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TAGUA, l'ivoire à chouchouter

Je ne peux évoquer cette région du Panama sans évoquer l'ivoire végétal. J'adore cette matière, elle permet de fabriquer de beaux bijoux, sans faire de mal à personne, sans s'attaquer à de grosses bêtes qu'on aime mieux voir s'ébattre qu'abattues pour leurs grandes défenses. Au Panama on la nomme tagua. Ailleurs, elle trouve le nom de corozo. Quel que soit son nom, c'est une substance blanche, très dure, formant albumen de palmiers nommés Phytelephas macrocarpa, rônier (Borassus) ou palmier doum. L'albumen est un tissu riche en réserves nutritives, qui avoisinent la plantule (germe).

« Phytelephas marcrocarpia » : je vous défie de le retenir par coeur, celui-là !
Ce palmier se trouve partout en Amérique tropicale et humide, essentiellement au Venezuela, en Colombie et en Amérique centrale.

Les graines se développent à l'intérieur de coques rigides et épineuses (voir photo). Leur taille est comparable à celle d'un ballon de handball. Les graines poussent autour de la base du tronc, à l'abri des vieilles fibres. Chaque palmier fournit en moyenne 5 ou 6 coques renfermant chacune une vingtaine de graines.

Au cours de la saison des pluies, une ou deux coques se détachent et tombent au sol en répandant leurs graines. Elles roulent au sol et se dispersent ainsi, le phytelephas marcrocarpia se reproduit-il.

La dureté du corozo ou tagua et sa ressemblance avec l'ivoire animal sont bien connues. Le corozo a longtemps été utilisé dans la fabrication de boutons et dans la bijouterie. Mais entre 1930 et 1940, les matières plastiques ont détrôné cette matière qui s'exportait vers l'Europe et les Etats Unis pour plusieurs millions de dollars chaque année. L'ivoire végétal est aussi utilisé dans la fabrication des luths et aide à façonner la caisse de résonance.

Aujourd'hui, l'ivoire végétal est utilisé par certains créateurs de mode européens et japonais. Dans la mer des Caraïbes des artisans en font des bijoux ou des figurines vendues aux touristes. Peu à peu cette matière intéressante à travailler trouve sa place.

Ne me croyez pas si savante... Toute cette science, je la dois à notre passage à Panamarina, où Miguel expose ses créations en tagua. Il est aussi un guide génial qui apprend aux visiteurs à regarder la forêt d'un autre oeil...


Toutes les informations ont été mises à jour en Janvier 2010
Texte : Nathalie Cathala - Photos : Dominique et Nathalie Cathala
www.etoiledelune.net