Archipel de San Bernardo
Trois mondes pour trois expériences inoubliables

Ile d' Islote

Ce qui frappe en premier lorsqu’on arrive à San Bernardo c’est le comportement des Islotiens. Ils font régner sur l’archipel une atmosphère particulière. Les pêcheurs vont et viennent en barque à rames ou munie de voiles en sacs-poubelle troués. Ils nous saluent d'un grand sourire et ils poursuivent leur route. Depuis le début de notre « aventure » colombienne, nous n’avions pas trop le temps de nous poser de question, lorsque nous arrivions dans un mouillage, rapidement les Colombiens venaient nous voir. Pour tout, pour rien, parce qu’ils sont curieux et d’un abord ouvert.

Ici, à San Bernardo, ils agissent un peu comme s’ils nous laissaient nous installer. Et leur discrétion nous intimiderait presque. C'est la première fois que nous sommes dans un mouillage des Caraïbes et que nous voyons tant de monde qui n'a rien à nous dire ou à nous vendre. Petit à petit nous nous familiarisons à l'ambiance qui est faite d'observations mutuelles. Nous les regardons passer avec des bidons. Revenir avec du bois de chauffage. Repasser avec des enfants. Pêcher avec les pélicans... Ils vivent leur vie, comme si nous étions transparents. Ils nous laissent une paix royale et nous respectons leur tranquillité.

Puis, un matin, nous entendons une barque qui vient se placer le long de L'Etoile de Lune. Nous sortons d'un bond... Luis et Pedro se présentent timidement. Ils ont un problème nous disent-ils. Avec un monceau de délicatesse, ils nous demandent s'il peuvent "quérir une faveur".

J’adore leur manière de nous aborder, avec dignité et toujours avec le sourire.
Bien sûr ! Nous ne serions que trop heureux de les aider.

Leur batterie manque de liquide, ils veulent tout simplement de l'eau déminéralisée. Nous leur offrons une grande bouteille. Ils la saisissent comme si c'était le bien le plus précieux qu'ils aient reçu. Ici, l'eau vaut de l'or. Il n'y a que celle qui tombe du ciel. Il ne pleut plus depuis des mois. Les villageois creusent des trous dans le sable de Tintipan pour filtrer une eau saumâtre qui leur sert d'appoint. Un bateau les livre parfois, depuis Carthagène, à 40 milles d'ici, mais cette eau-là est très chère. Luis, avant de partir nous invite à venir voir le village d'Islote. Nous lui promettons d'y aller de ce pas.

En un coup d'annexe, nous nous retrouvons aux portes d'Islote. Ilot d'un demi-hectare à peine qui s'étale tout en rondeur au ras de l'eau. Partout des maisons basses viennent jusqu'au bord de l'eau. Ils luttent contre l'érosion de la mer en bâtissant des éperons de roches qu'ils font venir par barges du continent. Partout, il n'y a que des maisons basses, seule l'école possède un étage supérieur. Les villageois n'ont-ils pas pensé à gagner vers le ciel ce que la terre ne leur a pas donné?

Problème : Où met-on l'annexe? Où débarquons-nous? Nous ne voudrions pas atterrir dans le salon d'un grand-père... Nous trouvons finalement un vivier qui retient un énorme mérou, des langoustes, des crabes, des pagres plantureux et de drôles de poissons avec de gros yeux, des nageoires comme des ailes de chauve-souris et une peau de léopard. Ce grondin-là, je n'en mangerais pas!

Nous accrochons l'annexe aux poteaux qui délimitent le vivier. Puis, nous tentons de nous frayer un chemin pour découvrir Islote. Très vite, nous nous sentons perdus. Si nous allons à gauche, nous tombons dans un poulailler. A droite c'est la cuisine d'une mama qui prépare le repas. Mmmm! Ca sent bon! En face de nous, il y a un salon ombragé sous un arbre. Perdus, nous sommes perdus avant même d'avoir mis le pied sur cette île lilliputienne !

Un gamin vient vers nous, pas pour nous voir, mais pour compter ses poissons. Nous le saluons, nous lui demandons si l'annexe gène à cet endroit-là. Il nous dit : "no problema"... Et il s'éclipse. Pas causeur!

Nous nous réfugions sous un arbre, il y a une myriade d'oiseaux en cage suspendus dans les branches. Un sapin de Noël, mais ce n'est pas le Noël de la liberté pour les oiseaux. Ils ne chantent pas, discrets comme les gens d'ici. Puis, le gamin réapparaît dans l'embrasure d'une porte. Il a compris notre désarroi. Il nous dit que la rue est par là. Il nous montre la porte où passer. Nous nous sentons comme des extra-terrestres fraîchement débarqués sur Terre... Nous passons derrière le fauteuil d'un vieux monsieur et nous trouvons effectivement une ruelle mince, si mince! Il y a des coins et des recoins partout. L'îlot est un labyrinthe de portes, de fenêtre, de murs et de cordes à linge. Bien malin celui qui parvient à faire cent pas sans rentrer chez quelqu'un! Férus de cyclisme ou de course à pied s'abstenir...

Au centre de l'île, une croix, un chien, des poules et des enfants nus jouent au soleil. Derrière eux se dresse le bâtiment le plus grand de l'île, une école rose, qui est fermée aujourd'hui. Devant l'école, deux femmes les bras chargés d'enfants discutent, nous leur demandons si nous pouvons prendre des photos, elles nous répondent avec un respect et une discrétion impressionnante.

Nous apprenons que le village compte 1200 personnes dont 600 enfants, tous répartis dans 90 maisons. Nous comprenons pourquoi les pêcheurs ne vendent pas leur poisson, il est destiné à la consommation locale... Quand on leur demande pourquoi ils ont choisi de s'agglutiner sur ce petit lopin de terre plutôt que de vivre sur la grande île de Tintipan. Ils nous répondent qu'ici, c'est tranquille et que les ancêtres ont fui Tintipan car l'île est considérée comme la "mère des moustiques". Pas de moustiques donc, mais pas d'eau courante non plus. Peu importe, les Islotiens ont de la suite dans les idées, ils peignent sur les murs les fleurs qu'ils ne pourront jamais faire pousser. Pour l'énergie, des génératrices exténuées et en perpétuelles réparations sont à l'oeuvre 24 heures sur 24. Elles sont alimentées au gaz qui est moins cher en Colombie que "la gazoline". On comprend dès lors pourquoi il y a si peu de moteurs hors-bord ! Dans le village la technologie est réduite aux groupes électrogènes, aux radios qui égrainent des chansons d'amour à longueur de journée, à quelques télévisions. Il n'y a pas ici le moindre téléphone ni fixe, ni portable. Pas d'ordinateur, pas d'Internet. Qu'en feraient-ils, ils sont tous là, réunis dans l'île comme une famille unie. Pour se joindre, il suffit de frapper à la porte toujours si proche.

Pour l'éducation des enfants, quatre enseignants se partagent le travail dans une école trop petite pour accueillir tout le monde. Les plus riches envoient leurs enfants sur le continent en pensionnat. Les murs servent d'éducation civique, nous trouvons des pancartes partout, invitant les villageois à prendre soin de la mer qui les nourrit, à considérer leur île comme la maison de tous...

Pour les courses, le village s'organise et quelques habitants partent 3 fois par semaine en lanchas vers le continent pour approvisionner tout le monde. La ville de Tolu est à 25 milles d'ici, ils parcourent cette distance en 45 minutes quand la "brise" souffle, et si les conditions sont bonnes, il arrive que le temps se raccourcisse à 30 minutes.

Pour le coiffeur, ça se passe au rasoir dans la rue entre copains !

Les Islotiens vivent de la pêche. Mais pas seulement, des lanchas amènent chaque jour des touristes en provenance de Tolu et plus rarement de Carthagène car le trajet dure deux heures. Ils viennent passer la journée sur une plage de sable blanc de l'île de Mucura. Les Islotiens, installent des étals où ils vendent un artisanat plus ou moins "local" : colliers, chapeaux, hamacs... Ils préparent aussi de délicieux crabes au BBQ. Chaque jour les touristes représentent une manne pour la population. En plus de ces petits métiers, les Islotiens sont employés comme gardiens dans les demeures de riches colombiens qui s'éparpillent dans le reste de l'archipel. Sur Mucura, il y a un hôtel si fondu dans la nature qu'il a fallu qu'un habitant nous en parle pour qu'on l'aperçoive, là travaillent une centaine de villageois.

Avec les explications des uns et des autres nous comprenons mieux l'atmosphère qui règne à San Bernardo. C'est gens se sont formidablement bien débrouillés. Ils sont autonomes. Ils n'attendent rien de personne et coulent une vie paisible dans un archipel si plein d'une beauté simple qu'il suffit à remplir toute une vie...

Ile de Mucura

Après la découverte d'Islote nous partons vers Mucura, l'île voisine. Luis, lors de son dépannage de batterie, nous avait dit que son fils travaillait sur cette île, à l'hôtel Punta Faro. Il nous avait vivement encouragés à lui rendre visite.

A l'approche de Mucura, nous discernons, fondues dans la végétation, quelques imposantes bâtisses. Un cordon de plages blanches étincelantes dessine le pourtour de cocoteraies échevelées. Parfois, de longs pontons s'échappent vers le large et tentent d'éperonner les vagues poussées par la brise. Dans l'ouest de l'île, une construction, qui s'apparente à un hôtel, se détache nettement. A mesure que nous nous en approchons, un décor féerique se dévoile. Jules Verne et son capitaine Némo sont à renvoyer au placard, ils ont trouvé leur maître !

Une passerelle démesurée s'arcboute au-dessus d'un bassin, au centre duquel, un îlot abrite une piscine. Sur les pourtours du bassin, les maisons présentent un mélange architectural qui rallierait les goûts de Blanche Neige, des schtroumpfs et du capitaine Haddock ! Toutes les portes sont des sas de sous-marins aux couleurs vives. Mélange de genres pour un effet insolite. Nous ne pouvons nous empêcher de comparer les surfaces. Il y a ici de quoi loger confortablement tous les Islotiens de l'île voisine !

Les chambres voient évidemment la mer. Le bar a les pieds dans l'eau. Une tourelle d'observation grimpe à la cime des cocotiers. La salle de restaurant ressemble à une cloche sous-marine colossale... Ici, comme à Islote, les matériaux utilisés sont naturels. La différence se situe dans les finitions... Peu ou pas de béton, tout est fabriqué en bois de teck, de pin et en palmes de cocotiers. Les jonctions des poutres sont faites de cordages marins. Nous passons en annexe sous la passerelle. Nous nous faufilons dans le bassin, c'est la curée de clichés! Je ne me rassasie pas... L'endroit est déconcertant. Absorbée par la curiosité, je ne m'aperçois pas que nous sommes seuls au milieu de ce gigantisme.

Dom, ne dit rien. D'un air amusé il pointe du doigt quelque chose derrière moi... Je me retourne, un homme râblé me fait signe de la main. Tout à coup la féerie s'efface. D'un trait rude, la réalité me ramène à notre exacte situation : nous avons pénétré par effraction dans la place !

Que faire d'autre, que de poser l'annexe au quai d'entrée et de se diriger, profil bas, vers le Monsieur qui nous fait signe ? Nous grimpons à la passerelle et trouvons Juenes, qui nous tend une main amicale et qui nous souhaite la bienvenue chaleureusement. Ouf, on respire mieux ! Il nous entraîne, d'un geste naturel, à la visite les lieux. Il nous dit qu'il n'y a personne car nous sommes hors période de vacances. Il y a quelques semaines, par contre, l'endroit était très animé ! Nous le croyons volontiers. Il nous montre tout. Il me signale au passage que ce que je prenais pour une tour d'observation est une réserve de 13 000 litres d'eau. La place peut accueillir 50 personnes. Tous les matériaux ont été acheminés par barge depuis Carthagène. La maison existe depuis 16 ans...

La maison???
Quelle maison???
Il ne prend pas le temps de me répondre. Il nous entraîne à l'étage de la demeure aquatique de Blanche Neige. Il nous ouvre un sas d'une épaisseur impressionnante. Nous pénétrons dans une pièce magnifique où les essences les plus précieuses se mélangent. Un luxe inestimable! Un grand lit trône au centre d'une pièce ronde dont toutes les ouvertures donnent sur le lagon ou la cocoteraie. Un bar et un salon en lourde ébénisterie d'acajou répondent à la chambre. Une salle de bain au thème du capitaine Némo (le revoilà!) est soignée et n'attend que ses futurs occupants. Au fait, en parlant d'occupants... Je reprends mon flot de questions, demandant s’il y a moyen d'avoir les tarifs d'une telle suite. Il sourit et me montre l'inscription au-dessus de la porte. C'est une plaque en cuivre où il est noté : "Captain's quarters". Il poursuit en disant que la propriété est privée et qu'elle appartient à une grande famille de Medellín.

Je crois en avaler mon appareil photo ! Je perds le cours de la conversation. "Pas un hôtel", "propriété privée", "grande famille", "Medellín " Les mots s'embrouillent soudain, et une idée m'assaille.
Et si nous étions dans la chambre d'un.... ?????
Noooon!!!!
Pas possible!
Après tout, c'est peut-être l'antre d'une famille respectable d'industriels... Je chasse d'un sourire le plus assuré possible toutes ces idées. Trop tard, notre hôte a lu sur mon visage comme dans un livre ouvert. Il a un petit sourire en coin et il nous pousse vers la terrasse ombragée. Deux magnifiques sièges en mahogani basculent sous le souffle de l'alizé. Je m'installe dans l'un d'eux pour la photo... Après tout, au point où nous en sommes !!!

La visite se finit, nous croisons l'épouse de Juenes. Tous deux ont pour mission d'entretenir la propriété pendant l'absence de leur patron, dont nous ne chercherons pas à connaître la nature réelle des occupations.... Les au revoir se passent dans de grands sourires et de grands remerciements.

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons à Punta Faro. Réfugiés sous un immense caoutchouc, nous n'avions pas remarqué l'hôtel à notre premier passage. Nous découvrons ici tout le confort que nous n'imaginions pas trouver, dans cet archipel, que nous pensions si reculé du monde...

Edwin, le fils de Luis, nous accueille à l'entrée. Il passe plus d'une heure à nous faire visiter le complexe qui emploie près d'une centaine de villageois pour accueillir au maximum 140 clients. Une nuit dans une suite à l'hôtel représente le salaire d'un Islotien. L'hôtel est vide pour le moment, mais d'ici quelques jours, il y aura une centaine de cadres de Kellog qui viendront pour un colloque. Je reste dubitative quant à l'exactitude de la définition du mot dans un tel endroit. Cocotiers, sable blanc, hamacs et mer cristalline ne sont pas là pour favoriser toute la concentration nécessaire aux conférences...

L'endroit est parfait. Des gîtes en bois, aux aires de repos sur la plage, en passant par le jardin, l'ensemble est orchestré sous l'égide de l'harmonie et de la paix. Le jardin croule littéralement sous des cataractes de fleurs. Chaque jour, elles reçoivent les soins attentifs d'un jardinier qui les arrose.

A vrai dire, un simple chenal maritime sépare deux mondes radicalement différents... D'un côté, Islote attend la pluie. De l'autre, Mucura fait tourner un désalinasateur pour arroser ses fleurs... Edwin, Islotien de naissance, nous explique que tout cela est très bien accepté. Chaque famille a au moins un de ses membres qui travaille soit à l'hôtel, soit dans les demeures des riches Colombiens de l'archipel... Tout le monde s'y retrouve... Nous sentons qu'Edwin est fier de travailler pour Punta Faro. A la fin de notre visite, il nous invite à consulter gratuitement nos mails sur l'Internet haut débit desservi par satellite. Nous n'abusons pas trop longtemps de sa gentillesse... Mais c'est super sympa! Nous lui promettons de revenir le voir avant la fin de notre séjour à San Bernardo.

Ile de Tintipan

Petit à petit, les habitants sont moins farouches vis-à-vis de nous. Ils viennent nous voir. Ils nous abordent toujours avec un respect et une dignité qui rend le contact très agréable. Ainsi nous faisons plus ample connaissance avec Freddy et Antonielo. Ils viennent nous demander des outils ou des pièces qui leur fait défaut afin de réparer un moteur récalcitrant de lancha ou un générateur souffreteux. A chaque fois, nous sommes heureux de leur rendre service. Au jour du passage de la lancha qui vient approvisionner le village, quelle n'est pas notre surprise de voir Freddy venir avec un pochon de tomates, carottes et pomme de terre. D'un grand sourire, il nous tend le sachet et nous dit : "es un regalo" (c'est un cadeau). Il nous demande si nous restons encore un peu de temps. Nous lui disons que nous attendons le vent pour partir sur Fuerte. Avec une oeillade malicieuse, il nous dit que si nous avons besoin d'un "marinero", il est notre homme. Mais il n'attend pas la réponse et il repart, l'air espiègle.

Le lendemain, les hommes du village se rassemblent vers la cocoteraie, ils ont tendu un filet qu’ils ramènent à force de bras vers la plage. Nos amis Hervé et Patrick sont venus nous rejoindre avec leur catamaran. Ils se mêlent aux pêcheurs pour remonter le filet. Les pêcheurs sont tout sourire de voir « los gringos », les pieds dans l’eau, mouiller leur short pour remonter le poisson. Ils sont vifs et indiquent à nos amis comment se placer pour mieux les aider. Je suis restée sur la plage et je photographie tout ce petit monde en plein travail. Ils me lancent des «Hola patrona ! » d’une voix tonitruante. Ils sont heureux, la pêche est bonne. Ils renvoient à la mer ce qui n’est pas comestible, notamment les poissons-porcs-épics. Ces poissons se gonflent d’eau lorsqu’ils ont peur, ils ressemblent à un gros ballon à épines. Les pêcheurs hésitent à les toucher, parfois ils les percent pour les emmener sur le rivage. Mais il leur suffit d’une vague pour s’évader à nouveau vers le large. Les pêcheurs prenent vifs ce qu’ils nomment des « sabado » ou « sabalo » sorte de longs poissons qui s’adaptent à la couleur ambiante. Ils les gardent en vivier sur l’île d’Islote.

Lorsque le filet est remonté et que le poisson est trié, les pêcheurs congratulent notre ami Hervé qui les a si bien aidé.

Les pêcheurs rentrent au village et nous poursuivons notre visite vers la mangrove de Tintipan. Celle-ci abrite une quarantaine de maisons d’exception. Toute bâties en matériaux naturels, elles sont splendides. Quatre maisons sont construites à l’extérieur sur pilotis. Vue sur mer imprenable, et la plus belle piscine du monde à leurs pieds. Un rêve de maisons !

Au détour de la mangrove, un papy nous hèle de sa terrasse :
« Welcome, bienvenido... »

Il crie et il nous invite d’un geste à nous rapprocher du ponton. Nous nous exécutons et en un rien de temps, nous voici à faire la visite des lieux. Cela tombe bien, c’est la maison préférée de mon capitaine. Nous avons droit à la visite de tout. Du sol au toit. Le toit est d’ailleurs exceptionnel, fait de palmes c’est une immense salle ouverte Est-Ouest. L’air passe librement, il n’y fait jamais chaud et on peut y admirer le lever et le coucher du soleil. Un bonheur répété quotidiennement. La visite comprend aussi un tour par les cuisines. Suzy la cuisinière m’adopte sans hésiter comme sa fille. Je porte la même boucle d’oreille qu’elle, elle aime mes cheveux, il n’en faut pas plus pour que je trouve une mère adoptive qui me gave et me fait goûter tout ce qu’elle prépare : crabe mariné, langouste bouillie, patacones, ... Tout ! Elle dit vouloir m’enseigner toutes les astuces pour ne jamais perdre mon mari... En voilà une bonne idée !!!

Dans le patio, les discussions vont bon train, le propriétaire la cinquantaine bien portée explique aux capitaines toute la génétique du zébu. Un homme passionné qui fait des affaires en Colombie... Du bon du coeur, il nous invite à sa table. Nous voici donc en famille réunis autour d’une grande tablée de 14 personnes. Suzy tourne et bourdonne telle une abeille tout autour de nous. Elle s’enquiert de notre bien être, s’inquiète que je ne finisse pas mon assiette...

D’un coup je réalise, que le matin je ne connaissais même pas l’existence de ces gens, eux-mêmes ne se sont pas réveillés en pensant à nous, et pourtant, nous voici dans leur maison, avec eux, comme si nous nous connaissions depuis des années. Accueillis, nourris, nous discutons, nous rions de tout comme des amis de longue date.

Décidément, comment oublier une telle chaleur ? Comment ne pas se dire, que si ils étaient passés un matin devant notre maison, nous n’en aurions certainement pas fait autant pour eux ?

Que dire de tout cela ? J’avoue que je n’ai pas de mot. Simplement un souvenir impérissable d’une journée que seule la Colombie est capable d’offrir.

San Bernardo en pratique

Position GPS du mouillage

Latitude: 09-47.25N
Longitude: 075-51.20W

La navigation en arrivant par le Nord

Point GPS d’approche en venant de Rosario : 09°47.500N ET 75°49.000W l'entrée par cette passe est large et facile. Il suffit de contourner largement la pointe sud-est de Tintipan puis de longer dans 20 mètres d’eau l’île pour arriver dans son sud-ouest où se trouve le meilleur mouillage.

La navigation en partant vers le Sud (Fuerte)

Pour sortir de San Bernardo et se rendre à Fuerte, Dom a joué la carte de la sécurité. Cliquez pour agrandirLe temps était gris nous ne voyions absolument pas les taches de couleurs qui nous auraient indiqués l’emplacement des récifs nombreux. Il a tout simplement suivi les points GPS suivant depuis le mouillage précité :

Cap 122° pendant 1 mille pour rallier le 9°46.7N - 75°50.3W
Cap 189° pendant 0,60 mille pour rallier le 9°46.1N – 75°50.4W
Cap 218° pendant 5 milles pour rallier le 9°42.2N – 75°53.5W
Cap 167° pendant 2,3 milles pour rallier le 9°40.0N – 75°53.0W
Cap 223° pendant 24,1 milles pour rallier le 9°22.4N – 76°09.7W
(à ce point vous serez à l’est, au large de Fuerte, votre prochaine escale)Le mouillage

On peut mouiller au sud de l’île face à l’éolienne d’un hôtel fermé, mais les fonds sont rocailleux et irréguliers en profondeur.

Le mouillage le plus abrité se situe au sud-ouest de Tintipan. Attention, à l’approche on est tenté de se poser sous le vent de la cocoteraie. Il n’y a pas d’eau à cet endroit là. Juste à l’est de la cocoteraie vous trouverez des fonds de 4 à 2 mètres en vous approchant un peu de la mangrove. Plantez l’ancre dans 4 à 6 mètres d’eau.

Particularité du mouillage. En vous approchant de trop de la mangrove vous risquez l’échouage lorsque les vents faibles mais fréquents de sud-ouest vous mettent proue face au large et poupe vers mangrove. En vous éloignant trop de la mangrove, les fonds descendent vite et vous risquez de ne pas assurer l’ancrage correctement. Les fonds ne sont pas d’une tenue régulière, il faut trouver une plaque de sable pour bien crocher. Mais les fonds de corail mort de mauvaise tenue sont légion.

Niveau de sécurité

San Bernardo est la seule escale de Colombie où nous n’ayons pas vu les garde-côte, mais c’est un hasard, car à Fuerte la brigade nous a dit qu’ils patrouillaient également à San Bernardo. Nous n’avons senti aucun problème d’insécurité. Balade avec appareils photos dans le village sans aucun regard équivoque. Pas de larcin non plus sur le bateau. Sincèrement le niveau de sécurité me paraît bon.

Ce qu’on y trouve

Sur Islote

Un petit restaurant tenu par une vieille mama. Il faut aller la voir le matin, pour lui commander ce qu’on veut manger pour midi. Cuisine rustique autant que la préparation. Elle décortique le crabe divinement. Attention, la cuisine est toujours un peu trop salée en Colombie. L’assiette de crabe et patacones : 15 000 pesos.

Tiendas ou petites boutiques où vous trouverez des « gaseosas » (boissons type coca cola et fanta), alcools, biscotte, riz... (Peu de choses en somme) Dépannage, mais pas d’avitaillement possible.

Une quincaillerie n’est qu’un entrepôt spartiate de pièces rouillées. On y trouve aussi de l’essence pour le dinghy.

Pas d’eau.

Sur Mucura

Restaurant de l’hôtel Punta Faro. Très bonne nourriture, prix relativement corrects par rapport au standing de l’hôtel. Une viande à la plancha 25 000 pesos (12,5 dollars)

Internet cher, car connexions via satellite : 11 000 pesos de l’heure (un peu plus de 5 dollars)

L’hôtel produit une eau desalinisée, mais elle est très chère.

Club de plongée.

Site Internet de l’hôtel : www.puntafaro.com
Email : reservaciones@puntafaro.com
contactos@puntafaro.com

 

Toutes les informations ont été mises à jour en Mars 2008
Texte : Nathalie Cathala - Photos : Dominique et Nathalie Cathala. Tous droits réservés.
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