Sapzurro : Aux Portes du Panama

Navigation depuis Fuerte

Quatre-vingts milles séparent Isla Fuerte de Sapzurro. Nous partons le 23 février à 17 heures de Fuerte. La nuit est calme, la mer belle, le vent suffisant pour progresser à la voile, la lune généreuse, des dauphins débonnaires viennent me rappeler qu’il faut que je veille pendant mon quart (hum !) et au petit matin, un fou vient se reposer sur l’ancre. Une très belle navigation ! A l’approche de notre dernière escale colombienne, nous découvrons un mur de montagnes caché dans une mauvaise humeur grise et pluvieuse. La houle qui avait été gentille se lève subrepticement, de gros rouleaux d’écume remparent chaque côté de la baie évasée de Sapzurro. Les pêcheurs de Fuerte nous avaient conseillé de passer plus près de la bouée verte que de la bouée rouge. Nous cherchons partout le balisage d’entrée et rien, nous ne voyons rien. Nous réalisons en entrant que les bouées en question, sont des balises perchées sur les rochers et cachées par la végétation. Elles ne servent à rien, ou à pas grand-chose. De nuit, elles sont éteintes et de jour, je me demande bien comment on oserait passer dans cette barrière de rouleaux en se rapprochant de la verte ??? Et puis, il faut savoir que les traces électroniques nous font passer par dessus les montagnes au travers d’un chenal rocambolesque qui pousserait notre étrave au coeur de la forêt tropicale ! Vive les cartes électroniques !!! Heureusement, mon capitaine continue la bonne vieille méthode de carte papier, gomme, crayon et report manuel de point GPS, dans ce genre d’endroit rien de tel pour éviter l’échouage !

Dans la baie, nous sommes très déçus. La seule place confortable est déjà prise. La baie est grande et très évasée vers le large, mais, elle ne présente que deux petites zones ancrages. L’un au Nord est rendu scabreux car parsemé de corail. (Il faudrait un temps ensoleillé et une veille à la première barre de flèche pour ne pas se tromper) L’autre au Sud dessine une petite plage protégée par le récif, mais seuls un ou deux bateaux peuvent y séjourner en même temps à condition d’y ancrer à la bahaméenne. (ancre à l’avant et amarrage au cocotier par l’arrière)

Nous n’avions pas réservé notre place... Déjà quatre bateaux sont à l’ancre, nous n’avons d’autre choix que de nous placer tant bien que mal face à une houle monstrueuse qui, si nous n’assurons le bateau par une ancre arrière, nous roule bord sur bord.

L’avantage d’une telle situation, c’est qu’elle ne donne aucune envie de rester à bord. Du coup, nous partons chaque jour tôt le matin et ne revenons qu’à la nuit tombée. Entre temps, balades et découvertes sont au menu de nos dernières journées colombiennes.

Sapzurro l'escale

Dès notre premier débarquement à terre, une petite fille prend d’assaut ma jambe, elle s’y accroche pour que je la balade... Moyen économique de déplacement pour cette jeune Guliana, mais épuisant pour moi. Elle veut tout : que je la prenne en photo, que je l’accompagne à « la Miel », que je vienne photographier sa maison, que je l’emmène le lendemain à l’école.... Oulàlàlà !!! Mais c’est un paquet d’énergie ce petit être. Elle est toute frêle, mais parle vite et avec une détermination qui laisse supposer qu’elle ne se laissera pas faire dans la vie. Heureusement, sa grand-mère passe par là, et vient m’aider à canaliser toute cette énergie.

C’est qu’en peu de temps on se sentirait presque débordé...

Retour à la maison avec l’oeil déçu et le front bas... Mais elle a eu le temps de m’apprendre beaucoup de choses, notamment, qu’il y avait de l’autre côté de la colline un village : « la Miel ».

Au retour vers le bateau, un marinero nous signale que « el commandante » désire rencontrer les capitaines du mouillage. Nous partons donc en rangs serrés vers la guardia civile. Nous sommes accueillis par des militaires en uniforme dans le plus grand bâtiment du village. A côté du guichet d’entrée, une cellule ouverte dévoile un écriteau : « sala de réflexion » ! (salle de réflexion) Méditer derrière des barreaux, voici une conception toute militaire de l’état zen ! Nous ne sommes pas franchement à l’aise, nous avons fait les formalités de sortie à Carthagène, il y a plus d’un mois. Notre Zarpé indique bien les points de passages où nous nous sommes arrêtés. Mais il ne nous donnait que 15 jours de balade... Profile bas, donc pour tous les équipages qui sont quasiment dans la même situation que nous.

Pourtant, le capitaine qui nous accueille se montre plus empressé de nous présenter le nouveau poste de garde que de consulter nos papiers. Il nous montre la cuisine, la salle de billard dont il semble très fier, la salle de télévision, à l’étage chaque militaire dispose de son studio... Et clou de la visite, nous passons dans le jardin, côté versant de montagne, où les militaires prennent à coeur de nous désigner le sommet où sont cantonnés les militaires panaméens. Observation en « chiens de faïence » pour deux nations qui étaient autrefois unies.

Puis, le capitaine nous fait passer dans un bureau, où « el commandante » nous reçoit. Là, nous avons droit à un cours de « politique sécuritaire touristique et diplomatique ». En gros, le commandant prend à coeur son rôle et les directives gouvernementales dont les priorités sont de protéger les touristes afin de développer cette industrie vers laquelle la Colombie se tourne. Sans y prêter plus d’attention que cela, le capitaine a recopié notre Zarpé dans un grand cahier pendant notre leçon. Aucune mention n’est faite au dépassement de nos droits. Et tout le monde nous souhaite de passer un bon séjour sur place. J’avoue que la Colombie est en matière de formalités l’un des pays les plus complaisants pour les bateaux et les équipages.

Dès le lendemain, encouragés par la petite Guliana et les militaires nous voici partis en randonnée. Le bateau étant toujours aussi chahuté, nous le laissons sans état d’âme.

Sapzurro est le dernier village de la Colombie avant d'entrer au Panama. Aucune route n'y passe. Par la terre, seuls des chemins qui se faufilent à travers la montagne et la forêt tropicale y accèdent. La plupart des Colombiens y viennent en Lanchas. Périple rendu dangereux en raison de la houle toujours présente. Appuyé sur des montagnes verdoyantes, le village est constitué de moins d'une centaine de maisons. Trois cents personnes vivent en permanence à Sapzurro. Il y règne une atmosphère de bout du monde, rythmée par les offices de l'église et la cour d'école. Ici tout paraît si tranquille que le temps y semble peser plus lourd qu'ailleurs. Les sons s'engourdissent dans une aire d'éternité. Sans prétention, le village est rendu mignon par ses ruelles étroites et le soin donné aux fleurs. Les maisons sont basses, faites de bois ou " en dur ". Elles sont proprettes et chacune présente une façade fleurie. Ce village est agencé comme un jardin botanique ! Hibiscus rouges, orange, roses, blancs à fleurs doubles ou triples, daturas et alamandas jaunes, frangipaniers, jasmins trompettes, arbres-pagodes, Ixora... Rares sont les espèces tropicales non représentées dans ce village qui ruisselle de couleurs et de lumière même par temps de grisaille.

Outre les maisons qui abritent la population locale, certaines maisons de vacances appartiennent à des Colombiens venus des grandes villes de Colombie : Medellín, Bogota, Cali... L’une d’entre elle ne cesse de nous étonner. Un chemin taillé dans la montagne grimpe les contreforts sur lesquels le village s’appuie. Des haies d’hibiscus taillées ouvrent la voie. Surplombant la baie, une maison étrange et complètement en ruine nous accueille. Faite d’alcôves taillées dans la montagne, les lits, les banquettes sont également façonnés dans la roche. Le toit de paille s’écroule doucement. Seules les céramiques de couleurs vives sont encore en bon état. Nous nous faisons aussi petits que des souris, pour nous faufiler dans cette demeure étrange. De la terrasse la plus haute, nous attendons un rayon de soleil qui illuminera le panorama sur la vaste baie qui s’ouvre vers le large.

Au Nord du village, un autre chemin monte à pic dans la montagne. Un chemin balisé, taillé dans la glaise et dans la pierre mène au sommet d’une crête. Cette crête qui s’avance tel un éperon vers le large est la frontière entre le Panama et la Colombie. Après une ascension qui met à l’épreuve nos mollets engourdis de marins nous trouvons un poste de garde panaméen. Un gros chien avachi sur la borne frontalière tient le rôle de mascotte des militaires basés là. Les militaires nous disent en souriant qu’il se remet d’une bataille livrée aux chiens de la ligne ennemie... Ces garçons, de forts gaillards vivent dans des conditions de campagne guerrière. Cabanes ajourées, recouvertes de treillis de camouflage, mitraillettes et armes lourdes prêtes à servir, voilà le décor que tentent de cacher deux gros bouquets d’hibiscus.

Il faut dire que les Panaméens restent traumatisés par les années 2000. Au début de ce siècle en effet, les Farc poursuivis par les paramilitaires colombiens ont tant progressé vers le Nord qu’ils se sont retrouvés dans le parc national de Darien qui jouxte les deux frontières. Au passage les deux clans de guérilleros ont semé la terreur dans les villages frontaliers. Les Panaméens ont très mal pris la chose. Depuis, afin d’éviter toute « contamination colombienne » les militaires ne relâchent jamais leur vigilance.

Jamais ???
Aux abords du poste de frontière, la vue est mal dégagée, un gros arbre m’empêche de prendre LA photo du mouillage. Je ne vois pas qu’il y a un écriteau « no passe » et je poursuis le chemin au-delà du canon, de la réserve d’arme et du bosquet d’hibiscus... Patrick, notre ami est en grande conversation avec le sergent de garde. Je finis par me percher face à un panorama dégagé de toute branche, mais le soleil tarde à revenir. J’attends donc patiemment qu’il revienne. C’est sans doute un peu long, car le sergent qui avait compté 3 nouveaux arrivants n’en voit plus que deux, le chef qui est en bas au village de Miel s’énerve à la radio. Et me voici priée de descendre de mon perchoir avant que le soleil n’éclaire la baie...

Zut... Ils ne sont pas drôles ces militaires !

Le village de Miel ne présente aucun intérêt mis à part que c’est le premier village panaméen. Il y règne une de ces ambiances de tristesse... Je me demande si Panama paye les gens pour y rester ??? Il y a bien une plage, elle pourrait être belle si les rouleaux chargés de saleté n’y faisaient leur dépôt immonde. Les gens vivent dehors, personne ne souffle le moindre « bonjour ». Ca nous change, car depuis notre arrivée en Colombie nous décochions plus de bonjours dans nos journées que nous n’en avions prononcés dans toute notre vie.

Nous revenons à Sapzurro, soulagés de retrouver les sourires et l’ambiance colombienne. Au détour d’une petite plage nous trouvons sous une cocoteraie Carlos Enrique. Il a accueilli notre ami Patrick qui n’avait pas eu le courage de faire la descente et la remontée de Miel. Carlos a ramassé notre ami sur le bord de la plage, il l’a installé dans son patio pour lui offrir du jus frais de goyave. Lorsque nous passons à notre tour, nous sommes invités par Carlos, Juan et son frère. Nous sirotons ce jus de fruit délicieux pendant que chacun nous parle de la Colombie, des problèmes mais surtout des beautés d’un pays dont ils sont fiers. Nous leur communiquons notre étonnement quant à la différence d’atmosphère entre Miel et Sapzurro pourtant partagés par une simple colline. Ils nous disent avec l’oeil pétillant d’humour que les Panaméens sont des gens tristes depuis que les États-Unis ont décidé qu’ils ne devaient plus appartenir à la Colombie... Et quand nous leur demandons ce qui s’est passé en 2000, ils en parlent en disant que c’était terrible à Sapzurro aussi . Tout le monde avait peur. Mais aujourd’hui, tout est oublié, ils se sentent dans la région la plus sécuritaire du monde. En effet, depuis ces événements, les États-Unis et le Panama ont dressé un tel dispositif de vigilance par satellite, avions, armées de terre et de mer, qu’ils disent qu’il ne peut plus rien y arriver...

Nous souhaitons également que les Colombiens gardent le sourire. Qu'ils restent tels qu'ils sont allègres et bons vivants ! Les Colombiens que nous avons rencontrés depuis Cabo de la Vela jusqu'à Sapzurro ont tous été si affables. En onze escales et 410 milles parcourus le long des côtes caribéennes de la Colombie nous nous sommes littéralement réchauffé le coeur au contact de gens tous plus adorables les uns que les autres. Serviables et ouverts, ils forcent notre admiration et marquent à jamais notre mémoire. Leur pays traîne des problèmes lourds et difficiles à gérer. Et pourtant, nous ne nous sommes jamais sentis en danger. Les Colombiens nous ont aidés à trouver notre rythme, ils nous ont ouvert les bras pour nous guider vers les beautés de leur pays, nous offrant chaque jour toute leur âme...

Une très belle âme!


Sapzurro en pratique

Approche

Cliquez pour agrandirNavigation point GPS d’approche : 08°39.80N 077°21.00W

Ce point se trouve en dehors de la baie. Au-delà de celui-ci visez le centre de la baie. Les deux bouées rouge et verte de l’entrée ne sont pas d’une grande aide. Elles sont positionnées sur la terre. Lorsque la houle entre dans la baie, les rouleaux importants sont visibles de chaque côté de l’entrée, ils recouvrent des plateaux de récifs. Par temps calme cela ne déferle quasiment pas. On prendra garde quel que soit le temps d’entrer bien au centre et d’éviter les récifs qui débordent de chaque côté de la baie.

Le mouillage

Le mouillage se situe dans le Sud de la baie, cette partie est ouverte à la houle, mais le nord de la baie est tapissé de têtes de corail. La plage du Sud qui se termine par une haie de cocotiers est protégée par un récif qui affleure. Contourner ce récif et mouiller à l’abri de cette pointe dans près de deux mètres d’eau. Mouiller l’ancre à l’avant et reculer vers la plage en prenant garde au fond selon votre tirant d’eau. Frapper une amarre aux cocotiers. Si vous avez la chance de trouver cette place-là, c’est la meilleure de toute la baie (pour 1 à 3 bateaux). Point GPS du mouillage abrité: 08 39.320N et 077 21.845W

Si elle est occupée, vous pouvez vous amarrer dans 8 à 2 mètres d’eau en assurant la position du bateau face à la houle par une ancre arrière ou par amarrage au cocotier. L’ancre arrière est moins efficace, car la nuit quand le vent tombe elle n’empêche pas le bateau de se mettre en travers.

Niveau de sécurité

La guardia costa opère des tours de ronde réguliers dans le mouillage et au large. Une base est installée dans le village. Il n’y a eu aucun problème recensé par les plaisanciers, aucun vol, aucune agression sur les bateaux ni à terre. La vie est plutôt douce et tranquille. Dans le village, les militaires se mêlent aux villageois. Ils sont très présents et armés.

Dans le texte ci-dessus je mentionne un événement qui s’est produit en 2000 avec une incursion musclée du Farc et des paramilitaires. Cela n’était jamais arrivé depuis l’insurrection des guérilleros en 1960.

Depuis quelques années la guardia se fait extrêmement présente décourageant la violence dans les villages et rassurant la population.

Formalités

Il est impossible d’effectuer ses formalités d’entrée ou de sortie à Sapzurro. Lorsqu’on vient de Carthagène, la sortie s’est faite là-bas avec mention des points intermédiaires ou vous passez avant de franchir la frontière. Cela vous donne droit à un Zarpé avec Puntos Intermedios. La guarda de Sapzurro vous demandera de passer dans leurs bureaux, ils vérifieront uniquement le Zarpé, et ne vous demanderont pas votre sortie. Ils savent qu’en général vous avez mis plus de temps qu’il n’est mentionné pour le faire.

Pour les formalités d'entrée et de sortie au Panama. Il faut s'arrêter par temps calme à Obaldia. Le mouillage n’est absolument pas protégé, il vous faut une fenêtre météo sans houle, sans vent annoncés. A Obaldia vous pourrez faire les formalités d'entrée et de sortie pour Panama. Lorsque vous sortez du Panama vers Colombie, présentez-vous à la cellule diplomatique de Colombie, ils tamponneront votre passeport. Cette formalité est une marque de courtoisie. Elle n'a rien d'officiel, vous devrez faire votre entrée nationale soit à Capurgana, soit à Carthagène. Vous pouvez naviguer jusqu'à Carthagène à l'intérieur des eaux territoriales colombiennes avec le zarpé délivré par le Panama. Si après les formalités de sortie à Obaldia vous revenez sur Sapzurro, présentez-vous également à la guarda de Sapzurro, même s'ils ne font pas d'entrée officielle, le fait d'y passer entretien de bons rapports entre navigateurs et gardes-côtes colombiens.

Au village

Il est strictement interdit de laisser ses poubelles au village.

Eau
Vous pouvez "bidonner" au robinet qui est sur la place du village. Demandez à Chila ou Myriam qui sont souvent sur la place de l'église à vendre des glaces ou de l'artisanat.

Restauration
Nombreux petits restaurants. 15 000 pesos le plat de poisson, 20 000 les crevettes.
N'oubliez pas de déguster les glaces de Chila! Les meilleures glaces de la planète au goût de mûre, de fraises, de coco ou de café, faites maison, à 1500 pesos un délice !

Approvisionnement
Des petites tiendas vous dépanneront en conserves, yaourts, fruits, légumes...La lancha passe le samedi, approvisionnement en fruits et légumes frais le dimanche. Attention, les quantités sont restreintes ne manquez pas votre tour.

Gasoil
Les pêcheurs du village vous proposeront gasoil, eau, poissons...

Quincaillerie
Une petite quincaillerie vous dépannera pour les menus besoins en manille, clé à molette, vis, clous...

Navettes rapides vers d’autres destinations
A Sapzurro un guichet de voyage vous vendra des billets pour vous rendre dans les plus grandes villes du pays. Chaque jour est consacré à une ou deux destinations. Départ en lancha de Sapzurro, arrivée en général à Turbo et de Turbo des bus partent en tout sens dans le pays : Bogota, Medellin, Cauca, Quindio.

Logement à terre
Possibilités de logement à Sapzurro chez Carlos Enrique. Il vous accueille à la bonne franquette, pour un séjour où « l’esprit trouve la tranquillité et le corps le repos »
Courriel : Paraisocangrejales@yahoo.es

Manière d’arriver à Sapzurro sans bateau. Via Obaldia (Panama) qui est desservi par une piste d’atterrissage. Sur place demandez à une lancha rapide de vous conduire à Sapzurro.

Randonnées vers La Miel
Au nord de la baie, un sentier vous mène à la frontière panaméenne et jusqu’au village de la Miel. De « La Miel » vous pouvez vous rendre à pied jusqu’à Obaldia (dix kilomètres à vol d’oiseau). C’est un trajet régulièrement utilisé par les voyageurs en sac à dos.

Capurgana
On ne peut loger en bateau devant Capurgana, le rivage n'est pas abrité de la houle. Demandez Fernando au village de Sapzurro. Il vous y conduira pour 12 000 pesos par personne aller/retour. A Capurgana vous trouverez un service Internet (1000 pesos la demi-heure). Les tiendas sont mieux achalandées qu’à Sapzurro, vous y trouverez plus facilement des fruits et des légumes, des boulangeries, et conserves. Nombreux petits magasins touristiques (chaussures, tee-shirts, souvenirs en tout genre) Et puis c'est à Capurgana que vous démystifierez le "molla kuna" pour de bon. Il est décliné sous toutes ses formes : chaussures, sacs à main, tee-shirt, casquette... Vous le trouverez moins cher que chez les Kunas, mais pas toujours d'une qualité exceptionnelle. Il y a par contre un artiste qui peint à la commande les tee-shirts...

Faune

Le parc de Los Katios à la frontière du Panama, abrite des espèces aussi variées que le puma, le renard, chien de montagne, ours andin, singes hurleurs, aigles blancs, plus de 60 espèces de poissons d’eau douce répartis dans de nombreuses rivières, tortues, raies de rivières et de mer, perroquets...

Flore

Forêt tropicale humide à très humide. La pluviosité pouvant atteindre à certains endroits des records de 7000 mm par an.

Informations générales sur la Province de Choco

Superficie de la province de Choco :
46 530 km² (représente 4,07% du territoire global de la Colombie)

Cette province est sans doute la seule de Colombie à posséder deux façades côtières. La façade pacifique s’étend sur plus de 400 kilomètres de côtes. La façade caraïbe où se trouve Sapzurro et Capurgana est une côte sauvage, très peu construite où aucune route ne désert les dernières villes de Colombie. Le Nord de la province se finit par la frontière avec le Panama. C’est l’une des provinces de Colombie la moins densément peuplée. Choco représente moins d’1% de la population globale du pays. Coupée du reste de la Colombie par la cordillère occidentale et un paysage de jungle inextricable, Quibdo, le chef-lieu concentre 32% de la population et Choco et représente la seule grosse agglomération de la province.

Le reste de la province est fait de petits villages où se concentrent multiples ethnies différentes. Deux grans parcs nationaux. Le parc national de Utria de 54 300 hectares de forêt et 12 000 hectares de côtes pacifique où les baleines viennent donner naissance à leur petit. Le parc d’Utria préserve l’une des plus vastes biodiversités de la planète. Malheureusement, ce parc est aussi le “terrain de jeu” du Farc qui n’hésite pas à séquestrer des touristes colombiens ou étrangers. (dernier événement en date 6 enlèvements en janvier 2008)

Au Nord de la Province dans le golfe d’Arien le Parc national de los Katios couvre 72000 hectares. Ce parc a été déclaré patrimoine mondial de l’UNESCO en 1994. A l'intersection entre un paysage maritime, la montagne de Serrania de Darien et les vallées sillonnées par les rivières d’Atrato et Cacarica le parc est un point de passage important pour la faune d’Amérique du Sud.

Choco est l'une des provinces les plus pluvieuses de la Colombie.

Population

Choco compte 420 000 habitants, ce qui représente 0,99% de la population nationale. Sa densité de population est faible, on compte moins de 8 habitants au kilomètre carré. Au sein de la population départementale, plusieurs ethnies ont été recensées. La plus importante est celle que l’on nomme “Afrocolombianos” (les Afrocolombiens), qui représente 90% de la population du département. Lorsque les Colombiens parlent de l’état de Choco, ils disent que c’est LEUR Afrique. Des villages ressemblant en tout point aux villages africains, une population noire quasiment pas métissée. Il faut savoir que les noirs ne représentent que 6% de la population totale du pays. Ici, la population vit à l’africaine respectant les cultures ancestrales et préservant même leur propre musique.

Population indienne divisée en trois groupes, les Emberas (présents aussi côté Panama), les Waunanas et les Tules répartis sur 75 sites, ce qui fait de l’état de Choco le territoire où les Indigènes sont le plus présents.
Remarque :
L’éloignement et la difficulté d’accès ont pour conséquence que l’état est à la merci des forces armés révolutionnaires et des paramilitaires. Les guérilleros bénéficient d’un terrain accidenté et si dense en végétation qu’il en fait un abri idéal pour commettre leurs exactions.

Histoire

Le département est habité depuis 12 000 ans. Les premiers habitants vivant de la pêche et de la chasse étaient regroupés autour de la frontière actuelle du Panama. Les conquistadores trouvèrent dans la région des Indiens Emberas, Waunana et Tules. En 1510 Fernandez de Enciso établit la ville de Santa Maria La Antigua del Darien. Pendant la période coloniale, c’est vers l’état de Choco que la plus grande part des esclaves de la Nueva Grenada fut acheminée. Ils étaient destinés à l’exploitation des alluvions aurifères. Raison pour laquelle aujourd’hui, à Choco, la population noire est la plus importante du pays.

 

Principales ressources économiques de la province de Choco

L’économie de Choco représente 0,4% du PIB national.

- L'agriculture garde une forme rustique et remplit les besoins alimentaires de l’état sans pouvoir exporter vers les autres provinces. Cultures de maïs, riz et bananes plantains. Fruits à consommation locale.
- Mines d’or, d’argent et de platine.
- Le tourisme fait ses débuts. Nuqui attire des touristes mais avec les derniers enlèvements par les farc à cet endroit la plus grande prudence est à observer. Les Colombiens aiment se reposer à Capurgana. C’est l’occasion pour eux de faire un tour en lancha jusqu’à Sapzurro et la Miel. Une journée tranquille de marche et de balade en mer.
- Service public et administratif à Quibdo.

Sources et bibliographie : Voir rubrique générale dans l'introduction consacrée à la Colombie.


Toutes les informations ont été mises à jour en Mars 2008
Texte : Nathalie Cathala - Photos : Dominique et Nathalie Cathala. Tous droits réservés.
www.etoiledelune.net