Première escale Colombienne dans un vaste mouillage trés ventilé.

Sommaire:
Navigation depuis Curaçao
El Cabo de la Vela
Fiche pratique du mouillage
Position GPS
Conditions de mouillage
Conditions météo générales
Niveau de sécurité et Formalités
Situation politique
Que trouver à terre à Cabo de Vela?
Monnaie - Troc - Faune - Flore - Informations générales sur la Province de Guajira

Navigation depuis Curaçao vers Cabo de la Vela
La navigation dans le sud-ouest de la mer des Caraïbes est particulière. Avant de partir, nous lisons tous la bible des navigateurs qu'est l'excellent livre de Jimmy Cornell. Mais nous ne pouvons nous empêcher de nous dire, que nous sommes sous les tropiques et que rien de bien difficile n'arrive sous ces parages hors période cyclonique. Il nous faut pourtant avertir les navigateurs que cette parcelle de la mer des Caraïbes des surnommée le Cap Horn des Antilles. Lorsque les alizés sont bien établis, on peut trouver dans cette zone des conditions de navigation difficiles. Nous vous avons préparé une "fiche météo" au sein de la rubrique Colombie. Référez-vous aux informations qui y sont rassemblées.

Nous partons de Curaçao, un peu tard en saison, nous sommes le 6 décembre. La météo est clémente, et notre navigation débute par un véritable temps de jeune fille. Un tapis roulant comme mer et un vent portant de 15 noeuds. Mais, en fin de journée, le vent monte crescendo. Tout reste sous contrôle. Petit à petit, les conditions rejoignent les instructions nautiques. Dès que le vent dépasse les 20 noeuds, la mer devient très formée. C'est impressionnant ce bouillon blanc qui tente de monter à bord à chaque vague. Pendant la nuit, L'Étoile de Lune voltige de vague en vague. Nous établissons des moyennes de 7 noeuds. Pendant plus d'une heure nous restons au-dessus de la barre des 8 noeuds. Nous établissons notre record pour un surf à 13,6 noeuds. L'Étoile de Lune taille sa route : grand-voile et tangon pour arrimer le génois. Bref, tout va bien !

Mais, à 3 H du matin, alors que je dois prendre mon quart, je vois un gros nuage noir. Pas le temps de dire à Dom, que je vais prendre un ris, immédiatement le bateau part... Pas tout à fait au lof, mais une belle embardée! Je m'harnache, je m'attache aux lignes de vie et me voici en pied de mat, sous les chutes du Niagara. L'eau qui sort de la voile que j'arise m'assomme presque, tant ça tombe! Et ça secoue et ça vente! Bref, deux ris mal pris, dans l'urgence, une balancine qui se balance car sa manille a lâché. Je la récupère à la volée : chance! Retour dans le cockpit pour rentrer le génois. Mon Capitaine est agrippé à la barre pour faire revenir le bateau en vent arrière. Il est trempé et transit de froid, mais pas le temps pour les frictions réchauffantes...

Y a du boulot sur le pont!!!
Pendant une accalmie nous rentrons le tangon et à peine revenus dans le cockpit ça recommence. Au petit jour, Dom qui m'a laissé dormir plus que lui pendant la nuit, est rompu de fatigue. Il me laisse avec deux ris dans la grand-voile, la mer, le vent et les cargos. C'est qu'il y a de l'animation sur L'Étoile !

Dans les lueurs d'un lever de soleil sale, nous découvrons le chaudron de sorcière autour de nous. Et... un problème évident de charge des batteries. Nous ne pouvons plus rien laisser allumer à bord! BRRRRR! Les batteries ne se rechargent plus. L'alternateur n'assume plus son rôle, les panneaux solaires n'ont pas de soleil et l'éolienne en vent arrière ne fabrique pas autant que par vent debout. On nous dira que la navigation sans énergie est toujours possible. Elle demande "tout simplement" de sacrifier tout le contenu du frigo et du congélateur, de barrer sans relâche dans une mer très formée pendant 450 milles et de ne plus utiliser aucun moyen de mesure électronique : sondeurs, anémomètres radar, GPS, ordinateur pour la cartographie (bien que nous ayons toujours à bord privilégié les cartes papier)...

À vrai dire en mer un "bonheur" n'arrive jamais seul!!!!
Car, en consultant Pierre du Réseau du Capitaine, nous découvrons qu'une zone de nuages va de Puerto la Cruz au Venezuela jusqu'à nous. Nous ne sommes donc qu'au début de la galère ! Nous sommes à 70 milles de Cabo de Vela en Colombie, nous décidons de changer de cap et d'y faire escale, espérant régler le problème de charge et laisser passer le mauvais temps.

Sur le chemin, nous découvrons un petit Gibraltar... Pas moins de 8 cargos rien que pour nous tout autour de L'Etoile à l'approche du cap de Puerto Bolivar... et la mer qui ne se calme pas!!!! Nous contournons la pointe de Cabo de Vela et nous nous enfonçons dans une baie, où enfin nous trouvons un plan d'eau plat...

Mon capitaine profite de cette situation confortable pour jouer les zorros mécaniciens. Et, il trouve l'origine du problème. En tournant l'alternateur à la main, il constate qu'il patine dans la courroie... D'un coup, il sort de la cage moteur, l'oeil clair et le front dégagé...
"Bon sang, mais c'est bien sûr!!!!"
On chargeait lors de l'impulsion première du moteur. Dès les premières secondes et sans enclencher la marche avant, la charge était de 20 ampères... Puis au bout de quelques secondes elle tombait inévitablement, pour après 5 minutes de fonctionnement ne plus charger du tout. La solution est donc de retendre tout simplement la courroie. OUF!!! Tout va pour le mieux, Décidément sans le Capitaine, la boutique de l'étoile serait sans lune!

El Cabo de la Vela
La morale de nos déboires est que, grâce à l'alternateur, nous découvrons un mouillage étonnant. Cabo de la Vela nous apparaît tel un mirage engendré de la mer, du vent, du ciel azur et du désert. Il règne ici une lumière particulière, une atmosphère d'ailleurs. Notre premier contact avec la Colombie nous dépayse totalement. Est-ce l'accueil des pêcheurs, est-ce cette situation particulière de péninsule qui dresse une terre entre le continent et la mer? Nous découvrons vraiment un coin en marge du monde. Une région à part, loin des sentiers battus de la mer des Caraïbes.

Le mouillage est si vaste que lorsque nous arrivons nous ne savons pas où poser l'ancre. Un choix illimité ! En effet, nous ne sommes que trois voiliers à l'ancre dans un mouillage qui pourrait facilement en contenir 1000. Cabo de Vela se situe sur la péninsule de Guajira en Colombie, la frontière vénézuélienne n'est pas loin. Nous sommes au bord des plages les plus septentrionales de l'Amérique du Sud.

À vrai dire, nous sommes intimidés. La réputation de la Colombie nous colle aux "chaussures de pont". Nous avons en mémoire des moments difficiles au Venezuela. La Colombie est-elle encore plus difficile à vivre d'un point de vue de la sécurité? Que nous réserve cette escale?

Nous tentons de nous raccrocher au paysage environnant. Que nous dévoile-t-il?

La baie est évasée vers le large. Paysage désertique de collines polychromes balayées par un alizé puissant et implacable. Il soumet toute la végétation qui se plie et rase le sol. Seuls les cactus cierges se dressent vers le ciel et défient les affres de la sécheresse. Paysage de désolation survolé par des oiseaux de proie (Urubus à tête rouge), sillonné par des lézards. Pourtant rien n'est morne. Tout autour, les contrastes attisent la fascination. Les collines sur fond d'azur déclinent une infinité de nuances ocre et rouges, en pointillé, le gris tamise la diversité chromatique. À proximité du mouillage, un charmant village de pêcheurs. Au bord de l'eau des "rancherias" semblent bâties au milieu de nulle part. Les rancherias sont des petites maisons de pailles et de palmes. Elles sont toutes prolongées d'une terrasse couverte où des hamacs se balancent au gré du vent. Des mobiles faits de pièces de corail et de coquillages tintinnabulent et accompagnent la chanson des alizés.

Les pêcheurs viennent nous saluer dès le premier soir. Ils ont des barques de bois, taillées d'un seul tenant dans des troncs d'arbre. Leurs moteurs sont rustiques et démarrent sous l'impulsion d'un tour de ficelle rondement mené. Deux gamins viennent nous voir. Ils discutent un moment. Nous leur offrons un cake au chocolat façon du bord... Le plus jeune des deux visiteurs revient le lendemain avec son père. A l'heure du petit déjeuner, il nous propose du poisson. Le cake était donc bon(???)

Petit à petit, un lien se crée avec les pêcheurs. Ils viennent quotidiennement, nous proposer leur poisson. La première chose étonnante est qu'il ne veulent pas de dollars. Nous sommes très ennuyés. Nous arrivons de Curaçao et nous ne possédons pas de Pesos, monnaie colombienne. À vrai dire, nous les comprenons. C'est un peu comme si on proposait des dollars pour acheter du pain dans une boulangerie du fin fond de l'Auvergne. Donc, les premiers jours se passent dans un statut quo, où les pêcheurs font passer sous nos babines alléchées de belles langoustes inaccessibles, puisque nous ne possédons pas la monnaie locale.

Puis, une notion d'échange s'établit. Ils nous demandent des tee-shirts. Nous partageons ce que nous pouvons leur donner entre les différents pêcheurs. Ils sont tout sourire et reviennent le lendemain. Ils ont 5 langoustes dans leur barque. Et, ils nous annoncent fièrement que ce sera 10 dollars. Le lendemain, un autre bateau vient. Il nous propose 7 langoustes pour 10 dollars. Le cours de la langouste s'est-il écroulé pendant la nuit??? Ça nous arrange, c'est le jour de mon anniversaire !

Lorsque nous leur tendons les billets en échange des bêtes à cornes, ils s'en saisissent avec tant de circonspection, que je pense franchement qu'ils en voient la couleur pour la première fois de leur vie. Étrange ! Tout le monde nous avait dit que la Colombie était très américanisée. Visiblement, cette région est l'oubliée du drapeau à bannière étoilée ! Et dire qu'au Venezuela, le moindre pêcheur connaît exactement le cours du dollar contre le bolivar, pourtant Chaves dit combattre le méchant loup américain. (???) Tout cela nous laisse dubitatifs. Visiblement la réalité ne colle pas à toutes les idées préconçues que nous avons. Il est vrai que tout le monde nous a prévenus :
"La Colombie c'est dangereux !"

Au bout de plusieurs jours, nous avons envie de répondre à cette phrase couperet :
Hou, que oui!!!! Ici, vous rencontrerez des sourires tueurs, des bonjours hypnotiques et des appels plus irrésistibles que ceux des sirènes... Alors, méfiez-vous, si vous ne voulez pas être pris par le coeur, surtout faites comme tous les navigateurs qui nous ont précédés, passez trop vite votre chemin !

Comme nous sommes de natures curieuses. Nous restons une petite semaine. Et, rien de tel qu'une visite à terre pour changer l'angle de vue et s'offrir une autre dimension au voyage. Dès notre arrivée en annexe, Gwendolina et Kevin, une gentille petite fille haute comme trois pommes et son cousin, viennent à nous. Gentiment, ils nous disent de laisser l'annexe sur l'embryon de rivage où elle est posée. Leur grand-mère habite la maison toute proche, elle assurera la surveillance.

Nous nous promenons dans des collines au décor digne d'un western. Derrière un cactus, aux formes si extraordinaires qu'il parait irréel, nous pensons voir le fantôme de John Wayne. Mais seuls les urubus, rapaces des côtes colombiennes, habitent le ciel. Et puis, c'est LA rencontre. Une jeune femme nous hèle et nous entraîne chez elle à "su casa"... Un petit garçon Danielo de 2 ans, une petite fille Islata de 4 ans nous sourient et communiquent une générosité d'émotions par les yeux. La maman nous montre son travail : des bracelets tissés, des sacs qu'elle met plus de 3 semaines à confectionner, des chapeaux en tissage aussi. La petite Islata me fait un numéro de charme irrésistible et se retrouve tout naturellement sur mes genoux. Craquante!

Sur la route, nous croisons trois militaires. Nous ne sommes pas en règle. Nous arrivons de Curaçao, nous avons les papiers de sortie de l'île et aucun papier d'entrée en Colombie. Nous faisons un peu comme si nous ne les avions pas vus. Ils en font autant. Ils sont armés. Une troupe de militaires séjourne sur la presqu'île. Les habitants nous disent qu'il est normal de voir des militaires dans les parages. Ils y sont en permanence. Et pendant les vacances de décembre et janvier, ils gonflent le contingentement en prévision des fêtes de "la natividad". Les habitants se sentent rassurés de les voir surveiller le coin. Il est vrai que nous aussi, nous nous habituons à cette présence discrète, armée, mais rassurante.

Plus loin, une grand-mère nous offre son café pur colombien dans des coupelles de calebasse, un régal ! Attention :
"El café de Colombia es EL MEJOR. No es el café del Brazil!".
(Le café de Colombie est le meilleur. Ce n'est pas le café du Brésil!"
"Bien sûr madame ! " répond-on avec respect.
Elle sourit de notre docilité complice. Puis, elle nous voit nous étonner des tasses et du coup, elle nous sort toute sa vaisselle en calebasse. Elle nous demande quand nous revenons la voir? Nous lui disons que cela va dépendre de la météo, le vent souffle fort dehors et un voyage en annexe jusqu'à elle est fastidieux. Peu importe, elle nous dit que chaque fois que nous viendrons, nous serons accueillis "commo la familia" (Nous entendrons cette expression tout au long de notre séjour en Colombie)

Que dire ?

Elle déplore avoir vu passer tant de bateaux ces dernières semaines. Tous jettent l'ancre pour la nuit, et fuient l'endroit comme si la région était pestiférée... Seul un Français a débarqué il y a plus de 3 mois. Elle s'en souvient, c'est dire... Dommage, tous ceux qui sont passés là se sont privés d'une belle aventure humaine. Espérons simplement que la Colombie apprivoise petit à petit les plaisanciers du monde, et que ceux-ci ne la changent pas!

Fiche pratique du mouillage
Approche position GPS : 12°14N 72°11W
On peut passer entre l’île et le Cap de Cabo de la Vela, ou passer à l’extérieur selon les conditions météo. Par houle forte, les vagues déferlent sur le rocher, il n’y a pas moins de 9 mètres d’eau entre l’île et le Cap.

Point GPS

Point GPS : 12° 12. 17 N - 72°10. 21W
Position de L'Etoile de Lune lors de son séjour à l'intérieur de Ensenada Huaritcheru, nom de la baie protégée par le cabo de la Vela . Les navigateurs ont tendance à nommer le mouillage cabo de la Vela

Conditions de mouillage

Mouillez dans 4 mètres d'eau. Fonds de sable. Bonne tenue. Ne pas s’approcher trop près du rivage les fonds remontent rapidement. Il suffit de mouiller à l’intérieur de la baie à l’abri du cap. Certains bateaux mouillent à la première plage juste sous le cap, mais l’endroit peut être rouleur.

Conditions météo générales
Les alizés soufflent fort de novembre à avril. En moyenne 20 noeuds. Journées fréquentes à 25/30 noeuds. Le mouillage n'est pas abrité du vent.

Pluviosité :
De décembre à avril temps sec à très sec. La zone est considérée comme semi-désertique. Qualifiée de sahel ou de savane, la végétation clairsemée d'épineux en est témoin. Dans cette région aride on enregistre 254 mm de pluie par an. Ce qui est très faible.

Cela n'empêche pas quelques grains de passer de mai jusqu'en novembre. La période des orages débute en général vers août, s'accentuant en septembre - octobre. Les orages sont présents sans être fréquents, ils peuvent être violents (rafales à 40 ou 50 noeuds) de très courte durée. Depuis quelques années les orages font leur apparition dès le mois de mai. La violence des orages marque le paysage par les ravines gigantesques qui lézardent les collines.

La province de la Guajira est à l'écart des routes des cyclones.

Formalités et sécurité pour les navigateurs arrivant de Curaçao :

Nous avons hissé le pavillon Q. Il n'y a pas de possibilité dans la province de Guajira de faire son entrée en Colombie(ni la sortie). Le premier port d'entrée sera Carthagène. On peut faire l'entrée à Santa Marta. Cependant, il faudra de toute manière refaire les papiers à Carthagène. Nous nous sommes facilité la vie, nous avons parcouru les 265 milles de côtes en une vingtaine de jours sans problème. Nous aurions pu mettre plus d'un mois, je reste persuadée que cela aurait été toléré aussi.

La guarda costa circule en hélicoptère et en vedettes rapides sur toute la côte. Ils prendront note du nom de votre bateau, même à votre insu. Ils vous laisseront naviguer à votre rythme jusqu'à Carthagène. Pas d'inquiétude de ce côté-là. Ils effectuent un travail de surveillance. La Colombie cherche à s'ouvrir au tourisme et tient à la sécurité des plaisanciers. Une veille constante sur le canal 16 avec dégagement sur le canal 14 est assurée. Les plaisanciers sont invités à se présenter sur le canal 16 dès leur arrivée. Nous ne l'avons pas fait cela ne nous a posé aucun problème. Nous étions probablement fichés dès le départ, car à Carthagène, les autorités connaissaient le nom de notre bateau.

Pour ceux qui partent de Colombie vers les ABC, via Cabo de la Vela. Il n’y a pas non plus de possibilité de faire sa sortie. Vous effectuerez une sortie à Carthagène avec un Zarpé qui établira vos escales en Colombie avant votre sortie effective. On vous dira que vous avez droit à 16 jours pour sortir, mais là aussi vous pourrez prendre le temps qu’il vous plaira.

Partout le long des côtes de Colombie, les gardes-côtes sont amenés à faire des contrôles anti-drogue. Au mouillage ou en navigation, ils vous demanderont d'accepter un garde à bord pour rallier le premier port officiel. Ou alors, ils feront le contrôle dans la foulée, vous accepterez alors de faire monter un chien renifleur qui s'acquittera de la tâche.

Situation politique
Au moment où j’écris cet article, des tensions politiques et diplomatiques existent entre la Colombie, le Venezuela et l'équateur. Surveillez donc la situation au moment de votre passage.

Que trouver à terre à Cabo de Vela?
Quelques familles, dont la famille Gomez, qui tentent de développer un embryon de tourisme. La plupart des restaurants comptent une table (assez grande). Pas de grande gastronomie proposée tout se passe à la bonne franquette. Les plats improvisés selon la fréquentation seront à la manière d'une "tambouille" familiale. En général, vous aurez droit à la pêche du jour et si les pêcheurs ne sont pas passés ce sera de la morue séchée. Attention, c'est un plat très salé! Parfois, vous aurez intérêt à prévenir la veille, de manière à ce que votre hôte prévoie du poisson frais.

Prix
Négociez les tarifs proposés. Un plat de poisson ne devrait pas coûter plus de 15000 à 20 000 pesos (7 à 10 dollars). Les pêcheurs nous ont proposé des langoustes à 10 dollars pour 5 langoustes de taille moyenne.

Artisanat
La famille Gomez accepte les dollars et vous dépannera en faisant votre premier change. Les familles qui tiennent les posadas vendent également quelques objets d'artisanat. Certains le font sur place. D'autres s'adressent aux coopératives et revendent baluchons, bracelets, chapeaux façonnés au crochet de type andin dans des couleurs vives. C'est très joli.

Logements à terre
Ceux qui désirent séjourner à terre, trouveront des petites cabanes spartiates où un hamac cueillera leur sommeil. Certaines cabanes disposent de commodités plus évoluées style lavabo-toilettes. Cette infrastructure à la lisière entre le camping et l'hôtellerie spartiate sera appréciée des amateurs de tranquillité qui n'exigent pas un grand confort, mais qui aiment séjourner au beau milieu d'une savane désertique où s'échouent de gros rouleaux d'écume poussés par des alizés costauds.

Monnaie
Le peso! Les habitants du coin sont très peu familiarisés au dollar. Certains l'acceptent, mais toujours avec circonspection. En fait, légalement les Colombiens n’ont pas le droit d’accepter les dollars.

Petit conseil : Si vous trouvez à Curaçao des navigateurs qui reviennent de Colombie demandez s'il leur reste des pesos. Cela vous dépannera beaucoup lors des premières escales.

Change
Au Pueblo de cabo de la Vela vous pourrez acquérir vos premiers pesos contre des dollars. (1 dollar = 2000 pesos)
Le mouillage n'est pas bien protégé par alizés établis, car la houle contourne la pointe de Cabo de la Vela et entre tout droit vers le village. Le confort y est meilleur par alizé de sud-est.

Troc
Les pêcheurs nous ont demandé des tee-shirts. Nous leur avons offert du cake. Vous pourrez aussi leur donner du riz, de la farine, du lait pour les enfants...

Faune
Urubus à têtes rouges, sorte de vautours, qui planent en permanence au-dessus du cabo de la Vela. Ils traquent les lézards, les petits oiseaux, leurs oeufs et toute charogne.
Les renards sont présents ainsi que les serpents, les lézards, une foule de petits passereaux, les canards. Côté mer, les pélicans sillonnent toute la côte, accompagnés des sternes et mouettes. Certaines lagunes de la péninsule, comme la laguna de los Patos est l'antre de charmantes bébêtes comme les caïmans.

Flore
Ici le cactus est roi, et développe l'art des formes étranges.
Le "dividivi" est l'arbre endémique à la région.

Informations générales sur la Province de Guajira
C'est la province la plus septentrionale du pays. Baignée par les eaux caribéennes dans sa partie nord. La frontière vénézuélienne longe toute la partie Est de la province de Guajira, celle-ci boucle à l'ouest le golfe de Maracaibo. Au sud-ouest de Guajira on trouve les provinces de Cesar et de Magdalena.

La Guajira est l'une des provinces les plus sèches de la Colombie, qualifiée de semi-désertique.

Superficie de la province de Guajira : 20 848 km² (représente 1,82% du territoire global de la Colombie)

Population :
Guajira compte 530 000 habitants, ce qui représente 1% de la population nationale. Au sein de la population départementale, plusieurs ethnies ont été recensées. La plus importante est le peuple Wayuu, qui représente 31,2% de la population du département.

Les Wayuu sont les descendants des "Guajiros". "Los Guajiros" sont les frères linguistiques des Arawaks, peuple amérindien qui s'éparpillait avant la colonisation hispanique entre le Brésil, le Pérou, le Venezuela, et les îles de petites Antilles. Les Wayuu sont cousins des tribus Arhuas, Koguis et Wiwuas qui vivent encore aujourd'hui dans la Sierra Nevada autour de Santa Marta. La province de Guajira a gardé le nom de ses premiers habitants, les Guajiros. Elle est peuplée depuis plus de 7000 ans. Les Wayuu ont été les premiers indigènes à s'intégrer aux "moeurs économiques" de l'envahisseur espagnol. Tout en préservant leur langue et leurs traditions sociales et culturelles ils ont su s'adapter aux nouvelles donnes économiques occidentales. Raison sans doute de leur survie malgré la colonisation espagnole.

Les Guajiros ont la réputation d'avoir un caractère fier, loyal, hospitalier et ... un peu macho! Ce sont les Colombiens qui le disent...

Principales ressources économiques de la province de Guajira :

- L'agriculture garde une forme traditionnelle. Les trois principales productions sont le coton, le maïs et ce qu'ils nomment le "sorgo" (graminée tropicale, dont certaines espèces fournissent des grains utilisés pour l'alimentation humaine.)
- L'élevage des bovidés et de chèvres est une activité importante dans la région. Les conditions climatiques favorisent la constitution de prairies semi-naturelles tropicales.
- Mines de charbon et de gaz naturel, Puerto Bolivar est très actif.
- Le tourisme fait ses débuts. A cabo de la Vela, une "infrastructure hôtelière" existe. Elle est construite en matériaux traditionnels (palmes-bois). Les périodes de fréquentation sont décembre-janvier, Päques, juin-juillet. Le restant de l'année les posadas sont très peu fréquentées.

Nomination
Vous trouverez selon les cartes Cabo de Vela ou Cabo de la Vela. Les deux dénominations sont donc acceptées.

Toutes les informations ont été mises à jour en Mars 2008
Texte : Nathalie Cathala - Photos : Dominique et Nathalie Cathala. Tous droits réservés.
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