Archipel de Rosario : Une atmosphère de banlieue

Rosario - L'escale

Le meilleur mouillage de Rosario se situe dans le sud, à gauche du chenal où se trouve la jolie maison des gardes-côtes. Nous sommes à peine arrivés que Reimondo vient en planche à voile (sans voile et à la rame) s'agripper à l'arrière du bateau. C'est un gars tout dépenaillé il a un paquet de ris entre les jambes, un sac de jute derrière lui, il me propose du poisson. Il me demande 10 000 pesos, mais il accepte les dollars. Cinq dollars donc, c'est très raisonnable, nous ferons donc affaire. Il me demande aussi un couteau. Il s'installe sur la jupe arrière, il me prépare les poissons. Nous discutons un peu. Puis, il me dit qu'en guise de regalo (cadeau), il m'offre une langouste. La pauvre est si petite. Je n'en veux pas. Il continue à me raconter sa vie. Il a de grands yeux noirs qui débordent de gentillesse. Il a quatre enfants... Pendant qu'il continue d'écailler les poissons je lui prépare un sac de bonbons, de chocolats et des cahiers. Au retour, j'essaye de lui expliquer qu'il ne faut pas pêcher des toutes petites langoustes. Je tente de lui dire à quel point ce genre de pratique met en danger l'héritage qu'il laissera à ses enfants. Mais il insiste c'est un cadeau...
Bon, ben... Pauvre petite chose ! Elle est morte de toute manière et ce pauvre pêcheur a un énorme sourire désabusé.

Il est difficile d'être juste pour sa planète en face de ça... Comment lui expliquer qu'il bousille son avenir en pêchant trop petit, mais comment m'expliquerait-il lui qu’aujourd'hui il a besoin d'argent ? Pas facile d'être juste... Je me rends compte qu'à vouloir être juste pour la planète, cette justice sacrifie des vies d'aujourd'hui pour l'équilibre de demain. Comment faire à notre échelle ???

A Rosario, nous retrouvons enfin l'eau transparente. A vrai dire, nous réalisons que nous n'avions plus vu d'eau translucide depuis bien longtemps... Cela remonte à ... A quand déjà? A Curaçao et notre baignade avec les dauphins ! Diable que le temps passe! Plus de deux mois!

Rosario, tout le monde descend !!!
A nous les bonnes résolutions de début d'année !

C'est promis, nous cesserons, pour un temps encore indéterminé, toute activité qui pourrait nous mener au surmenage ! A nous la vie contemplative ! Obéissant aux adages des rêveurs, je me suis mise en devoir de me trouver une activité de tout repos. Et,... Je cherche donc quel est le meilleur angle pour observer à longueur de journée la transparence de l'eau. Comment capter au mieux, les nuances qui se succèdent du lever du jour à l'orée de la nuit? C'est une question primordiale ! Imaginez cela... L'angle compte plus que tout pour apprivoiser l'émeraude animée par les fonds de sables. Avez-vous pensé aux pastilles jaunes que le récif affleure ? Et plus loin, que faites-vous de l'outremer qui se partage des tranches d'écume ?

Après un chemin d'investigation parsemé d'embûches, j'ai fini par trouver deux points d'observation. Ils se disputent la vedette. Pour tout vous dire, le choix m'est pénible. Je vais peut-être lancer un référendum sur la question. A votre avis? Hamac assis ou hamac traditionnel ?

Vous l'aurez compris, il n'y a pas grande chose à faire à Rosario. L'île est devenue le refuge des maisons de week-end des Carthaginois. Il y en a pour tous les goûts, le bon et le mauvais. Quelques hôtels abritent des jardins dans lesquels nous pouvons nous balader. La réception accepte en général que nous laissions notre annexe à leur ponton et que nous nous baladions dans les environs. C'est le cas de l'hôtel Majagua. Fait de cottages agréablement répartis dans l'ombre fraîche de caoutchoucs aux troncs tarabiscotés.

Nous suivons donc nos bonnes résolutions et pensons passer du temps dans l'archipel qui s'il n'est pas extraordinaire est suffisamment paisible pour y passer du bon temps. Mais un matin, au réveil, la guardia nous prévient que deux moteurs ont disparu la veille. Il n'y a que quatre bateaux dans l'archipel ce qui donne un rapport de vol sur nombre de bateaux présents qui est élevé... Trop élevé!

C'est dommage, tous les habitants ne sont pas à mettre dans le même panier. Mais ce n'est pas agréable comme ambiance. Nous pensons que Rosario est trop près de Carthagène. C'est en quelque sorte la banlieues de la grande ville. Le continent est trop proche. Christian, l'un des capitaines qui s'est fait voler son moteur et qui vit depuis plus de quatre ans dans la région, nous disait que ce n'étaient pas les natifs, qui commettaient les vols. En fait pas directement. Les natifs de Rosario appellent les bandes du continent quand il y a une bonne affaire en vue. Ceux du continent font un raid en barque rapide et ramènent le butin chez eux.

La guardia est sérieuse car dès le deuxième vol, elle a fait appel à des renforts. Ils sont venus immédiatement. Ils sont passés voir chaque capitaine de voilier, rappelant les règles élémentaires de sécurités qui sont de relever l'annexe tous les soirs et de cadenasser les moteurs. Ils ont tant pris leur travail à coeur qu'ils ont organisé des rondes pendant toutes les nuits. Même si leur présente peut rassurer certains navigateurs, pour tout vous dire ce genre d'ambiance gâche le goût des plaisirs.
Mais c'est aussi la règle du jeu dans un voyage fait de lendemains qui ne chantent pas toujours...

Approche et navigation

Navigation entre Baru et Rosario

En sortant de Baru par temps clair, il n'est pas nécessaire de reprendre la route jusqu'au point GPS indiqué sous Periquito. Il est possible de tourner à la deuxième bouée (rouge) et de se diriger droit vers Rosario. Par contre, prenez garde aux hauts fonds qui sont partout présents, mais très visibles à la bonne heure et avec du soleil.

Cette navigation est facile et se fait au moteur, pour 5 milles. Un tapis de bouées à l'arrivée par le sud de Rosario. Il suffit de suivre les bouées en prenant le chenal qui se trouve à l'extérieur. Il faut prendre garde à ne pas prendre certains chenaux secondaires qui desservent les maisons de vacances ou les hôtels. Le chenal à suivre est celui qui est au sud de l'île et à l'extérieur. Il y a sur la route de nombreux récifs.

Approche par le sud venant de Baru

Viser dans un premier temps le point : 10°10N 75°41.8W
Puis rester sur le 10°10N jusqu'au 75°45W en laissant toutes les bouées rouges sur tribord.
Au point précité vous vous retrouvez face au chenal bouée rouge et verte. Attention côté vert il y a un poteau en béton, qui se trouve sur le récif qui déborde légèrement à l'intérieur du chenal. Dès que ce récif est dépassé vous pouvez vous diriger à l'intérieur du mouillage. Il se trouve au Sud de d'un petit chenal entre Isla Naval et Isla Caribaru. Vous logerez n'importe où en face de ce petit chenal.

Le chenal entre Naval et Caribaru est uniquement praticable en annexe.

Approche par le Nord
Délicate.
Les emplacements des bouées ne correspondent pas aux indications laissées par les cartes du club nautique. A certaines bouées il y a moins d'un mètre d'eau, dériveur et catamaran ont touché. La passe dans le chenal entre Isla Grande et Isla Naval est marquée de bouées installées depuis décembre 2007. La réserve de Rosario continue son travail de balisage en 2008.

Position du mouillage à Rosario

Cliquez pour agrandir10°10.437N - 75°45.011W

Que trouver à terre

On peut laisser ses poubelles à la sortie des hôtels qui sont dans le chenal.
La guardia est dans une maison à double toit de palme à l'est du mouillage.
Les locaux vendront langoustes, crabes et poissons à un prix relativement élevé par rapport aux autres escales colombiennes. En fruits ils vous amèneront papaye, bananes et cocos.
L'un des hôtels du chenal abrite une volière.
Sur Isala Pavitos vous trouverez un aquarium et un spectacle de dauphins (120 000 pesos l'entrée, 60 dollars)
L'hôtel Majagua abrite de magnifiques arbres de l'espèce des caoutchoucs.

Toutes les informations ont été mises à jour en Mars 2008
Texte : Nathalie Cathala - Photos : Dominique et Nathalie Cathala. Tous droits réservés.
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