Margarita est une perle en rêve
Et un cauchemar réel…

Vous quittez donc les Testigos en vous promettant d’y revenir. Direction le Sud Ouest, vers la grande île de Margarita.

Porlamar fait office d’arbre qui cache la forêt. Ville hideuse, faite de buildings disparates, d’hôtels gratte-ciel abandonnés par les promoteurs, effrayés par les bruits de la délinquance galopante, l’escale est essentiellement alimentaire. Pourtant, l’île a pour surnom « La Perle ». Elle le doit à la prolifération d’huîtres perlières aujourd’hui en voie de disparition et de l’intérieur sauvage qu’elle garde jalousement derrière de hautes montagnes. Nous reviendrons sans doute, dans cette île, afin de découvrir ses trésors cachés.

A Porlamar, Juan est le Grand Organisateur des plaisanciers peu rassurés. Il organise des ramassages de plaisanciers, grâce à un ballet de bus qui sert de cordon ombilical entre le mouillage et les centres commerciaux. Juan prend sa commission au passage, ce n’est pas un service social ! Il est bien organisé ce Juan, il parle le français, l’anglais, l’espagnol (évidemment) je ne suis pas certaine, mais je pense qu’il se débrouille aussi en Allemand. A côté de son officine, il y a un petit « bodegon » où l’on peut prendre un rafraîchissement en attendant le car. Et puis au retour on repassera par son bureau, pour faire un tour sur internet. Pendant que vous surfez sur le net, les victuailles vous seront livrées par les bons soins de l’équipe Juan. A ce rythme la bourse nautique se dessèche rapidement, malgré un change avantageux du bolivar vis-à-vis de l’Euro, et des prix défiants toute concurrence.

Le mouillage de Porlamar est vaste et peut contenir autant de bateaux qu’il en vient. Il faut y observer des règles simples de sécurité : l’annexe doit être remontée tous les soirs, comme partout au Venezuela, une annexe à l’eau est une annexe « cadeau » ! Fermez votre bateau, et tous les hublots dès que vous le quittez. Un catamaran avait laissé son hublot sous la coque ouvert, « l’équipe de nettoyage » est passée emportant le superflu : appareils photos, caméra, argent…

Il faut également se tenir au courant de la météo. Margarita n’est pas complètement à l’écart des trajectoires des cyclones. S’il est rare cependant de subir un cyclone à Margarita, les répercutions de la houle causée par un ouragan, qui empruntent la route des Antilles, le sont moins. Ainsi, la houle générée par Ivan a provoqué plusieurs naufrage dans Porlamar en 2004. Si un phénomène cyclonique a prévu de passer dans les « windwards » il vaut mieux migrer vers Mochima ou vers Laguna Grande.

Cet endroit n’est donc pas joli, par contre un côté sympathique m’a séduit : c’est le lieu de résidence d’une population abondante de pélicans et de cormorans.

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