isabela sans avoir au préalable contacté un agent agréé, il est le seul à pouvoir infléchir les volontés du capitaine.

Adresse utile : naugala@hotmail.com

En tout état de cause, un autografo améliore passablement l'humeur du capitaine.

Les bateaux munis d'un autografo ont droit de séjourner à Isabela sans être inquiétés par les autorités. Ils pourront également effectuer la sortie du bateau, mais ne pourront pas fermer leurs passeports. Un retour à Santa Cruz pour les zarpés de sortie est d'usage parmi les bateaux munis d'un autografo.

Une remarque :

Un bateau ayant effectué ses formalités à San Cristobal ou Santa Cruz, peut, en chemin vers les Marquises s'arrêter à Isabela. En général, il simulera une urgence ou une panne. Les autorités lui accorderont 72 heures. Cette "largesse" n'est pas obligatoire. Certaines années, le capitaine d'Isabela aura un peu trop vu de bateaux en panne et il refoulera ceux qui tentent ce subterfuge. Parfois, les autorités demanderont une preuve de la panne et monteront à bord pour inspection.

Autre solution pour venir à Isabela.

La plupart des équipages choisissent de laisser leur bateau à l'ancre à San Cristobal et de s'offrir des visites guidées. Les tours proposent 3 jours sur 4 îles. Le tarif varie entre 350 et 450 dollars par personne, repas inclus.

 

APPROVISIONNEMENT ET VISITES DE SAN CRISTOBAL

(Informations recueillies auprès d'Yveline et Hervé du bateau Papa Djo)

Confort à l'ancre :

Au moment de leur passage, le mouillage n'était pas très rouleur. Par contre, deux semaines plus tard, le bateau "Flash5" qui y séjourna s'est plaint du peu de confort à l'ancre. A cause des effets de houle, le bateau Riga2 a vu un "water taxi" s'approcher trop près de sa jupe arrière et déformer sa plage en aluminium.

(Remarque : le champion toute catégorie en terme de mouillage inconfortable est, de l'avis de tous, Santa Cruz. Certains bateaux l'ont qualifié de dangereux en raison du nombre de bateaux et de l'inconscience de certains capitaines très motorisés)

Visites de l'île.

Sans payer le parc, il est possible de faire quelques visites sur l'île qui est "mignonne et agréable". Les taxis sont bien organisés et prennent entre 20 et 30 dollars pour une excursion de 6 heures, repas compris. La visite comprend une balade au volcan, l'entrée au refuge des tortues géantes et une escale vers une plage.

L'attraction majeure de San Cristobal est la population de lions de mer. Tous les jours, ils font la sieste sur la plage tout à côté de la capitainerie. Sur les bancs publics, dans les rues de la ville, les otaries sont chez elles. Elles sont un peu agressives et insistantes, il faut se méfier et ne pas les approcher de trop près. Sans entrer dans le parc, il est également possible de voir des iguanes marins et des tortues marines.

Facilités à San Cristobal

- Water taxi: impossible d'utiliser son annexe, il faut impérativement utiliser le système de lancha qui est très bien fait : 0,50 dollar le trajet.
- L'internet offre un bon débit, avec possibilité de wifi, pour 1,70 dollar de l'heure.
- Les restaurants locaux offrent l'almuerzo (midi) pour 2 dollars
- Supermarchés et marchés locaux : vaste choix de fruits et légumes à bon prix, la viande est correcte aussi.
- Plein d'eau : demander les bombonnes cachetées (eau traitée et potable) 3 dollars pour 20 litres
- Plein diesel : prix à négocier.

A la pompe le diesel coûte 1,16 dollar le gallon, prix pour les locaux. Les bateaux de passage étrangers ne peuvent en profiter. Le tarif étranger est annoncé à 3,80 dollars le gallon. Négocier le prix permet de descendre à 3 dollars.
(rappel : année de référence 2010)

I S A B E L A

La place d'Isabela dans l'archipel.

Isabela, à l'extrême ouest de l'archipel, est la plus grande des îles en superficie et l'une des moins peuplées des quatre îles habitées. Sur les 30 000 habitants de l'archipel, 2500 vivent sur Isabela en 2010.
La densité de population augmente régulièrement.
En 1950, l'archipel comptait 1340 habitants.
En 1970, la population des Galapagos dénombrait 4000 habitants, tandis qu'en 2001, ils passaient à plus de 18 000. Dans le même temps, les Galapagos attirèrent chaque année plus de touristes. En 1970, 4000 visiteurs débarquèrent sur l'archipel, en 2001, le nombre fut multiplié par 20, avec  77 000 touristes et la fréquentation doubla en 2006 avec 145 000 vacanciers.

Le tourisme aux Galapagos

En 2010, les soubresauts économiques mondiaux ralentissent l'activité touristique aux Galapagos. Ce qui fait dire aux locaux auxquels on demande si nous sommes en basse ou haute saison :
« We are in the crisis season.»

Les deux îles les plus affectées par le tourisme sont San Cristobal et Santa Cruz. Néanmoins, l'archipel qui affiche toutes les caractéristiques requises pour devenir un second "Virgin Island" lutte pour maintenir un tourisme acceptable. En effet, l'archipel fait d'îles et d'ilots est baigné d'un climat propice à la navigation tranquille (nonobstant la houle permanente). Des bases nautiques pourraient être tentées de s'y installer. Pour le moment et de plus en plus, les autorités empêchent ce développement qui serait nuisible à la faune et à la flore endémique.

L'archipel tente de garder une étiquette de « tourisme vert» :
- La capacité hôtelière est réduite. Il n'est pas permis aux gros complexes de s'y tailler la part de lion. Les infrastructures restent « familiales ».
- Les casinos ne peuvent s'y implanter.
- Certaines îles ne sont pas accessibles pour les touristes et les habitants. La nature seule y est maître, et seuls quelques scientifiques autorisés peuvent y faire de brèves incursions.
- Le tourisme « de masse» est cantonné à deux îles principales avec une extension contenue sur Isabela et Floreana.
- Des règles strictes sont édictées afin de canaliser le comportement des touristes. Le but est de limiter au maximum l'invasion d'espèces indésirables qui détruisent l'écosystème. Il tend aussi à éduquer les visiteurs afin qu'ils ne détruisent pas, par inconscience ou négligence, la richesse de cet environnement particulier.

Ainsi, le tourisme n'est pas très développé sur Isabela. Les plages sont désertes. Nous sommes restés des heures seuls sur les chemins de randonnée. Isabela garde encore une ambiance recluse. Mais le « gouvernement municipal» affiche ses intentions de croissance. Leur mot d'ordre : « Isabela Crece por ti» est à mettre en parallèle avec son autre adage préféré :  « Le futur et le présent dépendent de nous.»

Le quotidien d'Isabela

Les semaines de l'île sont rythmées par l'arrivage du cargo qui ravitaille l'île. Il y a peu de temps encore, cet arrivage ne s'effectuait que deux fois par mois. A présent, chaque dimanche, l'île peut compter sur un approvisionnement qui tente de s'élargir avec le temps. Ce jour là, tous les bras forts de l'île travaillent à l'unisson.

Il n'existe aucun quai où les cargos et les tankers puissent s'amarrer. Si le gasoil est livré « à l'ancienne», il en est de même pour tout produit manufacturé qui se trouve sur l'île : matelas, voitures, cuisinières, télévision. Chaque dimanche, le mouillage est le théâtre d'une chorégraphie unique mettant en scène toutes les barques motorisées de l'île afin d'acheminer à terre, les produits de consommation. Lorsque la houle du Pacifique est forte, ce ballet s'apparente à un spectacle d'acrobatie où les marchandises virevoltent du cargo vers les barques qui surfent jusqu'au quai où les marins jonglent plus qu'ils ne débarquent les victuailles qui trouvent un acheminement à travers le village sur tout ce qui roule : voitures, camionnettes, vélos, tricycles à charrettes...

Il faut assister à la livraison du diesel!

Un tanker s'installe, dans la houle permanente, dans l'aire de mouillage réservée aux gros tonnages. Une barge, tirée par une barque en fibre munie de moteurs de 75 chevaux, trimbale une citerne de 12000 litres. Ce harnachement laborieux effectue des dizaines d'allers-retours entre le port de pêche, où la citerne est déversée dans un camion, et le tanker. Le plein de gasoil et d'essence pour l'île prend 2 jours et demi. A certains moments, les habitants se réservent le droit de ne pas livrer les étrangers pour privilégier la consommation locale.

Question confort domestique, malgré le pont maritime hebdomadaire, les habitants doivent encore se suffire du nécessaire. Les denrées de base sont livrées, quant au superflu et au vaste choix, ils ne sont pas de mise. Ils en sont encore à attendre le ciment, les tuyauteries, et divers matériels pour finir leur maison. Ainsi, souvent les demeures affichent un cachet temporairement inachevé à long terme.

L'électricité est généralisée et provient d'une centrale alimentée au diesel.

Depuis quelques années, une station d'épuration de l'eau a été installée. L'eau de pluie, qui s'achemine par les nombreux cours d'eau souterrains, est recueillie et traitée pour une consommation sécurisée. Willermot avec qui nous avons fait connaissance et qui habite depuis 28 ans sur l'île nous confiait que c'était une réelle avancée. Avant, l'eau était boueuse et parfois impropre à la consommation. Aujourd'hui, toutes les maisons ne disposent pas de l'eau courante. La corvée d'eau existe encore. Mais, les habitants sont certains de pouvoir la consommer sans crainte de maladies.

Dimanche, sortie de messe.

Le dimanche est aussi jour de messe. Les habitants semblent particulièrement croyants. A Pâques, ils disposent devant leur maison (et même devant la Police municipale) des tables drapées de blanc où est exposée une reproduction du Christ en pleine souffrance. Les bougies finissent la décoration. A la sortie de la messe, les femmes endimanchées sont tout sourire, les mains chargées de bouquets de fleurs et l'âme allégée...  

Isabela, timidement,  entre dans l'aire du mercantile.

L'atmosphère ambiante est très calme. Les grandes allées de sable bordées de maisons, en attente de matériel, ne s'abandonnent jamais aux grandes effusions. La population est discrète, presque timide, mais cordiale. Ils vivent tous comme une grande famille. Cette ambiance solidaire se ressent si bien, que plusieurs fois, j'ai eu la sensation de pénétrer dans une intimité dense, presque sauvage. Willermot nous confirmait ce trait de caractère. Il disait qu'aujourd'hui encore, lorsqu'un villageois avait un problème de santé et qu'il devait être transféré pour soins sur le continent, la population se cotisait pour l'aider à faire face aux dépenses.

Willermot disait aussi que malgré cette subsistance de solidarité, digne des plus anciens villages, il ressentait les changements dus aux apports externes. Il y a vingt ans, l'argent circulait peu entre les membres de la communauté. La vie était faite d'échanges. Une compétence contre un régime de bananes. Un lot de papayes contre un service. Aujourd'hui, les rapports sont plus commerciaux. 

FACILITES

Les horaires sont aléatoires:

Ne vous fiez pas aux heures d'ouverture mentionnées sur les devantures ou que les vendeurs vous donneront. Elles sont susceptibles de changer, pour cause d'humeur, de sieste, ou de "pas envie".

- Service de "water taxi" non obligatoire, mais existant.

- Annexe : le ponton des annexes se trouve à l'intérieur du port de pêche à l'est du mouillage. Il n'est pas pratique et il faut garder à l'esprit qu'à marée basse, les rochers coupants affleurent. Mieux vaut assure le dinghy avec une ancre arrière.

ATTENTION :

- Ne pas utiliser le ponton qui prolonge la capitainerie (à l'ouest du mouillage), l'accès est rendu difficile en raison de hauts fonds, le quai n'est pas entretenu et dangereux.
-N'oubliez pas les marées! La première fois que vous vous rendez au ponton des annexes, assurez vous d'une bonne visibilité, à marée basse, à certains endroits une annexe ne passe pas.
- Pas de supermarché, pas de marché aux fruits et légumes

- Tiendas

Pour faire les courses plusieurs tiendas sont ouvertes tous les jours.

L'approvisionnement dépend du cargo qui vient une fois par semaine, en général le dimanche.

Danielita sur la route "Las fregatas"
Fait petite supérette, serait la plus propre et la mieux rangée de toutes. Le choix n'est pas à l'aune des "Occidentaux" mais c'est la mieux approvisionnée en denrées de base diverses. Fruits et légumes le choix n'est pas extraordinaire, on trouvera tomates, pommes de terre, oranges, mangues, bananes, choux, pommes (selon arrivage)

Comercial Rocio
Avenue 16 de Marzo. La tienda est très mal tenue, c'est le dérangement total. Néanmoins on y trouvera des fruits locaux : bananes, ananas et des fruits et légumes d'importation : pommes, citrons, choux... qui n'ont pas été gardés au réfrigérateur.

- Boulangerie
Sur cette même route au centre en partant du parc public, la boulangerie offre "ce qu'elle a", inutile d'avoir des envies spéciales, le choix est aussi réduit que dans les tiendas. Réservation de pain, la veille du départ.

- L'internet
N'est pas fiable. Pas seulement parce qu'il est lent, mais certains jours, il n'y a pas de connexions du tout. Les ordinateurs sont infectés de virus. Prix de l'heure : 2 dollars.

Deux cybers :
- L'albatros : au bout de la route "Las fregatas", en face de la tienda verte. Ouvert tous les jours de la semaine, fermé samedi et dimanche.
- Ice Cream : Sur la route cormoranes, après Las fregatas, la route part à droite, après la pharmacie. Ouvert tous les jours, sauf quand la panne d'internet est généralisée. (virus assurés!)

-Wifi : En consommant une boisson vous pouvez vous brancher sur le wifi de l'hôtel Albemarle en face de la capitainerie donnant sur la plage. Les coupures sont nombreuses et durent plusieurs jours. Renseignés-vous de l'état des connexions avant de vous y aventurer avec votre ordinitateur.

- Plein de Gasoil :
S'adresser à Fabricio. Le gasoil apporté à bord via sa lancha est compté à 1,50 dollar le gallon pour les étrangers. (Attention, le tanker qui approvisionne l'île vient régulièrement. Mais entre deux passages, il se peut que l'île refuse de servir les étrangers, pour garder la réserve existante pour les locaux)

- Plein d'eau : Max de l'hôtel Albermall s'occupe de l'approvisionnement en eau de toute l'île. Tarif : 1,5 dollar pour 20 litres.
- Gaz : ne faites pas remplir vos bouteilles sur Isabela, car elles doivent faire le voyage aller-retour sur Santa Cruz (trop aléatoire)!
- Lessives : 1,50 dollar le kilo. "Lavanderia" sur le chemin qui mène du ponton au village.
- Location de vélos : 1,5 dollar de l'heure.
- Quincaillerie/fereteria : elle existe...
- Post office : une lettre postée ici devrait mettre 18 jours pour la France ou le Québec.
- Glace : en face du "post office", une tienda vend de la glace pour 0,50 dollar le bloc.
- Poubelles : Sur le quai général du port de pêche se trouvent des bidons dans lesquels vous pouvez laisser vos poubelles.
- Restaurants:
Tous les "lolos" locaux offrent "l'almuerzo" (midi) pour 4 dollars. Une soupe riche et un plat de riz avec légumes et viandes ou poisson, accompagnés d'un jus de fruits frais.

CONTACT

Pour tout service, Fabricio Morocho s'installe peu à peu, comme interface pour les bateaux de passage. Attention, il n'est pas agent. En 2010, nous le trouvons affable, et raisonnable sur ses prix. Les excursions qu'il propose sont toujours en dessous du tarif proposé par les "tours opearators". Il semble avoir une bonne notion du rapport entre locaux et marins. Pourvu que ça dure...

Coordonnées : fabriciomorocho@hotmail.com

Skype : fabricio.morocho

téléphone : 080927845

VHF : canal 16

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