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PUERTO LINDO

Lorsque nous sommes arrivés, le charme de Linton ne m'a pas sauté aux yeux. Le décor trop grand, trop vert, trop fréquenté... Tout est une question de goût, car mon capitaine, par contre, a été conquis tout de suite. Il retrouvait la bonne odeur de la terre, du relief, de la végétation, tout ce qu'il aime.

A vrai dire, ma première impression n'était pas la bonne. Pour déceler le charme d'un nouvel environnement, il faut d'abord et avant tout descendre à terre!
Nous trouvons un village épousant le cordon du littoral. A l'extérieur de Puerto Lindo se trouve un petit restaurant. Celui-ci est tenu par un Hollandais qui a oublié son pays natal puisqu’installé dans la Caraïbe depuis plus de vingt ans et au Panama depuis 14 ans. Chez lui nous nous sentons tout de suite accueillis. Voici un homme qui le sens pratique du marin. Comme la marée et les vagues poussent les dinghys vers le rivage, il a eu la brillante idée de poser des bouées qui retiennent les annexes par l'arrière tandis que nous pouvons l'amarrer vers l'avant et arriver sur son appontement sans nous mouiller les pieds.
Judicieux!
Notre hôte nous accueille à notre descente. Nous sommes bienvenus et pouvons déposer nos poubelles (que nous n'avions osé amener pour un premier contact, cela va sans dire!). Le service de poubelle est payant, mais le montant est laissé à l'appréciation des usagers. Le patron permet aux navigateurs de se servir en eau douce quand le niveau le permet. Car si la patronne fait des lessives ou lave la vaisselle, il faudra être patient et attendre que le débit revienne pour les marins.
Mais lorsque c'est gratuit, il n'y a rien à dire!
Il offre repas et boissons tout au long du jour jusqu'à 9 heures du soir. Il organise aussi des fêtes spéciales, comme Noël, Jour de l'an et toute manifestation où les marins se retrouvent dans une ambiance conviviale et peu onéreuse.
Jugez vous-mêmes des prix : une assiette copieuse de poisson, jambon cuit ou poulet coûte cinq dollars et la boisson gazeuse type soda est à un dollar.
Ce n'est pas de la grande gastronomie, mais c'est bon, tout simplement.
On peut aussi faire laver son linge au restaurant, mais le patron nous a prévenus :
« Nous faisons la lessive au rythme où l'eau arrive jusqu'ici, donc... il faut de la patience.»

Au village, il est possible de trouver de l'essence pour le dinghy ou du gasoil. En fait, il vaut mieux s'adresser au village pour les petites quantités. Mais pour faire les gros pleins de gasoil, en s'adressant au patron du restaurant, il peut organiser la venue d'un camion-citerne et faire le plein complet.
Prix indicatif par gallon : 4 dollars

Voilà pour le côté pratique du coin. Il règne ici un côté approximatif. On voit que le patron gère au mieux qu'il le peut les conditions aléatoires inhérentes à ces pays d'Amérique centrale. Il le fait avec une telle bonne volonté affichée qu'il apparaît tout de suite sympathique.

ATTENTION
Il est arrivé que certains bateaux déplorent des vols à bord, au mouillage de Linton. Veillez à sécuriser votre bateau et votre annexe.

Randonnées
Il y a de très belles balades à pied à faire, notamment se prendre le chemin de terre qui mène à Panamarina.

LES SINGES DE ISLA LINTON

L'attraction du coin c'est la présence de trois singes sur l'île de Linton. Sur la plage une maison désaffectée témoigne d'un embryon de volonté scientifique rapidement abandonné. Les singes ont été amenés à des fins d'observations scientifiques sur l'île et laissés là, après renoncement au projet. Les trois primates se sont emparés de l'île et sont aujourd'hui tellement bien chez eux, qu'ils n'acceptent la présence humaine qu'avec circonspection.

Je ne sais pas vous... Mais moi, c'est la première fois que je me retrouve nez à nez, yeux dans les yeux, bouche... heu non pas bouche contre bouche (beurk!) avec un, deux, trois singes anthropoïdes. C'est une chose de les voir à la télévision, ou même dans un cirque, ou partout où ils sont associés à l'homme. C'est autre chose de les voir accourir vers vous, alors qu'ils sont totalement libres. J'avais déjà côtoyé des singes tamarins, à Carthagène, ceux-là ressemblent à des animaux. On ne ressent rien de commun avec eux. Ici, à Linton, la rencontre éveille en moi un drôle de sentiment. L'un d'eux, gros yeux noirs plantés dans les miens m'impressionne. Son expression si proche et si éloignée, son allure presque humaine (à un poil près!) me décontenance.

Je rentre au bateau et je me plonge dans mes encyclopédies. Et mon trouble augmente avec l'avancée de ma lecture.
« Primates : groupe de mammifères essentiellement arboricoles, comprenant les lémuriens et les singes, dont l'Homme fait partit. »
Plus loin ils insistent :
« Les primates vivent pour la plupart dans les forêts tropicales et subtropicales d'Amérique, d'Afrique et d'Asie. Il en existe 185 espèces, y compris l'Homme. On distingue deux grands groupes, les prosimiens et les anthropoïdes.»(« Primates », Encyclopédie Microsoft® Encarta® 2001.)

OK, j'ai compris: le coco velu, tout noir sur le ponton, c'est mon cousin!
Bravo! Jamais je ne me suis sentie plus bête que devant cet animal!

Donc... lui, c'est un cousin? Mais alors, il est très très très éloigné! Non, mais, il faut pas charrier !

C'est ce qu'on appelle un singe du Nouveau Monde. Sa lignée ne date que de 30 millions d'années, ses ancêtres quant à eux, remontent l'arbre généalogique depuis plus de 70 millions d'années et sont les lémuriens.

Nos scientifiques sont perplexes! Ces singes de type anthropoïde se sont développés et propagés partout sur le continent sud-américain alors que l'Afrique, leur continent d'origine, était déjà séparée de l'Amérique du Sud. Les scientifiques se demandent donc comment, ils ont pu traverser les océans. Ils pensent à une traversée sur des troncs d'arbres portés par les courants! Vous imaginez ce pauvre cousin accroché à son tronc?... Son soulagement lorsqu'il a perçu les premières terres à l'horizon! La galère de Monsieur Chirstophe Colomb fait figure de « croisière qui s'amuse» à côté d'une transatlantique sur un tronc. Et puis comme notre cousin est de la famille, tant qu'à faire, on peut peut-être lui rendre les palmes de la découverte de ce continent?

Voici donc le nom générique des singes occupant l'île de Linton. Ce sont des Platyrhiniens, nom attribué aux singes d'Amérique du Sud et centrale d'où le nom usuel de singes du Nouveau Monde. Ils se subdivisent en trois familles : Cébidés, Callithricidés et Atélidés. Ces derniers sont ceux de l'île et plus précisément des singes atèles (ou singes-araignées). Ils ont "le museau court, des yeux dirigés vers l'avant et un cerveau bien développé." Ils sont spécialisés dans la vie arboricole. Leurs membres très longs auxquels s'ajoute une queue préhensile terminée par une zone sensible nue les aident à grimper aux arbres et à s'y sustenter.

Ils sont cousins du ouistiti, du tamarin et du singe hurleur.

Une partie de leur famille vit juste en face! Non je vous entends d'ici, attention pas de dérapage ! Celle qui vit sur les bateaux a perdu sa vélocité, je n'ai jamais vu un capitaine monter au mât aidé d'une longue queue préhensile ! Quoiqu’il est bien pratique ce cinquième membre. Les singes s'appuient dessus à la façon d'un tabouret toujours disponible, ils l'utilisent pour grimper en haut des cocotiers, sur les murs et sur le toit de l'ancien poste scientifique. Je vous le dis, nous avons beaucoup perdu en agilité en abandonnant ce long doigt postérieur!

Donc leurs cousins à eux vivent sur le continent !
Difficiles à voir, ils ne passent pourtant pas inaperçus. Les singes hurleurs sont les créatures plus bruyantes que compte la forêt tropicale environnante ! Criant en choeur la nuit et au lever du jour !

Quelle famille !

 

Toutes les informations ont été mises à jour en Janvier 2010
Texte : Nathalie Cathala - Photos : Dominique et Nathalie Cathala
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