Campomoro (approche: 41°38'05N 08°49'1E)

Campomoro… ha, Campomoro !

Comment expliquer cela ?

Campomoro fut une révélation. L’archétype du village idéal. Nous n’aurions pas l’âme si voyageuse, nous nous serions volontiers installés à Campomoro… C’est tout dire ! D’ailleurs, nous y avons passé trois, trop courtes, semaines ! Contre tempêtes, orages, houle turbulente et vociférations du Cap d’un bateau suiveur qui n’attendait que nous pour continuer sa route. Ce qu’il fit très bien tout seul ! Nous rendant du même coup notre liberté, « liberté chérie » comme le dit si bien Gainsbourg…

Pendant ce temps, nous avons touché du bout du doigt, ce qu’est la vie sur un rivage magique. Campomoro est un village de 80 habitations. Ici, l’homme pressé n’a pas droit de vie. Ici, l’on savoure le temps qui déambule sur la placette ombragée de platanes et sertie de bars. Le temps s’interrompt pour écouter l’accent corse qui accompagne la brise estivale. Il s’attarde en terrasse au bord du plan d’eau que forme le golfe de Valinco. Il fait une pause devant le spectacle immuable des aiguilles de Bavella. Puis, il reprend les heures qu’il égraine au rythme des battements du clocher. Sans heurt, sans bruit, le temps coule, on ne sait comment ?
Campomoro a acquis la maîtrise le temps !

Au bout du village, le maquis n’appartient plus aux hommes. Au bout du village, le rivage s’appartient à lui. Des lois protègent, pour toujours, je l’espère. Campomoro est situé au bout d’une presqu’île. La route s’arrête ici. Autant dire que l’on n’y passe pas. L’on y vient ! Exprès pour lui et pour sa tour ! Une jolie histoire règne autour de cette tour. On le sait, les Corses n’aiment pas ces tours que les touristes trouvent si jolies. Ils les laissent à la merci des assauts du vent et de la mer, indifférents à leur dégradation lente. Il faut dire qu’elles sont le symbole d’une époque marquée par la souffrance et l’asservissement du peuple corse. La tour de Campomoro, est l’une des seules tours qui a bénéficié d’une restauration totale. Un généreux mécène a commandé celle-ci, puis a laissé le libre accès à la tour.

Des maisons discrètes se partagent les collines du maquis. Ici, le maquis a été épargné les incendies. Les espèces ont atteint leur taille maximale. Sur certaines collines, les épineux et les lianes l’ont rendu si dense, qu’il en devient inextricable. Ici, il n’a pas ces allures de désolation que l’on retrouve plus au Nord, il est vert. Délicieusement et richement vert ! Une splendeur !

La roche en bordure de mer est faite de pierres polies couleur de miel avec des reflets roses. Si, si, c’est possible ! Elle se laisse attendrir par l’érosion qui la sculpte et la met en forme. Au gré de l’imagination, on décèle un animal, un visage, une épaule. Et l’imagination, qui se perd dans le temps qui ne file plus, s’invente des chimères qui ravissent les yeux. Les sens sont souverains au royaume de l’esthétisme !

L’eau translucide se joue des teintes qui régalent le promeneur, le baigneur, le kayakiste… et le dauphin. Hé oui ! Campomoro a l’ultime, et non des moindres, privilèges d’accueillir les dauphins chaque soir. C’est un florilège de bonds, de sauts, et de cabrioles. Visite non gratuite, il faut l’avouer. Nos amis sont attirés par la ferme marine qui s’est installée au milieu de la rade. Chaque soir leur compagnie fait partie des réjouissances de ce pays au creux du golfe de Valinco.

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