Marquises - Ua Huka
  Balade vertigineuse

Ua Huka

Sur les crêtes de Ua Huka

Chose promise, chose due...
Dominique (pas mon capitaine, mais un ancien Popa'a de Ua Huka) et Jacques nous attendent le matin tôt pour nous emmener sur les crêtes de Ua Huka. D'emblée, Jacques me donne son bâton de randonneur, et me confie, en murmures inquiétants, que j'aurai sans doute besoin d'un appui suppléant mes deux jambes.
Aie, aie, aie...

Nous quittons rapidement le rivage et pénétrons dans une forêt dense. Des banians énormes trônent au centre de ruines de paepae (anciens lieux de cultes). Ces édifices ne cessent de m'interpeler. Comment des tribus ne possédant aucune industrie et conservant jusqu'au dix-huitième siècle des méthodes de l'âge de pierre sont-elles parvenues à assembler des blocs de pierre de plusieurs tonnes?  Personne ne peut répondre à cette question. La construction des Paepae est l'un des grands mystères de notre humanité. Au détour d'une des plateformes enfouies sous la végétation, Jacques nous dévoile deux crânes. Ma spontanéité me dicte d'ôter les quelques feuilles qui bouchent la vue. Mon bâton frôle l'un des crânes. Jacques hurle que je suis folle... Je suis interloquée... Jacques est un Popa'a, un blanc, adopté qui vit sur l'île à raison de six mois par an depuis 30 ans. Est-il, lui le métropolitain, aussi superstitieux que les Marquisiens?
Il me dit : "Ne touche jamais aux tupuna (ancêtres)!"
"Je ne l'ai pas touché... C'est mon bâton..."

N'empêche, il me fuit autant que si j'étais atteinte de la pire des maladies contagieuses... Dom pendant ce temps, se perd dans les méandres de l'ancien temple. Il aurait bien besoin de jambes de géants pour se sortir du labyrinthe où il s'est engagé. Jacques nous attend plus haut, en compagnie de Dominique.

Ua Huka

Attention au vertige...

La grimpette commence. On m'annonce, un quart d'heure de souffrance. A vrai dire, le sentier n'est pas d'une complication décourageante, au sommet de la crête (du moins à ce que je prends pour le sommet) un cheval et son chien attendent leur maître. Bizarre... Pourquoi a-t-il continué sans eux? Je comprends que le quart d'heure n'est pas passé. Jacques me lance un regard espiègle. Je suis bien entourée. Il ouvre la marche (premier de cordée sans corde!), Dom me suit et Dominique (l'ancien) ferme la marche. Ma progression est lente. Je m'accroche à mon bâton. Inutile secours face au vide sidéral qui s'ouvre à chaque pas. Il n'y a plus de chemin, pas même de sentier, une terre vaguement battue par des chèvres où le cheval (pas fou!) ne s'aventurerait pas! Entre cette piste dont chaque caillou se dérobe sous mes semelles et l'océan, il n'y a qu'un dénivelé de roches à pic de 800 mètres.

Bonjour le vertige!
Les garçons sont hyper patients. Et le moussaillon n'ose pas crier : "je veux rentrer à la maison! Appelez-moi un hélicoptère!"

L'hélicoptère! Voilà ce que je ressens. Là-haut, en apesanteur, je flotte au-dessus de paysages extraordinaires. C'est grisant! Une dent s'élève au bout du chemin. Je laisse les garçons partir entre le ciel et l'océan. Sur la crête en équilibre, ils vont découvrir le "trou du chat". Pendant ce temps, les pieds au-dessus du vide, j'en prends plein les mirettes. Et je ferme à double tour, la boîte aux inquiétudes qui crie : "et si..."
et ... non! Nous sommes prudents, rien n'arrive et les garçons reviennent, heureux de leur exploit.

La descente finalement se fait "facilement ". Je me laisse parfois glisser sur le short, mais nous arrivons fourbus, la tête pleine d'images sensationnelles, et heureux de l'avoir fait!

Ua Huka

Ua Huka

Ua Huka

Ua Huka

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