Cala de Algayarens (entrée: 40°03'N 03°55'3E)

Un ami, nous avait conseillé la Cala Algayarens. Il nous avait dit : « Vous qui aimez les espaces sauvages à l’abri de la promiscuité, allez à Algayarens ! Moi, j’y resterais six mois ! »
Fort de ces conseils nous nous sommes dit que nous ne pouvions quitter Minorque sans loger au sein de cette perle. En effet, la baie est assez vaste pour ne pas subir de voisinage fâcheux ou de proximité désagréable. Il faut pour cela apprécier la sérénade. Je croyais cette coutume légendaire en Espagne. Et non ! Nous avons eu « la joie » de voir un pointu jeter l’ancre tout à côté de nous. Une poignée de jeunes gens y ont joué de la guitare et divers instruments tout au long du jour, et du jour suivant, et... S’essayant avec plus ou moins de bonheur à la chansonnette aussi.
Le cadre est, on ne peut plus sauvage, si l’on entend par là, l’absence de constructions humaines. Il y a bien une cabane troglodyte calfeutrée au fond de la plage Est, une autre à l’opposé sur la plage ouest. Mais elles dévoilent plus de charme que de désagréments visuels. La baie ressemble à un vaste cirque où la roche érubescente sous l’effet du couchant est une merveille à contempler sans modération. De jour, les roches écrasées de soleil révèlent des ocres et des gris, les eaux prennent le relais et se jouent des transparences et des lumières en y mêlant le vert et le bleu.
Les possibilités de balades à terre sont innombrables. L’une d’elles vous mènera sur de hautes dunes qui cachent un plan d’eau où barbotent de nombreuses tortues méditerranéennes. Peu farouches, elles sortent la tête de l’eau lorsque vous approchez de la berge. Et, on se demande, qui, d’elles ou de nous, pauvres bipèdes, observe l’autre ? La flore des dunes est également une pure merveille.
Au bout de la plage Ouest, une allée abritée par les pins vous conduit dans la campagne vallonnée et verdoyante de Minorque. C’est un paysage serein, à l’abri du sifflement des vents, et du grondement de la mer. Presque une carte postale immuable.

Par la plage Est, l’on atteint un sentier qui mène au sommet des falaises qui surplombent le mouillage. Cette balade est l’une des plus révélatrices quant à la diversité géologique de l’île. D’en haut, le panorama sur la Grande Bleue est évidemment superbe !

Quant à y rester six mois… Là, je crois que notre ami oubliait le caractère peu coopérant de cette mer si belle qui peut se révéler si contrariante. Ce vaste cirque, si beau, si sauvage est malheureusement ouvert vers le large et aux vents dominants. Nous y avons subi l’enfer du roulis et du tangage. La mer et cette diablesse de « Tramuntana » se sont levées inopinément en pleine nuit, nous emprisonnant au paradis !

 

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