Bonifacio (entrée: 41°23'1N 09°08'8E)

DE CAMPOMORO A BONIFACIO: LES ANSES DE REVE

Plusieurs fois, nous avons tenté de quitter Campomoro, pour poursuivre notre route vers le sud de la Corse. Mais, les conditions météo nous ont chaque fois refoulés. Jusqu’à ce jour délicieux de septembre, où enfin les tempêtes se sont tues. Les brises estivales laissant la place à un petit vent idéal qui nous poussa jusqu’en bas dans des navigations solitaires qui tutoyaient un bonheur inégalable ! Des navigations au portant le long d’une côte qui abrite de réels joyaux.

La Corse s’étant vidée de ses touristes, nous avons pu jouer les Robinson du mouillage pendant plus d’une semaine, égrenant les anses désertes, de Bonifacio jusqu’à notre remontée vers le Nord, à Saint Florent. La zone séparant Campomoro de Bonifacio, n’est vraiment fréquentable que par temps calme. Elle est en tout cas à prescrire totalement en présence de vents venant du sud-ouest ! Il faut se donner le temps d’attendre ou d’y revenir au bon moment…

ROCCAPINA

L’Anse de Roccapina est un passage obligé lorsque le temps s’y prête. Il vaut mieux y jouer la solitude, et éviter les périodes d’affluence, tant l’endroit est exigu. L’entrée, une des plus mal pavées, est stressante, mais c’est pour mieux mériter le spectacle. L’eau ici est idyllique, l’écume se meurt avec langueur sur une plage de sable digne d’une photo publicitaire ! De plus, l’endroit surveillé par sa tour génoise est complètement désert. Vous vous retrouvez seuls dans un des endroits les plus sauvages que nous n’ayons jamais vu. Seuls, avec la mer, le maquis, les rondeurs sculptées de la roche. L’une d’elle ressemblerait même à un lion, posé sur la colline. Pour le reconnaître, il faut jouer de pas mal d’imagination ! C’est incroyablement beau ! Si la météo était moins versatile, nous y serions restés des jours et des jours… Mais, les calmes, on ne sait jamais pour combien de temps ils nous gratifient de leurs bontés.

BONIFACIO

Lors d’un premier voyage, nous avions passé une journée à Bonifacio. Empruntant comme tous les touristes terriens, les navettes qui vous baladent dans les calanques environnantes. Vous laissant découvrir les grottes, et les formations vertigineuses de calcaire sur lesquelles reposent encore, par miracle, les fondations des maisons qui bordent la corniche de la ville haute. Lors de ce premier voyage, nous avions croisé un bateau à l’ancre, dans une des baies à côté de la ville. Nous nous étions promis d’y revenir par nos propres moyens, et de nous retrouver, nous aussi SEULS, au milieu des eaux turquoise si fluorescentes qu’elles en sont aveuglantes.
L’anticyclone béni, qui poussa ces jours de septembre au-dessus de nos têtes, permit la réalisation de ce rêve ! Nous jetâmes notre dévolu sur l’anse Fazzuolo. Simplement parce que c’était là que nous avions envié quelques années plus tôt le bateau solitaire. Nous avons craint que la base des Glénans notifiée dans les instructions nautiques y ait laissé ses bateaux. Mais, nous avons découvert, avec un énorme soulagement, que l’anse nous ouvrait ses bras vierges, comme si elle nous attendait.
Nous avons assisté lors de notre descente vers le Sud de la Corse, à un changement géologique remarquable. Après Porto, les formations rougeâtres, laissent la place aux roches granitiques couleur de miel. Celles-ci nous accompagnaient depuis Sainte Barbe, régalant notre imagination. A Paragnano, l’anse voisine de celle où nous sommes, nous remarquons, que sans transition, le granit cède sa place au calcaire. Tout juste une plage, comme un trait d’union pour marquer la rupture. Avec ce changement, l’eau s’adapte. Nous quittons les tons doux et émeraude pour rejoindre la luminosité du turquoise.

Les falaises calcaires méritent, elles-aussi des balades en kayak. Par ce mode de promenade, on donne une version nautique au chemin des Douaniers qui longe les sommets. Je ne sais pas ce qui donne plus le vertige ? Regarder d’en haut vers les flots ou lever les yeux vers le haut des falaises qui semblent plonger vers vous au ras de l’eau?

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