Cala de Addaya (entrée: 40°01'N 04°12'4E)

Cala longue et étroite qui s’enfonce dans les terres. Contrairement à Fornells elle est protégée de tous les vents, même de la tramontane. Le prix à payer : impossible d’en sortir ou d’y entrer par vents de secteurs NW à NE.
L’accès se révèle être un véritable gymkhana entre les bouées vertes et rouges. Il ne faut pas avoir peur non plus d’y risquer sa quille, à l’entrée le sondeur indique moins de 3 mètres. Dès que cette première épreuve est passée, il suffit de longer un couloir rocheux pour atteindre le fjord niché au fond du mouillage.
Là encore, il vaut mieux s’y aventurer en dériveur intégral. Le jour où nous y sommes allés, il y avait plus de 50 bateaux à l’ancre. Un véritable HLM à bateaux. De plus, la couleur et l’odeur de l’eau sont réellement peu ragoûtantes.
Voyant que le fond du mouillage restait désert nous consultons notre « fidèle » Imray. Il annonce fièrement 4 mètres et au minimum 2,3 mètres. Nous relevons la quille… On n’est jamais trop prudent ! HEUREUSEMENT, la vase ayant peaufiné son œuvre depuis le passage Robin Brandon et Anne Hammick (les auteurs des instructions nautiques), il ne restait que 80 centimètres pour faire demi-tour et prier pour ne pas s’enliser. En faisant demi-tour, nous remarquons un bateau échoué sur la plage au fond de la baie. « C’est rassurant… » me dit le Cap d’un œil mauvais.
Il ne nous restait plus qu’à nous glisser entre les roches et l’entrée du petit port de plaisance. Lorsque l’ancre fut mouillée, le cap du bateau d’à côté crut bon nous prévenir que le mouillage était peu sûr en raison des fonds vaseux. Merci !
Nous croyons être les derniers à nous installer dans la baie. Mais deux, puis trois, quatre, … une dizaine de bateaux supplémentaires entrent dans la baie. Ils se placent au chausse-pied entre ceux déjà installés. Toutes les règles de mouillage sont ici bafouées, et il ne reste plus la place aux bateaux d’éviter si le vent tourne.
Pendant la nuit, de forts vents de Sud se levèrent. Chaque bateau dut alors accomplir un tour de 180 degrés sur son ancre. Tout le monde était sur le pont, à surveiller son ancre, mais aussi les mouvements des voisins et les grincements de coque. Plusieurs bateaux dérapèrent. Dont notre fameux copain, le Rémora. Si nous étions restés au fond de la baie, nous serions restés prisonniers de la vase !
Seul point positif, les canards. Bon, il faut les aimer autrement qu’en gelée, car ils sont hyper protégés, et donc peu farouches ils viennent narguer la chienne pour quémander leur pitance.
Mouillage géniaaal, faut-il en rajouter ?

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