LES TOURS NURAGHES

La civilisation nuragique une spécificité sarde

En jetant un regard sommaire à notre « épopée » méditerranéenne, l’on pourrait croire qu’un point commun lie les trois îles : les tours. À Minorque, en Corse, en Sardaigne partout des tours fortifient les rivages. On pourrait croire qu’elles ont une même provenance, ce n’est pas le cas. Les tours en Corse datent de la domination génoise. À Minorque, les tours nommées Talayots ou Talaiots datent de la période comprise en 1400 avant J.-C. et 100 avant J.-C. qui correspondent à la romanisation de Minorque. En Sardaigne, les tours sont réputées appartenir à la civilisation nuragique qui s’est développée entre 1600 avant J.-C. (passage du Bronze Ancien au Bronze Moyen) et 600 avant J.-C. Cette culture atteint son apogée environ 1000 ans avant notre ère. Mais les tours ne sont pas le seul patrimoine légué par la civilisation nuragique, elle édifia des sanctuaires ainsi que des tombeaux. Petit tour d’horizon sur cette civilisation :

« Ils vivaient comme des Dieux
Le cœur libre de tout souci
Lorsqu’ils mouraient
On eut dit qu’ils tombaient endormis » HESIODE

Les tombes nuragiques

Différentes sortes de sépultures nuragiques ont été retrouvées.
Les Domus de janas joliment appelés « maisons des fées » sont les premières tombes collectives sardes. En suite, comme dans toute l’Europe ils édifièrent des dolmens. Puis, les sépultures nuragiques se complexifièrent. On appelle ses dernières les « tombes de géants ». Les techniques de ces constructions mégalithiques, nous ramènent aux mystères de la Préhistoire. Comment de tels blocs de pierre ont-ils pu être déplacés, puis assemblés pour constituer un tombeau collectif complexe et monumental ?

Les sanctuaires nuragiques

La civilisation nuragique adorait l’eau en tant que divinité. Culte, ô combien précieux, dans ce pays de sécheresse ! Les Nuraghis construisirent des « temples au puits ». L’un des plus remarquables exemples se situe dans la campagne d’Orune.

Les forteresses nuragiques

Nous en venons aux fameux nuraghes. L’on en trouve partout, car les Nuraghis en construisirent 7000 ! Ce sont de grosses tours coniques, faites de rangées de pierres qui vont en s’amenuisant vers le haut, pour constituer une sorte de couverture grossière en forme de voûte. Ce que les archéologues appellent la technique de la « fausse voûte » Elles atteignent une quinzaine de mètres de hauteur. Vu de l’extérieur, elles semblent construites sommairement, et même maladroitement… Un amoncellement hasardeux de pierres… (?) Pourtant, les trois mille ans qui nous séparent de leur construction n’ont pas érodé leur aspect monumental !

À l’intérieur, on trouve deux ou trois étages superposés de taille décroissante vers le haut. L’entrée se trouve face au soleil levant. Cette forteresse tronconique servait d’habitation au chef de la tribu. Elles étaient construites sur des terrains stratégiques : promontoires, à côté d’un cours d’eau ou d’une source.

Lorsque la conjoncture méditerranéenne laissa présager que des invasions étaient à craindre, les nuraghes furent renforcés par des tours secondaires. Des bastions de défenses furent construits à proximité de l’édifice initial. Le tout fut ceinturé par une enceinte de pierres.

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