Chimana Secunda

Les îles de Chimana se situent à quelques cinq milles au Nord de Puerto la Cruz. C’est un petit archipel qui protège la ville portuaire. Il est composé de Chimana Grande, Chimana del Sur et de Chimana Segunda. Chimana Chica et Chimana Quirica ne représentant que des cailloux au large du Continent.

Lorsque l’on est forcé de passer un moment pour des raisons techniques à Puerto la Cruz, l’ambiance y est si sclérosée que l’on ne rêve que d’une chose : retrouver les mouillages en liberté et les baignades en eau propre. Le port et ses contraintes ramollissent certainement les neurones des marins, car au bout de 20 jours entre quatre amarres, nous nous dirigeons avec une petite troupe de bateaux vers Chimana Segunda !

Qu’espérions-nous d’îles complètement cernées de cargos à l’ancre ? Ils attendent leur place à quai pour embarquer l’or noir du Venezuela. Ces quais sont visibles de chaque île de l’archipel de Chimana… Vue imprenable sur les raffineries du Venez ! De plus la sécurité y est si précaire, qu’il vaut mieux s’y présenter à plusieurs bateaux. Certains collègues y ont mouillé à couple avec veilles dans le cockpit pour prévenir des agressions si répandues à seulement quelques encablures des barrios de Puerto la Cruz… Pourquoi, dès lors s’arrêter dans ces îles. Certains y trouveront une escale pratique sur la route de Margarita. Il est vrai que la remontée de Puerto la Cruz vers Porlamar est un calvaire. Vents et courants dans le nez, les équipages passent des heures à louvoyer dans une zone réputée dangereuse…

Question paysage…
Il faut aimer le minéral… Dans une roche d’un gris terni par le temps, l’on devine les soubresauts sismiques de la région. Quelques plissements sont plus artistiques que d’autres… L’île la plus « verdoyante » est très certainement Chimana Segunda et ses beaux spécimens de cactus.

Le petit mouillage à l’extrême sud-ouest de l’île pourrait avoir un charme particulier si l’on ne regardait que l’anse, ses courbes joliment avancées dans les collines érodées où s’écroulent des pierres ocres. Au fond de la baie, sur une petite plage, très coquette des churuatas abritent un restaurant local. Il paraît que le visiteur le plus assidu est un gros serpent qui aime se lover autour des poutres de la cuisine. Sur les hauteurs, les samuros (rapaces endémiques) flottent dans les airs. Ils sont les maîtres du phare, vers lequel le Cap est monté par un petit sentier accor. Il a croisé ces rapaces aux allures si particulières, des lézards que l’air chaud rend paresseux, et des pélicans…

En fait pour se sentir à l’aise dans ces endroits à risque il faudrait se transformer en Samuros ou en Pélican. Je pense que là, j’arriverais à profiter du paysage sans me retrouver la peur au ventre de me faire « machetter » pendant la nuit…

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