Message 87 – écrit en septembre 2010
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Position de L'Etoile de Lune : Marquises - Hiva Oa

L'archipel qui départage les goûts

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" Si tu ne comprends pas ton ami en toutes circonstances, jamais tu ne le comprendras. "
Khalil Gibran ( Le Sable et l’écume).


raieNouveautés dans le Site Internet :
Pour cette rentrée nous vous avons préparé de nombreuses pages à consulter sur www.etoiledelune.net

1) Album photo : Hiva Oa
2) Dans le blog : www.etoiledelune.fr/blog Vous trouverez la description des sites archéologiques de Puamau, Taoaa, et Punaei sur l'île d'Hiva Oa. Ainsi que le récit de rencontres extraordinaires avec des familles de l'île (kai kai géant) Très bientôt une page "hommage à Brel et à Gauguin" sera publiée.
3) Dossier "Randonnées à Hiva Oa" : Voici la présentation de divers sites archéologiques de l'île. Vous ne vous perdrez plus, même si les panneaux sont inexistants, grâce aux indications et aux points GPS posés sur votre route.
4) Page "Nouveautés" : Nous vous avons préparé une page qui recense toutes les nouveautés de notre site.
5) Géolocalisation : Retrouvez nos plus belles escales sur une mappemonde Google interactive.
6) Animations : Amateurs de sudoku réjouissez-vous. Dom a mis au point un générateur de grilles type "samouraï" téléchargeables et imprimables. Enregistrez ce lien dans vos favoris, vous pourrez remplir des grilles à l'infini.


dauphinsProgramme de navigation à venir :
L'île de Tahuata. Visite des mouillages du nord d'Hiva Oa (Hanamenu uniquement accessible par la mer, et Hanaiapa) avant de nous diriger vers Ua Pau, première île du groupe Nord des Marquises.

En fin de message :
La légende de la création des Marquises
Photo du mois : Travel Channel, chaîne de la télévision néo-zélandaise débarque sur l'île pour un reportage qui fera le tour de la planète.


Résumé de la lettre
temetiuDans le dernier message, nous vous laissions, après une traversée du Pacifique, dans le mouillage de la baie des Vierges. Depuis, nous avons quitté Fatuiva et découvert l'île de Tahuata où à Hapatoni nous logions dans une nurserie de dauphins. Par la suite, nous sommes remontés sur Hiva Oa. Ceux qui nous suivent sur le "Blog" savent que le moussaillon est rentré courant juillet et août, en France, pour raisons de santé. Pendant ce temps, Dom est resté à Hiva Oa. Il a fait le tour des sites archéologiques, en a pris tous les repères. A présent, que le Moussaillon est de retour, en pleine forme, sur L'Etoile de Lune, l'équipage réuni profite de cette escale pour découvrir des sites archéologiques exceptionnels. Hiva Oa est l'île des Marquises la plus riche en la matière. Mais le plus beau trésor que nous réserve cette escale est la rencontre avec les Marquisiens. Ils nous ont ouvert un univers insolite, celui préservé par l'éloignement.


marquisiennesBonjour,

Faire escale dans une île c'est renaître à la vie. Il faudrait que l'équipage qui aborde un pays se débarrasse de tout préjugé, qu'il abandonne la faculté de comparaison et qu'il s'ouvre tel un nouveau-né à l'expérience de la découverte.

Facile à dire... Mais est-ce si facile à faire ?

Il y a trois ans, lorsque nous mouillions pour la première fois en Colombie, nos têtes étaient farcies de doutes. La réputation du pays était si mauvaise et pourtant, nous n'avons récolté, dans ce pays, que bonheurs et bonnes surprises. Aujourd'hui, nous sommes dans l'un des archipels les plus mythiques de la planète. Depuis Cook, une aura de prestige baigne la Polynésie et les descriptions idylliques n'ont cessé de pleuvoir. Forcément, cet endoctrinement positif crée, en chacun de nous, une attente. La présomption de perfection est si présente qu'elle ne subit pas le choc de la réalité. Il faut alors élaguer les idées préconçues, les travailler et changer l'angle de vue afin de trouver sa propre vérité dans ce nouveau décor.

panorama

Se pose alors quelques questions qui réveillent nos consciences. Où se trouve le plaisir du voyageur ? Dans la réalité ou dans le rêve? Pourquoi dupliquer à tout prix une réputation? Pourquoi reproduire la panoplie des clichés?

marquisienneUn voyage est un vécu à un moment donné. Les souvenirs, que nous garderons, dépendront de tant d'ingrédients : rencontres, affinités avec le paysage, couleur du ciel, humeur des coeurs...

Au fond, l'important n'est pas d'aimer ou de détester une escale. L'essentiel est de la vivre avec sincérité, de côtoyer les autochtones avec honnêteté. Il faut garder les yeux grands ouverts sur l'immensité du champ des possibles afin de ressentir un pays au plus proche de ce qu'il offre, d'en retirer le meilleur, sans jamais souiller l'image des habitants. Nous ne sommes nulle part chez nous, nous sommes des êtres de passage, le comportement qui prime avant tout est le respect.

mouillage hiva oaTout n'est jamais complètement rose ou noir. Ce n'est pas parce qu'on croise un « abruti » que toute la population, dont il fait partie, est à rejeter. Pour découvrir l'âme profonde d'un endroit, il faut du temps et de l'investissement. Nous autres, gens de bateau, avons trop tendance à nous confiner au fond de nos coques sans en sortir le bout du nez pour d'autres raisons que l'approvisionnement ou la nécessité. Souvent, le prix des excursions est dissuasif. Certaines îles se prêtent facilement à la découverte, d'autres, plus pudiques, ne se dévoilent qu'au prix de gros efforts. C'est le cas des Marquises.

flute nasale marquisienneDe l'avis unanime de l'équipage, les Marquises ne se dévoilent pas sous leur meilleur jour lorsqu'elles sont abordées par bateau. D'un premier regard, l'on ne voit que des paysages austères, revêches, perdus au milieu d'un océan féroce qui ne prend, que très rarement, du repos. Les mouillages, même lorsqu'ils sont abrités d'une digue, n'offrent qu'une piètre protection contre la houle bestiale qui pénètre partout. Elle frappe les rivages et y rebondit pour entraîner les bateaux dans un mouvement infernal et erratique. Certains mouillages sont soumis à des rafales dantesques. Elles gardent le plus zen des équipiers éveillé toute la nuit. Le débarquement en annexe n'est nulle part facilité. Certaines saisons sont plus propices et moins désagréables, mais globalement, un séjour en bateau aux Marquises demande abnégation et patience.

Dans ces conditions, il est parfois difficile de déceler un quelconque plaisir au séjour marquisien. L'équipage débarque à terre le coeur à l'envers. Il découvre que les reliefs qui montent à pic depuis la mer ne se laisseront découvrir qu'au prix exorbitant de location de voiture (110 euros par jour). L'éloignement entrave la moindre initiative et pèse sur le prix des denrées les plus basiques. L'isolement complique tout moyen de communication. BLU, Internet ou téléphone, parfois, rien ne passe, même le système satellitaire embarqué ne capte pas le signal qui rebondit sur les parois des hautes montages. Et je ne vous parle pas du risque majeur que représentent les tsunamis. Le dernier en date, le 27 février 2010, a vu se vider complètement le bassin de Tahauku, mouillage principal de Hiva Oa. Les dix voiliers et bonitiers insulaires ont été prévenus moins d'une demi-heure avant que la mer ne se retire. Le seul bateau qui est resté amarré au quai a été entraîné par les vagues de courants apocalyptiques engendrées par le phénomène.

panorama

Pourtant, à la faveur d'un acharnement à découvrir le côté humain de ces îles, l'angle de vue changera. Le trésor qu'elles recèlent ne se dévoilera qu'à celui qui résistera et s'entêtera. A cette condition unique, un univers insolite s'ouvrira devant lui.

pension temetiuMes réticences sur les Marquises ont volé en éclat lorsque nous avons rencontré Gaby et Félicie au village Temetiu. Ce couple affable nous a ouvert les portes de leur faré. Ils ont eu la gentillesse de nous consacrer du temps et de parler de leur île. Des souvenirs d'enfants, une foule de détails qui ont humanisé le décor. Ils ont mis des mots chaleureux sur les pics acérés environnants. Ils ont enrobé de phrases accueillantes les affres du grand océan et de l'éloignement. Ils nous ont entraînés à des kai kai (repas) du dimanche, nous ont guidés sur des chemins vertigineux dans des randonnées superbes dont nous n'oublierons aucun panorama.

Mais tout cela ne vient pas en un jour. Lorsqu'ils ne vous connaissent pas, les Marquisiens ont une manière bien particulière de vous répondre. Sans mépris, mais avec une certaine distance, d'un hochement de tête et d'un soulèvement expressif de sourcils ils restent muets et voilà toute réponse à vos questions. A vous de deviner si cela signifie « cause toujours » ou « ben, oui, t'as raison » ou « pense ce que tu veux, car je n'en sais rien ». Peu à peu, ils s'accoutument à votre présence. Ils voient que vous êtes de passage, mais pour un séjour plus long que la plupart des voyageurs. Vous perdez le qualificatif de « touristes ». sourire marquisienVous n'êtes plus un frani (péjoratif pour les Français), mais un popa'a (une peau pâle). La curiosité les titille. Ils vous ramassent sur la route avec vos paquets d'approvisionnement. Ils savent que vous en avez pour trois quarts d'heure de marche sous un soleil brûlant. Ils font un détour, pour vous ramener tout juste à l'aplomb de votre annexe. En chemin, ils s'intéressent à vous.

Ça y est la porte s'ouvre.

L'île est petite, environ 400 kilomètres carrés. Ils sont presque 2000 habitants en tout. C'est un microcosme humain où ils sont tous plus ou moins cousins... Ils vivent dans le respect de la famille. Les enfants sont entourés d'une grande cellule où ils se réunissent le dimanche et pensent à terminer les repas copieux par des chants accompagnés de ukulélé plutôt que de brancher des sonos bruyantes aux sons répétés universellement. Ils ont su éviter la promiscuité. Cette communauté restreinte applique un individualisme surprenant. Chacun protège son bien, se méfie un peu du voisin, et ce comportement protège l'intimité de tous. Chacun accepte la fatalité du quotidien sous l'égide d'un dieu puissant, catholique ou protestant. Personne ne se critique ouvertement, une certaine prudence dicte chaque parole.

sourire marquisienAu fond, l'isolement les a épargnés. Bien qu'ils aient tous la télévision, ils ne sont pas influencés par les critères occidentaux. Ils sont Français sur les papiers. Mais ils ne se sentent pas proches de la France. Si parfois ils rejettent ce joug, souvent ils ont dépassé ce stade. Ils en prennent le meilleur (subventions et aides) et pour le reste, ils cultivent leur art de vivre dans une harmonie maohie.

Conscients de leur environnement, et de sa capacité limitée, ils ne le dénaturent pas. Du moins pas trop, ou plutôt moins qu'ailleurs. Les unités hôtelières restent fondues dans la nature. Quelques farés en bois et bambous accueillent les hôtes de passage. Ici, des vallées entières restent inexplorées. La nature a plus de droits que l'humain. Personne ne pratique la pêche intensive, et il faut espérer qu'ils conservent autour de leur île les ressources de l'océan pour des milliers d'années. Cela, à la condition unique qu'ils ne laissent pas les pêcheurs coréens vider leurs eaux territoriales. Pour lutter contre ces saccageurs d'océan, des patrouilleurs sillonnent les archipels. Sur le mois d'août, sept chalutiers illégaux ont été arraisonnés par « La Tapageuse», navire armé d'un canon de 20 mm et embarquant 30 marins de la marine nationale. tatouageLorsqu'ils sont pris en flagrant délit, l'amende et le traitement des bateaux sont si exorbitants qu'il devrait être dissuasif.

Arriver en terre marquisienne, ce qu'ils nomment « Te fanua Enata » (Terre des Hommes), c'est oublier ses critères occidentaux. Nous avons entendu ou lu certains touristes, critiquer vertement leur obésité. C'est ne pas s'ouvrir à leur notion du beau. Elle s'inscrit dans une tradition maohie qui coule encore dans leurs veines malgré la déprédation de leur culture par des siècles de colonisation.

Chaque jour, nous partons à la rencontre des Marquisiens. La plupart des hommes et des femmes sont tatoués. Certains portent cet art jusque sur le visage. Les dessins à l'encre de chine sont fabuleux. Le plus souvent d'inspiration géométrique, ils dévoilent leur identité profonde. Une expression qui sort du fond des âges. Interdits par les prêtres colons, le tatouage n'est revenu à l'honneur que dans les années 1990. Si aujourd'hui tout le Pacifique se dispute cet art, les Marquises en sont les instigatrices historiques.

tatouageDans la tradition orale, les tatouages véhiculaient un savoir, une mémoire, un enseignement. Il était la clé pour entrer dans le monde des hommes. Mais il protégeait aussi contre les maléfices. « A travers les contrastes entre le clair de la peau et le sombre des motifs s'exprimait la conception d'un équilibre entre vivants et morts, entre jour et nuit, entre femme et homme, entre profane et sacré. » A présent, les dessins ont perdu toute signification. Et chacun se tatoue selon ses goûts. Il reste que les tatoueurs repèrent certains sigles et les interprètent. Tel dessin représentera l'oeil protecteur du tiki, un autre s'interprètera comme une vague, un cent pieds (nom marquisien pour mille-pattes), un crabe ou une tortue...

Cet art est inspiré des tikis qui foisonnent un peu partout dans les forêts des Marquises et de Hiva Oa en particulier. Les tikis sont omniprésents dans la vie de l'archipel. Ils sont dans toutes les maisons. Les sculpteurs sur bois les produisent à tour de bras ainsi que les tambours qui accompagnent les danseurs. Voici encore trois belles manières d'exprimer le beau de "te Fanua Enata" : l'art de la sculpture, l'art de la danse et la musique.

tambourIl faut entendre les tambours résonner dans le labyrinthe des vallées inextricables ! C'est une émotion indescriptible. Le bourdonnement puissant prend possession de votre être. Les voix aigües des danseuses percent le grondement sourd. Les vahinés colorent l'atmosphère de leurs colliers de fleurs, le balancement vif de leurs hanches accompagne les chorégraphies guerrières des danseurs de haka. lezardLe spectacle de danse est à ne jamais manquer. C'est envoûtant.

Une fois de plus dans ce voyage, le côté humain a pris le pas sur l'appréciation superficielle des paysages. Nous ne vous avons pas parlé de Brel, de Gauguin et des tikis. Leurs histoires seront relatées dans le site et vous attendent déjà dans le "Blog". Mais nous avons eu à coeur de vous conter l'antithèse de l'île cocotier sertie de plages de sable blanc et de lagons. Les paysages particuliers des Marquises, inaccessibles et tourmentés, à présent que nous savons ce qu'ils cachent, ont fini par nous apprivoiser.

A bientôt,
Nat et Dom

 

La légende de la création des Marquises

paumauJoseph Kaiha nous conte la légende de la Création des îles Marquises. C'était au temps où les Dieux Oatea « Lumière du jour » et Atanua « Lueur de l’aube » vivaient dans le ciel sans maison. C'était au temps où chaque île des Marquises fut créée. Leur nom trouve leur signification dans l'histoire qui suit. Chaque légende marquisienne veut que le travail soit terminé avant l'aube, sans quoi, des malheurs terribles frapperaient les protagonistes.

"C’était lors de la nuit initiale. Oatea vivait avec sa femme Atanua. Ils n’avaient pas de maison. Un jour, Atanua dit à son époux Oatea :
"Quelle est cette façon de vivre sans maison ?"

Oatea réfléchit : "Fatu Huku" (Fatu Huku = s'inspirer, réfléchir)
Éclairé par les forces divines sur ce qu’il devait faire, il fut satisfait, et le soir même, le mari dit à sa femme :
"Cette nuit, je bâtirai notre maison, elle devra être construite avant le lever du jour."

fatu hivaLa nuit s’apprêtant à descendre Oatea se dressa et invoqua ses forces de la manière suivante :
Racines-longues...
Racines-nombril...
Racines-courtes...
Racines-travail...
Racines-énormes...
Racines-minuscules...
Dressez la maison!

L’invocation terminée, Oatea choisit l’emplacement de la maison. Puis, ayant dressé deux piliers, il dit : "C’est Ua Pou !" (Ua Pou = piliers)

Puis, Oatea ayant pris la poutre faitière, il la posa sur les deux piliers attachés avec la corde en fibre de coco. Il dit alors :
"C’est Hiva Oa !" (Hiva = la poutre principale)

Ensuite, il fixa les potelets de facade, la traverse de l’auvent, les poteaux de soutien et la poutre inférieure. Oatea fixa ensuite les chevrons à l’avant, à partir de la poutre faitière jusqu’à la longue traverse, puis à l’arrière jusqu’à la dalle de pierres.
Il dit alors : "C’est Nuku Hiva !" (Nuku = chevron)

Avec quoi couvrir la maison ?
Avec des palmes de cocotiers !
La couverture fut réalisée selon la technique des 9 parts.
Il dit alors : "C’est Fatuiva !" ( fatu = cocotier; iva = neuf)

Oatea creusa un trou pour parfaire son travail. Mais l’aube était déjà très proche et Atanua s'inquiétait que le travail ne soit pas fini avant le lever du soleil qui anéantirait tous les efforts de Oatea. Atanua cria : "L’image lumineuse scintille."
Oatea dit alors : C’est Tahuata !

felicieElle ajouta : le chant de l’oiseau du matin se fait entendre. Il dit alors :
"C’est Mohotani !" (Moho = oiseau, Tani = chante)

Oatea travaillait toujours, il ne s’arrêtait pas. Il ramassait les débris et les mit dans le trou qu'il venait de creuser.
Il dit alors : "C’est Ua Huka !" (Ua Huka = trou à déchets)

Atanua s’est alors écriée : "Attention! Attention ! S’illumine, s’illumine la terre des Hommes."
Oatea dit alors : "Ei, ei, ei, ua ao, au ao, o EIAO”. C’est Eiao ! ... »

Cette légende est extraite du film "Henua Enana" produit en 1997 par l'Institut de la communication audiovisuel de Polynésie - ICA. Elle a été accommodée par Félicie Heitaa du village Temetiu qui nous l'a racontée avec son si joli sourire.

Photo du mois

Travel Channel, chaîne de la télévision néo-zélandaise débarque sur l'île pour un reportage qui fera le tour de la planète.

travel channel

Texte écrit par Nathalie Cathala et mis en page par Dominique Cathala en Septembre 2010 - Tous droits réservés
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