Ville mythique

Carthagène, un miracle architectural...
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Province de Bolivar

Carthagène, un miracle architectural...
D’emblée, Carthagène surprend par son ambivalence. Sans parler de mystère, cette ville possède tout simplement une double face. À vrai dire, pour le marin, elle se présente, en premier lieu, sous son angle le plus rébarbatif !

Lorsque nous longeons la côte de Carthagène nous découvrons un mur d’immeubles tous plus haut les uns que les autres. Nous sommes stupéfaits… Est-ce bien ici cette ville enchanteresse dont nous ont parlé nos prédécesseurs ? Autrefois, par ses méandres lacustres, Carthagène était surnommée "la Venise des Antilles". Je pense qu'aujourd'hui il n'est pas usurpé de la qualifier de "petite New York caribéenne".

L’entrée est singulière… Le bateau doit passer par-dessus un mur « marin ». Il fut construit par les Espagnols qui désiraient empêcher l’accès de la baie aux navires mal intentionnés. Carthagène possédait lors de sa colonisation deux voies d’accès. La plus large d’entre elles se nomme Bocagrande, la plus étroite est Bocachica. Craignant de ne pas assumer une surveillance suffisante sur Bocagrande, les Espagnoles bâtirent un mur sous-marin qui affleurait entre l’île de Tierra Bomba et la presqu’île de Boacagrande. Ils obligeaient ainsi les bateaux à entrer par la passe sud de Bocachica. Celle-ci par son étroitesse permettait un contrôle efficace des incursions dans la ville. Aujourd’hui encore, les bateaux de gros tonnage pénètrent dans la lagune de Carthagène par Bocachica.

Depuis plusieurs années, les Carthaginois se sont aménagé une brèche d’une trentaine de mètres de large et d’une profondeur de cinq mètres dans le mur de Bocagrande. C’est bien pratique et cela permet de raccourcir la route de quelque 13 milles. Expérience unique que de naviguer par-dessus un mur et au travers d’une porte nautique… Dès que cette porte est franchie, notre Étoile perd tout contact avec l’eau… Elle flotte toujours, mais la consistance et la couleur de ce sur quoi elle navigue ne s’apparentent en rien à la mer ! C’est tout bonnement immonde à la vue et à l’odorat.

Nous nous faufilons dans le chenal balisé. Un paquebot énorme nous croise en sens inverse. Au milieu des bouées un pêcheur dans une barque locale, héritage des Indiens, pagaie contre le vent. Quel mélange de genres ! Nous croisons le regard de la statue de la Vierge qui trône au croisement des bouées de balisage. Puis, nous découvrons le mouillage réservé aux bateaux de passage. Nous avons le choix de trouver une place entre un quai qui accueille une dizaine de cargos par jour et une flottille garnie de destroyers de l'armée colombienne. Dans le lot on compte un sous-marin très prisé par les pélicans du coin.

Mon capitaine fuit les cargos. Il a raison, celui qui est à quai engloutit des conteneurs plus rapidement que Gargantua n’avale ses repas. Les grues couinent et grincent, les tôles cognent et résonnent.
Très peu pour nous, non merci !
Nous effectuons pas loin de dix tours pour enfin décider de jeter l’ancre non loin du sous-marin. Après tout, notre Étoile restera sous bonne garde le temps de notre séjour. D’emblée le Capitaine sécurise le mouillage par deux ancres. Heureusement, car la tenue des fonds est plus qu'approximative. Dès que le vent se lève au-delà de 20 noeuds, les bateaux dérapent. Nous avons ainsi vécu une journée mémorable. Nous avons vu 7 bateaux déraper en moins d’une heure. L’un d’eux n’a jamais trouvé le moyen de se « fixer solidement », dérapant 6 fois en 24 heures et ne s’arrêtant qu’avec la disparition du vent.
De quoi rendre fou, le plus zen des capitaines !

Voici un tableau bien négatif ! À vrai dire, il traduit l’exact état d’esprit des premiers jours. Les plus assidus d’entre vous, qui ont compris notre mode de voyage, se diront que L’Étoile de Lune n’a pas dû rester bien longtemps dans un tel environnement.

Hé bien, nous allons vous surprendre ! Nous sommes restés pas moins de 32 jours ! Jours pendant lesquels notre Étoile s’est nantie d’un très original manteau de bernacles ! Mais, si L’Étoile de Lune a été pénalisée par une telle escale, l’équipage en revanche s’est régalé trente-deux jours pendant lesquels l’émerveillement a fait partie de notre quotidien !

Le mouillage n’est en fait que l’arbre qui cache la forêt.

Il suffit de descendre à terre, de marcher un petit quart d’heure et de traverser le pont Roman pour se retrouver aux portes de la vieille ville. Murs d’enceinte, échauguettes, portes de bois sculptées donnent le ton. Nous pénétrons dans un autre monde. Plus rien n’existe, le temps perd son pouvoir, nous marchons le nez en l’air, l’appareil photo prêt à saisir en rafales les infinis sujets d’enchantements. Nous sommes réellement au coeur d’un miracle architectural. Aidée par L’UNESCO, Cartagena de Indias prend soin d’elle et semble bénéficier d’une éternelle jeunesse. Façades reliftées, peintures fraîches, balcons retravaillés, toitures entretenues. Rares sont les maisons qui tombent en décrépitude. Édifiée en 1533, Carthagène ne paraît pas son âge !

Les grandes artères sillonnées par des taxis jaunes et qui pénètrent dans la ville, mènent au palais des congrès. Dès votre arrivée sur l’esplanade des martyres vous serez attirés par les statues des Pegazos, et surtout par la porte de l’horloge. Pourtant, avant de traverser cette porte mythique retenez l’ardeur de votre curiosité et passez par le parc Centenario. Il est ceinturé de huit portes magistrales qui méritent chacune une photo. À l’intérieur, si l’esthétique du jardin laisse à désirer, vous ferez des rencontres surprenantes. Outre les habitants qui se comportent comme s’ils étaient à la Cour des Miracles, vous croiserez des écureuils chapardeurs et des singes turbulents. Ces derniers ne cessent de me fasciner, gros comme des chats, ils sont gris et roux, leur tête est la reproduction lilliputienne d’une gueule de lion. Ils sautent de branche en branche avec une vivacité unique. Ces petits êtres sont vraiment spéciaux, surtout au coeur d’une telle ville !

À la sortie nord-est de ce parc, nous tombons nez à nez sur une vieille connaissance : Servantes, en plein travail d’écriture, est assis sur ses moulins à vent. Puis happés par les cris de la ville, nous pénétrons dans l’antre par la porte de l’horloge. La ville crie… Oui, elle crie de couleurs, elle crie du haut des dômes de ses églises, elle crie de ses demeures incroyables. Cependant au passage de la porte, les rumeurs de la circulation automobile cessent. Le trottinement de chevaux résonne. Rendez-vous fortuit avec l’un des moments les plus romantiques de notre vie. Nous sommes au soir de la Saint Sylvestre.

Un cocher nous hèle, il nous propose un tour de la ville en calèche. Quelle merveilleuse idée pour marquer la fin de cette année 2007. Ici, plus qu'ailleurs, une telle balade se charge d'une valeur émotive intense. Les ruelles se dévoilent à la tombée de la nuit.

Au travers des barreaux de bois qui protègent les fenêtres des maisons basses, les lumières des sapins de Noël nous enchantent. La transition entre la rue et l'intérieur des maisons des quartiers populaires est mal définie. Ces gens vivent-ils chez eux ou dehors ? Je me pose encore la question. Ces maisons me font penser aux photos que j'ai vues sur La Havane. Des maisons basses qui n'ont qu'un rez-de-chaussée, des fenêtres hautes, des barreaux de bois, des couleurs vives. Les ruelles du nord de la ville, autour du quartier de las Bovedas, sont toutes agencées autour de ce type de maisons. Ici personne ne voit la mer. Tout le monde vit à l'abri des remparts qui jadis protégeaient la ville de l'avidité violente des pirates.

Notre "cocher" ne parle qu'espagnol. Il crie à tue-tête les noms des édifices et des places devant lesquels nous passons : Iglesias San Pedro Claver, Plaza Bolivar, museo del oro, Palacio de la Inquisition, calle de las damas… Le trottinement de notre mule résonne et rebondit sur les murs de la ville. Nous revenons vers le coeur historique de Carthagène qui pour cette fin d’année s’habille de lumières.

Quelles splendeurs !

La fête de Nouvel An se prépare. De nombreuses ruelles sont encombrées de tables et de chaises. Des nappes blanches couvertes de bougies, de cotillons et de vaisselles attendent les Colombiens qui affluent pour passer ce réveillon tous ensemble. J'ai la sensation que la ville entière ne forme qu'une immense et belle famille. A minuit, c'est la débauche totale. Toutes les sirènes des bateaux de la baie résonnent d'un seul son puissant et insistant. Au même instant, plus de dix feux d'artifice illuminent la ville. Les gens crient, sautent, dansent et chantent. Tout le monde se congratule. C'est la nouvelle année ! C'est le moment de grâce où chacun souhaite à l'inconnu qui passe le meilleur et plus encore...

Au lendemain des fêtes nous nous baladons dans les ruelles de la ville. Le soleil levant anime peu à peu les couleurs des façades. Un couple de perroquets jasent comme s’ils étaient seuls au monde. Mais ils ne parviennent pas à réveiller la ville endormie. Un vautour plane au-dessus des toits. Seul Sixto paraît réveillé. Sixto est « el limpiador de la Gorda ». Il vient à moi avec un grand sourire. Il me dit qu’il me voit chaque matin prendre des photos de la Plaza Santo Domingo et qu’il aimerait que je dise qu’il se nomme Sixto Santoya. Il précise qu’il est là tous les matins pour que la Gorda, offerte par Franciso Botero, soit belle et brillante lorsque les touristes viendront la photographier. Il a l’allure fière et droite, le sourire affable.

Jour après jour, la ville nous ensorcelle. Nous ne nous lassons pas d’admirer les vedettes de Carthagène : les balcons. Nus ou habillés des mille teintes d’une végétation tropicale, de style andalou ou colonial, de pierre ou de bois, pastels ou de couleurs vives, vus de la rue ou des hauteurs des fortifications qui ceinturent la ville, chaque balcon mérite que l’on s’y attarde. Ces balcons donnent aux promeneurs l’occasion de saisir des scènes du quotidien carthaginois. Ici, une femme se fait livrer son courrier au gré du voyage ascensionnel d’un panier en osier, là un grand père mesure l’ampleur de sa vie au rythme des mouvements de sa chaise à bascule, plus loin un enfant dort dans les bras de sa mère... Chaque balcon par son identité confère à la ville son atmosphère unique.

Au-delà de ses musées, de son château, de sa Popa, de ses églises et de sa cathédrale, Carthagène est faite d’habitants chaleureux : Pedro le vendeur de musique ; Éloi le vendeur d’émeraudes ; Lillo qui façonne des sacs andins ; Lorenzo le chauffeur de taxi philosophe qui se rit de la politique ; David le grand organisateur des marins de passage ; Alberto, son sourire et sa grosse voix, qui nous accueille chaque midi pour déguster les meilleurs plats de poisson de la planète ; Maria qui nous montre ses deux bébés chats de 14 jours… Et el abuelo (le grand-père) du coin de la rue, au départ il mendiait un peu, puis les grands bonjours fusent et il nous adopte. Tous avaient au départ quelque chose à vendre, puis c’est le plaisir d’un rapport désintéressé qui devient roi. A Carthagène, lorsque vous refusez d’acheter, vous vous entendez dire : « Bienvenido en Cartagena ! »

Décidément, les Colombiens sont inimitables ! Une fois de plus nous sommes pris par le cœur. Et nous remettons de jour en jour notre départ. Mais, le temps perfide gagne toujours. Il nous rappelle à l’ordre et nous fait comprendre que la saison avance. Nous laisserons une fois de plus ces visages et ces sourires derrière nous.

Pour relever l'ancre, nous battons tous les records et mettons 2 heures pour relever la chaîne et les deux ancres. Il n'y avait pourtant que 50 mètres de chaîne, mais Dom a dû nettoyer maillon par maillon la chaîne. Bernacles, crabes, moules... et je me demande si on ne commençait pas pas un élevage d'huîtres en prime??? Tout ce petit monde avait colonisé notre chaîne. Un coup de balai ne suffisait pas, Dom a dû s'y prendre au tournevis pour dégager les "squatters" des orifices de la chaîne. Tous les ustensiles étaient de sortie : tournevis, raclette, balais, grattoirs en tout genre, et mon capitaine ne ménageaient pas ses efforts pour déloger tout ce petit monde. A s'en arracher la peau des pouces!!!

Quand finalement les deux ancres sont enfin relevées et dégagées de leur vase collante, nous tentons d'avancer. Heureusement qu'il n'y a pas de vent, nous aurions été emportés malgré nous... L'hélice a, elle aussi, sa ration de coquillages. Impossible d'avancer ! Machine avant toute, ça sent le chaud à la sortie du pot d'échappement, et ... rien! On n'avance à moins de demi-noeud. Obligation donc de se replacer à l'arrière du mouillage, et de rejeter l'ancre. Et mon capitaine doit se résoudre à plonger dans ce liquide douteux sur lequel on flotte depuis 33 jours! Plusieurs plongées lui sont nécessaires pour "détartrer" l'hélice. Pendant ce temps le Mouss' cherche à se rendre utile... Il replace proprement la seconde ancre plate de 25KG dans la baille à mouillage et se munit des seules armes valables par les temps qui courent : un balai, une éponge, deux seaux. Et va pour laver le pont! Le capitaine remonte à bord, il est fin prêt pour une désinfection au Karcher javellisée...

Enfin, l'Etoile reprend vie... Du moins pour sa partie visible, car tel l'Iceberg elle couve sous sa ligne de flottaison sa face qu'il vaut mieux qu'elle garde cachée, si elle ne veut pas finir de nous décourager tout à fait!

Retour à la navigation, elle avance 4 noeuds et même face au vent. Passage de la porte ébréchée du mur sous-marin, et ... Nous voici à nouveau en mer! Nous retrouvons l'eau claire quelques 5 milles au large. L'aventure carthaginoise se finit ainsi.

Toutes les informations ont été mises à jour en Mars 2008
Texte : Nathalie Cathala - Photos : Dominique et Nathalie Cathala. Tous droits réservés.
www.etoiledelune.net

Informations complémentaires

Nous vous conseillons vivement d'aller voir Mathieu. Un Français installé depuis de nombreuses années en Colombie. Il vous ouvrira un horizon en dehors de Carthagène.
Adresse : Aventure Colombia calle del Santisimo 8-55, Cartagena de Indias
Tel : +57 5 664 85 00
email : aventurecolombia@gmail.com

Artisanat et achats

Carthagène est l'une des villes les plus chères de toute la Colombie. Ceci est dû au fait qu'elle est la première ville touristique du pays. Plus d'une dizaine de paquebots de croisière y font escale chaque semaine. Des centaines de milliers de croisiéristes y font escale chaque année. De la Colombie, ils ne connaîtront que Carthagène. Pas étonnant que les prix soient élevés.

A tous les coins de rue, des bijouteries proposent exclusivement des bijoux en émeraude. La Colombie est le premier exportateur mondial d'émeraude. Si les bijoux de belle qualité sont moins chers à l'intérieur du pays, ceux qui passent pour peu de temps voudront ramener chez leur petit bout de caillou vert acheté à Carthagène. Cela dit, ils sont à un prix plus intéressant qu'en Europe.

Vous trouverez aussi des productions andines ou indigènes comme les hamacs tissés.

Ce n'est pas à Carthagène que vous serez en mal d'achat de souvenirs...

Visites touristiques

Outre les rues de la ville qui sont chacune particulière et qui méritent mille retours, la ville comporte de nombreux églises, monastères et musées. Dans chacun des sites touristiques payants vous trouverez des guides. Ceux-ci ne font pas partie des musées. Ils travaillent en free-lance et s'ils vous guident leur tarif horaire est à ajouter au prix de la visite. En général ils demandent 10 dollars pour deux personnes. Voici quelques-uns des plus beaux sites de Carthagène. Il y en a d'autres encore, à vous de vous balader pour les découvrir...

Le parc Centenario
Entouré de huit portails baroques, le parc est toujours animé. Une ambiance de cour des miracles où conteurs et marchands se mêlent à une faune particulière, iguanes, singes et charognards.

La porte de l'horloge
Il est probable que vous pénétriez par cette porte, dès votre première visite. Si vous désirez faire un tour en calèche, elles sont présentes dès 16 heures 30 sur la plaza des los coches que vous trouverez dès que vous aurez passé la porte de l'horloge.

Plaza et Monastère San Pedro de Claver
Située sur la place San Pedro qui est magnifique. Au centre de celle-ci une exposition permanente de sculptures contemporaines.
Eglise et monastère bâtis par les jésuites au Dix-septième siècle. Outre de connaître l'histoire du religieux Pedro Claver, vous trouverez un cloître arboré qui respire la paix. Cette visite vaut la peine, pour l'équivalent de 3 à 6 dollars.

Le musée de l'or.
Gratuit, il ouvre ses portes à 10 heures. Les musées de l'or qui existent un peu partout en Colombie dépendent de la banque nationale.
A Carthagène, il se situe sur la place Bolivar. Petit musée sans prétention. Ce musée est moins beau que celui de Santa Marta, et ne vaut pas celui de Bogota qui supplante tous les musées de l'or de toute la Colombie. Néanmoins à l'étage il y a quelques belles pièces. On peut y prendre des photos, contrairement au musée de Santa Marta où c'est totalement interdit. Ils vendent un livret : "museo del oro zenu" qui retrace la civilisation précolombienne.

Musée de l'inquisition
Sur la place Bolivar le portail du musée de l'inquisition vaut à lui seul un détour! Le musée décrit précisément les horreurs commises par les religieux au temps de l'inquisition et montre quelques pièces qui servaient aux tortures... A l'étage un musée de l'histoire retrace l'évolution de la ville depuis Kalamary le village précolombien à Carthagène fondée par Pedro de Heredia en passant par l'Héroïque qui fit tomber les conquistadores et jusqu'à aujourd'hui.

La Popa
Vous prendrez un taxi ou un bus qui vous mènera à la Popa, monastère fondé en 1606. De 1822 à 1963 il fut plus une place de guerre qu'un monastère. Le cloître est joliment fleuri. Cependant veillez à ne monter là-haut que les jours où il n'y a pas de paquebot en rade de Carthagène, sinon vous ne trouverez pas la paix en ces lieux qui vous offrent une vue surplombant Carthagène. Le triptyque tout en or de l'église est gigantesque.

El Castillo San Felipe de Barajas
Balade à ciel ouvert du fort qui défendait la ville contre les pirates depuis 1657. Tout se visite à l'extérieur, pas de sale de garde ou de logis pour l'armée. Par contre vous prendrez garde à ne pas vous perdre dans les couloirs sous terrains. Ils étaient à la fois utilisés comme refuge et comme réserve d'esclave. Peu de lumière dans un labyrinthe de pierre.

Eglises et cathédrale
Nombreuses églises et cathédrales pendant les fêtes de Noël elles sont ouvertes en permanence et les offices sont nombreux. La semaine sainte est respectée. Rien ne fonctionne sauf les églises pendant toute la semaine.

Plaza Santo Domingo
Vous y trouverez l'église et le monastère du même nom. Passez sur cette place le matin tôt, avant 9 heures. Les restaurants ne sont pas encore ouverts, vous y décèlerez une ambiance particulière et Sixto qui nettoie "aux aurores" la Gorda, statue offerte par Botero. Le monastère se visite, mais seulement le matin et avant 13 heures. Joli cloître.

Plaza de San Diego
Dans la partie NNE de la ville, non loin de Las Bovedas, la plaza de San Diego, colorée garde un charme particulier. Il fait bon s'y promener. Dans les ruelles qui mènent à las Bovedas, vous trouverez des maisons sans étage qui font penser à celles qu'on trouve à Cuba.

Las Bovedas
Galeries marchandes qui occupent l'ancien marché d'esclaves. Le bâtiment n'a d'intérêt que vu du haut des murailles. L'ambiance y est froide, très différente de ce que l'on trouve au coeur de Carthagène vers Santo Domingo et Plaza Bolivar qui sont les places les plus animées.

Murailles
Ca vaut le coup de monter sur les murailles, pour admirer le point de vue sur la ville. N'hésitez pas à faire le tour de la ville par les murailles en détaillant les balcons et les ruelles. Avant de démarrer la balade depuis Las Bovedas admirez le parc Apolo et le mémorial à la constitution. Sur le parcours vous trouverez le musée des fortifications.

Théâtre Herdia
Sous les murailles à côté de l'université ce théâtre est réputé l'un des plus beaux d'Amérique du Sud. Bâtiment austère qui n'est ouvert que lors de représentation.

Catalina de Indias
Nous avons eu beaucoup de mal à dénicher Catalina. Statue représentant l'interprète indigène qui servit les Espagnols. Elle est le symbole de la ville. Vous en trouverez une copie devant le cinéma qui accueille chaque année le festival du cinéma de Carthagène. Mais la vraie se situe à l'extrême Est de la ville, au milieu de la circulation du carrefour d'entrée de la ville, sur l'avenue du Venezuela.

Province de Bolivar

(Géographie, Superficie, Climat,Capitale, Population ( Histoire, Économie...)

Superficie de l'état de Bolivar : 25 978 km² (représente 2,27% du territoire colombien)

Population

2 465 000 Habitants qui représentent 4,35% de la population globale du pays. Les Carthaginois représentent 45,6% de la population du département. La densité de population sur tout le département est de 55,5 habitants au kilomètre. Carthagène est le chef-lieu de l'Etat de Bolivar.

Histoire
On trouve des traces des premiers habitants de la région 7000 ans av. J.-C.. Ils étaient de simples chasseurs et cueilleurs. Au moment de l'arrivée des conquistadores, les indigènes qui peuplaient la région s'apparentaient au groupe des Indiens Caribe. Leur village principal (l'actuelle Carthagène) se nommait Kalamary. Les Indiens opposèrent une résistance farouche aux envahisseurs. Turbaco, un village situé à une cinquantaine de kilomètres de Carthagène fut le théâtre de violents affrontements entre les deux parties.

Au seizième siècle les Espagnols s'installèrent partout. Pedro de Heredia fonda la ville de San Sebastian de Cartagena en 1533. Pendant la période de colonisation, Carthagène était un port stratégique pour la flotte commerciale espagnole. Elle fut la proie des pirates à maintes reprises. Les murs de ville sont témoin de violentes incursions de ceux-ci.

Lors de la guerre d'indépendance, Carthagène fut nommée l'héroïque, car elle fut la première ville indépendante de Colombie. En hommage à sa vaillance son département prit le nom du LIBERTADOR : Bolivar.

Economie de l'état de Bolivar

La production du département représente 3,5% du PIB national. L'économie du département est très diversifiée. La population active travaille dans les trois secteurs. Pour le secteur primaire on trouve l'exploitation de l'or alluvionnaire mais également la pêche, l'élevage de bétail et l'agriculture (canne, fruits : raisins, agrumes). Dans le secteur secondaire les industries sont présentes autour de Carthagène essentiellement dans le district de Mamonal (chimie, papier, édition, alimentaire). Le secteur tertiaire, développe une industrie touristique de plus en plus présente surtout grâce à la renommée de Carthagène. La ville très active attire plus d'une dizaine de paquebots par semaine. En 2007, la ville a été le siège de l'assemblée de l'organisation mondiale du tourisme. En trois ans, la Colombie a vu ce secteur croître de plus de 17%.

Le tourisme en Colombie

L'objectif avoué de la Colombie est de s'ouvrir au tourisme. Elle vise 4 millions de touristes et 4 milliards de dollars de revenus pour 2010. La Colombie est ambitieuse, car en 2003 seuls 500 000 touristes se sont aventurés sur les routes du pays. Pour atteindre son objectif des lois ont été votées afin d'instiguer les investissements nationaux et étrangers dans la partie. Notamment, les investisseurs ont droit à 30 ans d'exemption de l'impôt sur la rente hôtelière. En plus, le gouvernement s'astreint à sécuriser tous les hauts lieux du tourisme colombien. C'est ainsi que dans Carthagène plusieurs centaines de policiers du tourisme sont présents au coeur névralgique de la vieille ville. Ils sont là pour assurer la sécurité et toujours à l'écoute des nouveaux venus, ils guident ceux-ci dans les rues de la ville. Ils sont reconnaissables à leurs brassards : "policia del tourismo"

Espérons que la Colombie amorce son tournant dans le tourisme avec bonheur. Pourvu également que le développement de ce secteur n'abîme pas sa façade côtière et ne la transforme en "Rodadero" ou "Boca-grande" à grande échelle...

Sources et bibliographie : voir menu général